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13 mars 2015 5 13 /03 /mars /2015 08:05

1999, les Bouddhas de Bamiyan sont détruits

2003, le musée de Bagdad est dévasté et pillé

2012, les mausolées de Tombouctou sont détruits

2015, Mossoul, Nimroud, Hatra, villes antiques, d’Irak, sont dévastées

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Barbarie sauvage et monstrueuse

A chaque fois le patrimoine de l’humanité est attaqué, mis à sac, et anéanti.

La mémoire du monde, la mémoire de chacun, est une cible délibérée.

La volonté d’éradiquer les racines de l’histoire provoque d’incroyables catastrophes.

Ils s’attaquent non seulement au vivant, qu’ils massacrent allègrement, mais aussi au passé. La rage meurtrière ne connait aucune limite. La pensée doit être anéantie, sous quelque forme qu’elle se présente, témoignage, occasion de savoir et de réflexion, production de l’esprit.

Les nazis assassinaient, détruisaient, brûlaient les livres et s’attaquaient à « l’art dégénéré ».

Des fous furieux, des monstres, réincarnation du nazisme, réitèrent l’horreur.

Il s’agit de décérébrer pour imposer un ordre dictatorial.

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Barbarie à visage humain (mais oui, mais oui !)

De manière très sournoise, beaucoup moins voyante, mais sans doute à terme tout aussi efficace, que font de très différent chez nous les libéraux-nazis au pouvoir depuis plusieurs décennies ?

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S’attaquer au vivant ? Non tout de même, vous n’y pensez pas !

Bien sûr on n’égorge pas à tout va à chaque coin de rue, ou au détour de quelque chemin de traverse. On se contente seulement de continuer à polluer impunément la planète, de transformer l’agro-alimentaire en une industrie mortifère avec l’invention de complexes d’élevage et de culture hors de toute proportion.

On entretient le chômage ou la création de sous-emplois, on s’attaque au droit du travail. La loi de la jungle est le bréviaire officiel.

On discrimine et on expulse à qui mieux-mieux (familles démantelées, élèves scolarisés jetés dehors).

On n’hésite pas à breveter le vivant en cherchant à éradiquer les espèces traditionnelles, à réglementer la commercialisation des semences, et à créer des espèces génétiquement modifiées condamnant les producteurs à recourir sans cesse à quelques fournisseurs régentant la planète.

Au Japon, après Fukushima, « malgré l’hostilité de l’opinion, la relance du nucléaire est acquise » titre Le Monde en ce mois de mars 2015. Pourquoi un gouvernement devrait-il se soucier de sa population ? Quelle incongruité ce serait ! Chez nous, le nucléaire est présenté comme une solution d’avenir, suffisamment maitrisée pour lui faire confiance.

Des laboratoires pharmaceutiques peuvent des années durant commercialiser des médicaments ou des prothèses que l’on sait nocifs.

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Anéantir la pensée ? Allons donc, soyons sérieux !

Qu’une fraction non négligeable du personnel politique brille par son inculture n’échappe à personne. Président comme ministres ont d’autres chats à fouetter que la culture. C’est de gestion qu’il s’agit avant tout ! Circulez, il n’y a rien à voir ! Lire, écrire, réfléchir, créer, comme c’est ringard et non rentable. Devenez millionnaire, conseille à la jeunesse un jeune ministre de l’économie et des finances. Les affaires sont les affaires ! Aux orties Madame de Clèves, et tout ce qui s’ensuit !

Cette inculture hautement revendiquée est transmise, organisée et entretenue. S’attaquer à la culture, c’est préparer l’asservissement collectif. Dans les manuels scolaires, rien pour favoriser l’acquisition de références solides propres à nourrir esprit de réflexion et sens critique. L’enseignement de la littérature est exemplaire à ce sujet. On butine, on broute, on jargonne, aucune vision d’ensemble, du superficiel uniquement. Entraîner les élèves à approfondir est évidemment proscrit, ils pourraient aborder à des rives interdites, uniquement réservées à la tranquillité des détenteurs de positions dominantes. Un métalangage pseudo scientifique (les « sciences de l’éducation » !) permet aux auteurs de manuels comme aux concepteurs de programmes de se mettre hors de portée de toute critique.

Pour ce qui est des arts, la marchandisation et la financiarisation comme seuls critères d’appréciation informent suffisamment sur le mépris dans lequel on les tient.

Téléréalité et jeux incessants représentent les meilleurs outils de mise en condition des esprits pour se garder de toute déviance possible.

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Aucune complaisance n’est admissible envers le fanatisme habillé des oripeaux de la religion ou de quelque idéologie que ce soit. En prévenir les méfaits, le combattre, sont une nécessité absolue. Question de vie ou de mort de la civilisation humaine.

Oui, les monstres sont à neutraliser sans aucune hésitation.

Ils ne sont pas que d’un seul côté. Nous en comptons de beaux spécimens chez nous aussi.

Une indignation sélective n’est pas supportable. Feutrer la nocivité ne l’atténue en rien.

L’horreur est tranquillement installée, elle a pignon sur rue, elle a ses entrées dans les ruelles d’un pouvoir complaisant. Elle gangrène la planète entière. Elle n’est pas la spécialité exclusive de telle ou telle communauté de fous délirants. Véritable caméléon elle s’adapte au milieu ambiant pour mieux se dissimuler. Le processus électoral, qui pousse nombre de citoyens à voter malgré des procédures illusoires et mensongères, lui convient assez bien (postulat encore communément admis : il faut voter parce que nous sommes appelés à voter !). Comment se fait-il que cela puisse encore marcher ? Faut-il que l’anesthésie de la pensée soit forte, et soigneusement entretenue la crédulité par de nauséabonds mirliflores.

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D’un côté, l’abjection d’immondes cinglés, de l’autre, le cynisme de délinquants et criminels en costume cravate, fleurons de la démocratie "libérale".

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