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28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 13:12

Ce qui se passe actuellement au Royaume Désuni et ce qui se joue avec la Communauté européenne offre l’occasion de réfléchir à ce temps de post démocratie dans lequel nous sommes plongés depuis au moins deux décennies.

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Le pouvoir est de plus en plus contesté au corps électoral par de puissants moyens financiers régissant de fait, hors de tout mandat électoral, le monde politique actuellement aux manettes. Les dirigeants politiques sont soit dépassés, soit complices parfaitement soumis, aux ordres. Toute crédibilité perdue, ils continuent à prétendre, ils donnent des coups de menton, ou bien ajustent leurs effets de manchette, seuls les aveugles, les sots ou les personnes de mauvaise foi peuvent encore s’y laisser prendre.

Nous sommes spectateurs d’un théâtre d’ombres animé par des morts vivants.

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La soi-disant démocratie n’est plus qu’un leurre. Le vote n’est plus désormais qu’un couvercle propre à étouffer les aspirations des citoyens, à entretenir leur léthargie. L’arbitraire et la violence du rapport de forces le plus brutal règnent en maîtres.

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Des exemples ?

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Présent immédiat :

- Quelques jours après le vote en Grande-Bretagne, des manœuvres dilatoires se dessinent chez les partisans de la sécession pour tenter de repousser les conséquences logiques du résultat du scrutin et tenter de trouver des accommodements. Bien évidemment la presse s’engouffre dans la brèche, le nez à la vitre. Elle entretient la confusion, elle possède un réel talent pour cela.

- Une consultation bancale sur le nouvel aéroport de Notre-Dame-des-Landes (question posée sans assise documentaire solide ; zone de consultation trop limitée) fait l’objet de fortes contestations dès qu’annoncée. Le oui l’emporte. La fracture entre partisans et adversaires s’accentue. Les tensions n’augurent rien de bon. Le gouvernement réaffirme sa volonté de respecter un résultat qui va dans son sens, tandis qu’existent des exemples du contraire dans un passé récent (ci-après).

- La Loi Travail, dite El Khomri, connaît une opposition résolue largement partagée, occasionne de nombreuses manifestations depuis plusieurs mois, le gouvernement refuse d’entendre quoi que ce soit, il persiste dans sa volonté de l’imposer telle quelle contre vents et marées. Il est le premier à employer la violence pour y parvenir (49/3 ; déchaînements policiers délibérés ; tentative de suppression du droit de manifester), mais en rejette la responsabilité sur ceux qui la subissent et tentent de réagir.

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Passé récent :

- 2005, le Traité Constitutionnel Européen est rejeté par referendum. Qu’importe, le peuple a mal voté, le Parlement réparera cela deux années plus tard. L’Irlande avait déjà connu semblable aventure peu de temps auparavant à propos de l’acceptation du traité de Lisbonne.

Quand les citoyens répondent mal à l’attente, une solution émerge rapidement pour tout faire entrer dans le droit chemin.

- 2015, les Grecs refusent par referendum les mesures que leur impose l’Europe. La pression est telle que leur gouvernement ne tardera pas à se coucher. L’un des membres du Conseil Européen ira jusqu’à déclarer qu’un vote ne peut en aucun cas s’opposer à l’ordre établi...

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Alors, les élections, le vote, l’investiture de Balkany pour les prochaines législatives ?

Foutaises. Foutaises absolues. Nous n’en sommes plus là. Nous ne devrions plus en être à accepter d’entretenir un système aussi pervers, aussi maléfique.

L’enthousiasme n’est pas mort. L’utopie, c’est-à-dire le fait de penser au possible souhaitable qui ne s’est pas encore réalisé, demeure indispensable à la Vie.

« Nuit debout » et d’autres mouvements voisins sont là pour nous rappeler que la Servitude volontaire n’est pas fatalement inscrite dans nos gènes.

Après tout La Boétie n’a écrit son célèbre Discours que vers 1546-48. C’est donc tout récent. Il est grand temps de le lire ou de le relire...

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commentaires

Dorléans 28/06/2016 16:39

Afin de compléter utilement la lecture (pour les ignorants) de La Boétie, on peut dans la foulée s'instruire avec Mirbeau : La grève des électeurs.
En s'attelant à l'affûtage de la grande lame afin d'attaquer vraiment le boulot.
Maximilien

Micheline (de Montréal) 28/06/2016 16:33

Nos podemos... poco. Des sujets qui laissent songeurs... L'Ecosse veut quitter le Royaume-Uni pour
rejoindre l'Europe. . . Pourquoi? Des policiers sont assassinés. ... Pourquoi?
Une chanson de qui ? un Français... à l'époque lointaine de mes 20 ans... POURQUOI MON DIEU??? Et Jean semble poser une autre question: Comment faire? Muy difficil porque podemos poco.

Blogue-note de Jean Klépal 28/06/2016 16:54

Oui, individuellement, nous pouvons peu. Nous pouvons au minimum refuser de continuer à marcher dans la combine en votant pour des crapules, au nom du "moindre mal".
"Pourquoi mon Dieu ?" Pour espérer trouver une amorce de réponse à cette question, mieux vaut sans doute interroger quelqu'un d'autre.

Alain Sagault 28/06/2016 15:00

Voilà, palsamdieu ! un billet des mieux tournés, mon cher Michel… Élégante synthèse à rapprocher des analyses fouillées mais très claires que le citoyen qui ne veut pas rester aveugle, sot ou de mauvaise foi (rayer les mentions inutiles, étant entendu qu'on peut être les trois à la fois !) trouvera dans "Ce cauchemar qui n'en finit pas" et dans "Osons rester humain", deux titres aussi essentiels que mon "Contr'Un". Ton ami par-delà les siècles, Étienne

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