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29 août 2014 5 29 /08 /août /2014 10:50

La doxa veut que ce soient les entreprises qui créent de l’emploi. Cette idiotie est fortement implantée dans les cervelles officielles, au point qu’on pourrait finir par la croire justifiée.

Ce qui crée des emplois, ce n’est pas la volonté des entreprises (qui souvent n’en peuvent mais), c’est la conjoncture économique qui fait que les carnets de commande se remplissent ou non, et que selon le cas il faut embaucher pour les satisfaire...

Aider les entreprises à tout va par des subventions, allègements fiscaux, et autres plans bidons ne peut évidemment pas entraîner des embauches massives. C'est vouloir remplir le tonneau des Danaïdes.

Un extrait d’un texte récemment reçu :

« ... la conjoncture est un processus qui, dans une certaine mesure, se laisse piloter. C’est précisément l’objet de cette action qu’on appelle la politique macroéconomique. Mais, de cela, le gouvernement « socialiste », ligoté consentant aux contraintes européennes, a manifestement abdiqué toute velléité. Il ne lui est alors plus resté qu’à dévaler avec tout le monde la pente de l’idéologie libérale entrepreneuriale pour former le puissant raisonnement selon lequel « si ce sont les entreprises qui créent les emplois, alors il faut être très gentil avec les entreprises ».

Reconnaissons qu’à la profondeur où cette ânerie est désormais enkystée, mesurable à la vitesse éclair à laquelle elle vient à la bouche de l’éditorialiste quelconque, le travail d’éradication va demander du temps. Mais la politique se portera mieux, c’est-à-dire un peu plus rationnellement, quand ces discours commenceront à être à peu près purgés de toutes les contrevérités manifestes, et manifestement attachées à un point de vue très particulier sur l’économie, et quand les schèmes de pensée automatique que ces contrevérités commandent auront été désactivés.

Les entreprises ne créent pas l’emploi : elles « opèrent » l’emploi déterminé par la conjoncture. Si on veut de l’emploi, c’est à la conjoncture qu’il faut s’intéresser, pas aux entreprises. Mais faire entrer ça dans une tête « socialiste »... Il est vrai que, parmi le programme chargé des conversions symboliques à opérer, il y a à défaire l’habitude irréfléchie qui consiste à donner le Parti socialiste pour la gauche et à donner (très inconsidérément) de la gauche au Parti socialiste. Alors que, rappelons-le, et il met d’ailleurs assez d’effort comme ça pour qu’on n’en doute plus et qu’on puisse l’en « créditer », le Parti socialiste, c’est la droite, mais une droite complexée. A propos de laquelle, d’ailleurs, du train où vont les choses, il va bientôt falloir se demander ce qu’il lui reste exactement de complexes... »

Frédéric Lordon, Économiste.

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Published by Blogue-note de Jean Klépal - dans Economie; chômage; création d'emplois
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commentaires

Alain Sagault 25/09/2014 17:49

Certains des "commentaires"… découragent le commentaire !
Comment taire mon ahurissement devant l'outrecuidance ou la niaiserie, la cuistrerie ou le simplisme ? Il est temps décidément, en cette époque où l'on ne cesse de parler pour ne pas avoir à réfléchir, et de rabâcher les mêmes copier-coller libéraux, de revenir au silence, et de réapprendre à se taire assez longtemps pour avoir réellement quelque chose à dire.

plagnol 30/08/2014 14:55

Et oui ! je pense que les entreprises créent de l' emploi et de la croissance : prenons un exemple de base et simple ( mais qui vaut d' une manière universelle ) ; un artiste crée : si il diffuse et vend ses " objets artistiques " cela lui permet de vivre ; mais il peut alors , aussi , prendre un assistant ou deux ou trois qu' il va payer donc contribuer à faire baisser le chômage ...;il va pouvoir acheter du matériel , donc investir et faire travailler des entreprises ; l' argent gagné par lui circule ainsi et développe donc la croissance . Comme il est sérieux et solidaire il déclare ses bénéfices donc il accepte de payer des impôts ( ce qui renfloue les caisses de l' état qui redistribue cela pour consolider les services publics et la protection des plus défavorisés ) . comme il est sérieux à nouveau( il ne fait pas travailler " au noir " il déclare ses salariés à l'Urssaf et paye des cotisations pour ceux là ; il trouve parfois que ces dites cotisations sont un peu élevés ; il pense donc que le " coût du travail est un peu élevé par rapport à d' autres pays , donc il râle un peu et souhaiterais que celui ci soit un peu moins élevé pour être " compétitif " ; là c' est un peu plus difficile il faut trouver l' équilibre entre la défense des salariés les plus fragiles ( rôle social de l' état ) et l' appel d' air de l' entrepreneur créatif pour qu' il ne soit pas étouffé par trop de charges qui le menacerait dans sa capacité à investir . Il faut avancer sur deux jambes : celle qui entreprend , innove , crée , pour produire de bonnes richesses , réinvestir celles ci pour créer des emplois , des investissements pour la bonne marche de l' entreprise et l' autre jambe c' est la défense , la protection sociale des travailleurs , l' augmentation des salaires ( donc une augmentation du capital , pour augmenter ces dits salaires ) . Il faut évidemment que le dit entrepreneur " joue le jeu et accepte un pacte ! , une solidarité nécessaire et donc une conscience sociale . : des droits , une liberté d' entreprendre mais aussi des devoirs ( une solidarité sociale ) .
social démocrate ?, social Libéral ? ,peut être , oui et alors ? ....

Carcanagues 29/08/2014 23:18

Mon Cher Jean,

C’est avec intérêt que j’ai lu ton dernier blog et le bel article de Frédéric Lordon qui y était joint. Je comprends que tu aies plaisir à diffuser de tels écrits, toi qui, parfois, à juste titre peut-être, s’énerve un peu des certitudes de ton cousin d’Amérique. Avec ce texte on tient quelque chose et, c’est évident que l’on a tout de suite envie d’échanger avec cet économiste, certainement au moins prof de fac, qui énonce des vérités, incontestablement du domaine de l’indiscutable. Comme on est dans la macro économie on est dans du solide et je suis sûr que tout cela n’a pas échappé à notre garçonnet François, ancien élève d’HEC et de l’ÉNA, deux écoles où l’on pratique l’économie aux niveaux les plus élevés! L’économie est une « science » que l’on doit pratiquer avec sérieux si l’on ne veut pas tomber dans la ruine de l’âme.
Je suis navré de te voir diffuser de telles sornettes mais bon, tout écrit venant d’un « expert », qui plus est un homme de conviction, mérite un petit détour, juste pour voir jusqu’où va la mauvaise foi et la religion « illibéraliste ». S’attarder sur un tel écrit me fatigue un peu, mais bon, puisque tu as besoin de « vérité » pour entretenir le dialogue, alors laisse moi commenter un peu la « pensée » de ce vrai spécialiste qui pourrait cependant apprendre un petit quelque chose en lisant tout simplement la Fiche 18 de mon site !!...Tu excuseras mon outrecuidance, mais vois-tu quand on sait lire et écrire on peut acquérir quelques petites connaissances dans le domaine des « sciences économiques ». Pour la physique quantique par exemple ce n’est tout à fait la même chose !


Le bon sens n'est pas la chose du monde la mieux partagée
La doxa veut que ce soient les entreprises qui créent de l’emploi. Cette idiotie, voilà une manière de commencer qui facilite le dialogue, on sent tout de suite que la « vérité » est à notre portée. est fortement implantée dans les cervelles officielles, au point qu’on pourrait finir par la croire la croire justifiée ? Étant donné que nous sommes dans le domaine de la foi, pourquoi doit-on croire aussi à l’injustifiée? Au fait qu’est-ce tu penses du sexe des
anges ? Excuse-moi, je mélange tout. Je te signale que dans le cas des grands travaux publics (Cf. par exemple la Tenessee Valley Authority de Roosevelt. 1933) c’est bien l’État/entreprise qui a crée de l’emploi
Ce qui crée des emplois, ce n’est pas la volonté des entreprises (qui souvent n’en peuvent mais), c’est la conjoncture économique qui fait que les carnets de commande se remplissent ou non, et que selon le cas il faut embaucher pour les satisfaire... Dans le cas de la TVA de Roosevelt, il y eut de l’emploi créé ce qui a permis la création de pouvoir d’achat que les chômeurs comme les différents producteurs ont fort apprécié. Pour remplir les carnets de commande il faut un appel en aval et pour cela il faut du pouvoir d’achat et pour cela du travail … Il y a à une chaîne logique qu’il ne faut pas lâcher…
Aider les entreprises à tout va par des subventions, allègements fiscaux, et autres plans bidons, les fameux emplois aidés, oui là on est vraiment dans le bidon car on donne un peu de pouvoir d’achat aux uns tout en en privant les autres (les contribuables) ne peut évidemment pas entraîner des embauches massives. C'est vouloir remplir le tonneau des Danaïdes.
Un extrait d’un texte récemment reçu :
« ... la conjoncture est un processus qui, dans une certaine mesure, se laisse piloter par la main invisible d’Adam Smith?. C’est précisément l’objet de cette action qu’on appelle la politique macroéconomique. Mais, de cela, le gouvernement « socialiste », ligoté consentant aux contraintes européennes, qui n’existaient pas au début des années 80 ce qui n’a pas empêché Mitterrand de ne rien voir et de continuer sur la lancé des trente glorieuses sans rien changer notamment dans le domaine de l’immigration et de la fonction publique a manifestement abdiqué toute velléité. Il ne lui est alors plus resté qu’à dévaler avec tout le monde la pente de l’idéologie libérale entrepreneuriale l’idéologie du mal pour former le puissant raisonnement selon lequel « si ce sont les entreprises qui créent les emplois, alors il faut être très gentil avec les entreprises ». Il ne faut surtout pas les étouffer par l’impôt et avec une réglementation débile qui nuit avant tout aux PME, essentielles dans l’économie.
Reconnaissons qu’à la profondeur où cette ânerie on sent que notre économiste sait de quoi il parle et qu’il a certainement une vrai expérience de l’entreprise avec des raisonnements comme les siens on n’a certainement pas affaire à un fonctionnaire détaché ! est désormais enkystée, mesurable à la vitesse éclair à laquelle elle vient à la bouche de l’éditorialiste quelconque, oui, il arrive que des éditorialistes n’aient pas les mêmes convictions, voire pas de conviction du tout pourquoi alors les laisse-t-on s’exprimer ? le travail d’éradication va demander du temps. Il faut laisser le temps au temps ! Mais la politique se portera mieux, c’est-à-dire un peu plus rationnellement, quand ces discours commenceront à être à peu près purgés de toutes les contrevérités manifestes, oui c’est certain Fredéric Lordon, membre du haut clergé intellectuel et donc savant, sait ce que les autres ne savent pas tout simplement parce les autres ne donnent pas dans la foi illibérale, les pauvres ! et manifestement attachées à un point de vue très particulier sur l’économie, et quand les schèmes de pensée automatique que ces contrevérités commandent auront été désactivés.
Les entreprises ne créent pas l’emploi : elles « opèrent » l’emploi déterminé par la conjoncture. Si on veut de l’emploi, c’est à la conjoncture qu’il faut s’intéresser, pas aux entreprises. Mais faire entrer ça dans une tête « socialiste »... Il est vrai que, parmi le programme chargé des conversions symboliques à opérer, il y a à défaire l’habitude irréfléchie qui consiste à donner le Parti socialiste pour la gauche pourquoi le Parti socialiste ne serait-il pas de gauche? Gauche serait-il devenu synonyme de bien? On est bien là dans des arguments de foi, un peu …gauche !! et à donner (très inconsidérément) de la gauche au Parti socialiste. Alors que, rappelons-le, et il met d’ailleurs assez d’effort comme ça pour qu’on n’en doute plus et qu’on puisse l’en « créditer », le Parti socialiste, c’est la droite, donc le mal. Notre économiste donne dans le manichéisme, un peu comme Augustin avant sa conversion ! mais une droite complexée. A propos de laquelle, d’ailleurs, du train où vont les choses, il va bientôt falloir se demander ce qu’il lui reste exactement de complexes... »
Frédéric Lordon, Économiste La belle affaire, voilà un titre intéressant !!
La conjoncture, parlons-en, elle est surtout déterminée par un service public qui plombe d’économie car, c’est sûr, les milliards consacrés à l’entretien de fonctionnaires inutiles ne servent ni à l’investissement ni à l’aide aux PME qui font les frais de cette pléthores de parasites auxquels il arrive de travailler, mais la question est de savoir si le « travail » sert à quelque chose; je conseillerais à notre « expert » de revoir les ateliers nationaux de 1848 !! Pour être tout à fait complet dans l’analyse il faut aussi rappeler que les fonctionnaires constituent une bonne réserve de voix pour perpétuer le mal la gauche.
Si l’on ajoute à cela que la majorité où presque des élus sont des fonctionnaires détachés on peut trouver bien des motifs aux difficultés conjoncturelles …
On pourrait aussi améliorer la conjoncture en diminuant les crédits de l’Éducation nationale où l’on connait un gâchis qui consiste à former des chômeurs notamment dans le domaine des « sciences » humaines alors que l’on importe des infirmières espagnoles …
Mon cousin, essaie de sortir un peu de la « clergitude » des intellectuels de gauche (excuse ce pléonasme) qui se sont si souvent trompés; je ne reviens pas sur cette vraie vérité que tu n’as pas, je l’espère à découvrir.

Quatrebarbes 29/08/2014 23:18

Voici la contribution de francis Mer dans un débat avec Pierre Larouturou en Nov 2013 repris dans alternatives économiques :

"La thèse de Francis Mer , qu’il qualifie de « déraillement du capitalisme » est la suivante:

-Depuis 30 ans , la richesse créée par les gains de productivité a été confisquée par une minorité, en gros 1% de la population mondiale s’est approprié 40% des richesses créées.

-Cette confiscation qui a appauvri le consommateur (le pouvoir d’achat médian a diminué de 15% en 25 ans aux USA) a été compensée par une facilité donnée à l’endettement des ménages et des entreprises,pour continuer à consommer, jusqu’à la création des bulles qui ont abouti à la crise financière de 2008 .

-La mondialisation incontrôlée , hors toutes règles sociales,a exacerbé la situation en faisant baisser les prix, en réduisant les marges ou en poussant à la délocalisation, sans que la majorité de nos entreprises aient fait l’effort d’adaptation pour résister à cette nouvelle donne.

-Le problème de nos entreprises est moins celui des coûts de production que celui de la sous-utilisation du capital humain et donc finalement l’insuffisante qualité du management: celui-ci doit impérativement recréer la confiance en ouvrant de nouveaux champs, comme celui de la co-détermination des décisions stratégiques avec une plus grande implication des partenaires sociaux et plus largement de tout le personnel. "

Micheline 29/08/2014 15:52

Mais qu'est-ce donc que la conjoncture? Et la psychologie du consommateur? Et le temps passé à s'ennuyer par des milliers de fonctionnaires en trop à l'Europe, dans les ministères, dans les régions, dans les municipalités et quoi encore??? L'État gaspille beaucoup pour conserver son électorat et le boulanger, le charcutier et la fermière payent le prix en impôts. Non je n'ai pas de solution. Je rentre au Canada après avoir passé 12 semaines de pur bonheur en Auvergne. On y vit bien à la retraite et avec certains moyens et Vive la France libre!! (pour me venger de De Gaulle avec son effronté ''Québec libre'' de ma jeunesse canadienne vexée.
Bonne journée!

Micheline Dionne 29/08/2014 19:12

Bon appétit alors!

Blogue-note de Jean Klépal 29/08/2014 16:45

Bravo Micheline, en mélangeant tout, on fait un très bon ragoût de pattes de cochon !