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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 06:45

« Je trouve intéressante la distinction que l'on veut établir entre les migrants économiques, à savoir ceux dont la pauvreté tient à la pauvreté physique du pays dont ils sont issus, et ceux dont la pauvreté est générée par une organisation déplorable », m’écrit un correspondant toujours prompt à commenter l’actualité.

Il apparait en effet depuis peu qu’un souci majeur se fait jour chez les analystes témoins du fait quotidien : alors que l’afflux de personnes fuyant leur pays d’origine, en quête de sécurité, donne lieu à de véritables scènes d’horreur aux marges de l’Europe, une préoccupation sémantique revêt tout à coup une importance de première grandeur. Comment nommer et distinguer ces infortunés ? Migrants, réfugiés (politiques ou économiques), clandestins ?

Face à une situation dépassant les capacités de réaction des gouvernements européens, face à l’impuissance généralisée, débattre du mot le plus convenable pour désigner et répertorier les malheureux en perdition est évidemment un bon moyen pour gagner du temps, minorer l’atrocité des situations, et dégager notre responsabilité. Bel exemple de déni.

Il est évidemment plus intéressant de distinguer les uns des autres que de mettre en œuvre des mesures d’urgence pour leur porter assistance.

Le journal Libération titrait le 28 août : « Migrants et réfugiés : des mots aux frontières bien définies. » Ainsi savoir nommer permettrait d’avancer vers la résolution de la question. Puérile naïveté offensante, ou cynisme effronté.

Les frontières ne sont pas que lexicales...

Cette confortable confusion marque le recul terrifiant de la conception que nous nous faisons aujourd’hui de l’importance des droits élémentaires propres à tout être humain. Nous sommes loin, bien loin, de ce que nos ancêtres nous ont inculqué.

La préoccupation langagière éloigne, et redouble l’étrangeté des personnes en cause. Migrant n’est pas immigrant, c’est-à-dire destiné à s’établir en un nouveau lieu de résidence. Migrant signifie l’errance à jamais, aucun espoir de stabilisation n’est envisageable. Dès lors, la réponse la plus forte à leur opposer n’est que l’érection de barrières de plus en plus sophistiquées, car, bien entendu, aborder le traitement des causes du phénomène n’est nullement de notre ressort.

Piteux, pitoyable, misérable !

Quant aux réfugiés, qu’ils soient politiques (les plus dangereux, sans doute) ou économiques (les plus encombrants, à coup sûr), souvenons-nous du sort qui fut réservé à leurs aînés en provenance d’Espagne dans les années 36-39 du siècle précédent. Des camps d’internement attendirent rapidement ceux que l’on assimilait à des délinquants, alors qu’ils fuyaient la dictature et la guerre.

Sic transit gloria mundi.

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Ainsi, il ne s’agit plus dans bien des cas que de querelles d’apothicaires, tandis que Néron s’autorise à déclamer alors que Rome brûle, et que le Premier Ministre, toujours martial et déterminé, depuis la tribune de La Rochelle appelle à accueillir en France les migrants qui « fuient la guerre, les persécutions, la torture, les oppressions (...) Chaque demande d’asile doit être examinée, rapidement », a-t-il ajouté. Les migrants « doivent être traités dignement, abrités, soignés », a-t-il poursuivi. « Notre devoir, c’est de trouver des réponses durables, fondées sur des valeurs : humanité, responsabilité, fermeté. » (Le Monde 30/08/2015) Puissent ces belles résolutions trouver un écho... au sein du gouvernement !

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commentaires

JLF 01/09/2015 09:34

Une amie commune m'a parlé l’autre soir de son travail dans un lieu d'accueil pour enfants mineurs immigrés sans papiers. Ces lieux , de compétence départementale, existeraient dans chaque département. Belle initiative, surtout quand l'accompagnement de ces jeunes est bien fait ...l'insertion est là, toute prête, pour des jeunes très motivés pour apprendre le français et travailler. ...mais, car il y a toujours un "mais" : ces jeunes sont accueillis à partir de "quotas" départementaux, et ils sont à nouveau déplaçables d'un département à l'autre selon les places disponibles...et surtout, à 18 ans, majeurs, il se retrouveront...sans papier, en situation irrégulière...Pour moi ceci illustre deux choses: si la France est capable d'initiatives intéressantes au bénéfice des plus exposés des immigrants, les enfants mineurs isolés, on dirait qu'il ne faut pas que cela se sache, et qu' il est difficile d ' aller au bout d'une générosité qui ouvrirait à des droits. Une fois de plus, voici une synthèse ratée!

Blogue-note de Jean Klépal 01/09/2015 10:23

Les bonnes intentions ne manquent pas, certes, depuis les plus lointaines origines. Mais... le grand bal des à-peu-près, les frilosités, les rigidités administratives, etc., entretenues souvent par simple peur de son ombre personnelle, font que rien de satisfaisant, encore moins de cohérent, ne parvient à se mettre en place et à fonctionner. Restent alors les discours incantatoires.

Micheline (de Montréal) 31/08/2015 08:28

Je me pose comme tout le monde des questions et celle de ce dernier matin d'août où je viens d'atteindre le cap des 65 ans est la suivante: Pourquoi est-ce que nous étions 10 femmes pour un homme dans l'association de bénévoles retraité(e)s qui se donne pour mission de faciliter l'apprentissage du français et l'intégration d'immigrants à Montréal.? Est-ce que nos hommes ne parlent pas un peu trop? pendant que les femmes agissent? Je suis tentée d'ajouter les migrants climatiques que nous serons tous à échéance.. Irons - nous nous jeter à la mer pour trouver un peu de fraîcheur.? Ma soeur qui vit en Caroline du Nord est forcée de subir pendant quelques mois des températures qui dépassent les 40 degrés. Et pour terminer dans ce petit discours décousu: C'est une femme, Mme Agela Merkel qui semble affirmer le plus haut et fort qu'il faut accueillir l'autre et lui souhaiter la bienvenue. That's it, that's all. et Matin de bonté et de lumière sur Marseille et partout dans le monde. Prenons aussi ce qui nous rend meilleur chez l,autre.

Blogue-note de Jean Klépal 01/09/2015 10:18

Tout est dans tout... Et Mme Angela Merkel accueille tout le monde, sauf les grecs...