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19 juin 2014 4 19 /06 /juin /2014 14:32

La question, lancinante, demeurait posée, sans réponse évidente :

- Comment se fait-il, bien que n’ayant rien attendu de très satisfaisant de l’élection du Président de la République, que la déception soit aussi grande et, surtout, qu’il soit si difficile de comprendre la dérive du pouvoir en place depuis 2012 ?

Les hypothèses sur le franchissement de leur seuil d’incompétence par le Président et son entourage immédiat, pour intéressantes qu’elles soient, ne suffisent évidemment pas à étayer une proposition explicative satisfaisante.

Tout à coup, une remarque vaguement entendue à la radio, totalement oubliée mais dont l’effet fut fulgurant, vient m’éclairer.

Reprenons :

L’élection présidentielle a été gagnée par défaut.

Il s’agissait de virer Sarkozy, nuisible devenu totalement insupportable (les découvertes et révélations actuelles sur le cynisme mensonger des conditions de sa campagne ne font qu’accentuer et accréditer les motifs de ce rejet).

Passant par-là, après quelques puériles fanfaronnades au Bourget, Hollande a raflé la mise.

Si le désamour à l’égard de Sarkozy n’avait pas été aussi fort, la « gauche » dite socialiste ne l’aurait à l’évidence pas emporté.

Depuis lors le pouvoir, et en premier lieu son chef omnimpotent, est tétanisé par la conscience qu’il a de n’avoir été choisi que comme une simple trousse de premier secours.

Fragile, miné par le doute, parce que non convaincu de sa capacité de répondre à la situation du pays, il possède au moins une certitude : la gauche réelle ne peut que lui porter préjudice. C’est d’elle qu’il convient donc de se garder. C’est contre elle et sa survenue qu’il convient de combattre, priorité des priorités.

D’où le choix d’un Premier Ministre le plus à droite possible, d’où la poursuite, voire l’amplification, des grandes lignes de la politique antérieure, qu’on ne saurait infléchir, d’où le choix récent de tenter de recycler un fleuron passablement défraîchi de la droite chiraquienne comme défenseur des droits (!), etc.

Aucune incohérence dans les attitudes, les choix et les décisions, tout est clair, tout se tient. Il n’y a aucune dérive, contrairement à ce que l’on pourrait naïvement supposer.

« Mon ennemi c’est la Finance » n’était après tout qu’une figure de style pardonnable. Chacun sait que les mots dépassent parfois la pensée. Qui pourrait en vouloir aux dirigeants du FN de s’affirmer démocrates et républicains ? A Jean-François Copé de se dire de bonne foi et ouvert au dialogue, à Nadine Morano d’imaginer qu’elle porte une pensée, à Pierre Moscovici ou Michel Sapin de parler au nom de la gauche...? Il est bien connu que sous le coup de l’émotion un mot malencontreux peut échapper. Il n’est que ce très attachant M. Poutine pour garder la maîtrise de soi en toute occasion. Voilà qui humanise agréablement la vie politique et nous la rend si proche et si attractive.

Non l’ennemi n’est pas la Finance, l’ennemi unique, absolu, définitif, dont il convient de se défaire à tout prix c’est... LA GAUCHE (ou ce qu’il en reste, après tant et tant d’offensives menées contre elle depuis des décennies par de glorieux prédécesseurs tels que Mitterrand, Jospin et consorts).

Ah, Guy Mollet, si injustement méprisé, quel grand homme ce fut en son temps !

(Le Panthéon un jour pour lui ? Pourquoi pas, sait-on jamais ?)

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Published by Blogue-note de Jean Klépal
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commentaires

marie jeanne 24/06/2014 10:42

Belle analyse, le jet de vapeur est juste malheureusement !

Marie Monguet 20/06/2014 18:10

Je suis navrée que personne ne comprenne notre gentil président. C'est pourtant le seul vrai révolutionnaire en France qui a trouvé plein d'astuces pour qu'on ait envie de lui couper la tête.

Blogue-note de Jean Klépal 20/06/2014 19:39

Couper une tête serait insuffisant, elle repousserait comme celles de l'Hydre antique. C'est d'un nettoyage beaucoup plus intensif qu'il devrait s'agir. D'où la nécessité de refuser de continuer à jouer à quoi que ce soit avec ces gens -là (élections et autres fariboles).

kristian 20/06/2014 14:07

juste un peu d'éloignement (a yaoundé) et la politique française apparaît dans son plus simple appareil.........!

Blogue-note de Jean Klépal 20/06/2014 14:31

C'est à dire le dénuement le pus complet.
Merci de ta réaction.
Amitiés,
J.

quatrebarbes 20/06/2014 09:31

Et la social démocratie française rejoint officiellement le social libéralisme européen comme alternative de façade au libéralisme européen sinon mondial ! Et les riches seront encore plus riches car ils continueront à spéculer, paieront toujours moins d'impôt et feront payer les déficits aux autres !!! Jusqu'à quand ?

Blogue-note de Jean Klépal 20/06/2014 10:04

Chacun possède ce qui lui revient naturellement :
les riches ont l'opulence et les pauvres ont la faim.
Tout est dans l'ordre de la Création ! Amen.

Dorléans 19/06/2014 15:52

Dites-moi, mon ami, n'iriez-vous pas jusqu'à manier le sarcasme ? Et le débonnaire joufflu ne risque-t-il pas de devoir, à un moment donné, se poser cette question : et après moi, quoi ? Car l'alternance c'est bien joli, en temps de paix, mais lorsque les chômeuses et chômeurs (Ah ! Arlette !), les petits, les sans-grade, les exclus de tout poil, viendront demander des comptes, qui alors osera tirer dans le tas ?

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