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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 09:00

Sur un paquet de cigarettes

Emblématiques, les mentions figurant sur les paquets de cigarettes, slogans angéliques du genre « Fumer tue », « Fumer nuit gravement à votre entourage », liste des composants chimiques de la fumée de cigarette, photos d’organes sérieusement lésés. Qui peut jamais croire à leur efficacité, à commencer par leurs concepteurs ?

Vendre du poison, publier la nocivité du produit, et cependant poursuivre ce commerce. Quoi de plus normal que la défense du profit, vaille que vaille ?

Illustration de la duplicité officielle. Illustration du mensonge permanent propre à justifier tous les accommodements, tous les à-peu-près, toutes les entorses à la règle.

A condition de le reconnaître, entretenir le mal met à l’abri. Nuire sciemment légitime avec le plus parfait cynisme.

Chacun est libre de ses choix, n’est-il pas vrai ? La prétendue liberté individuelle autorise allègrement à faire fi de quelques minables principes moraux élémentaires, estimés beaucoup trop ringards pour qu’on s’y attarde.

Seul palliatif imaginé, augmenter progressivement le prix de vente du tabac. Il ne s’agit en aucun cas d’en bannir l’usage, encore moins de tenter d’éduquer.

Il faut se montrer réaliste, il faut « marcher avec son temps », bref il faut se soumettre. Il faut donc, mouton de Panurge, aller voter. Les sondages bêlent. Il faut renforcer l’existant dans son être. C’est la loi du genre.

Le langage sert de plus en plus à masquer. Ce que Victor Klemperer a dénoncé avec son étude sur la langue du Troisième Reich est devenu monnaie courante. Parler rivalise souvent avec appauvrissement. Les mots sont jetés en vrac, émasculés, dénaturés, banalisés. Exsangues ils ne signifient qu’à peine. La langue tente de survivre. Parler n’engage plus vraiment, seul importe que le moulin à paroles tourne sans cesse, à vitesse constante mesurée par les « tops » de la radio. Vous avez tente secondes pour dire le fond de votre pensée. C’est encore trop.

L’écrit connait à peu près le même sort. La grande marée de la « rentrée » inonde avec une telle furie que ne surnagent que quelques espars. Le reste se perd dans les tourbillons de la futilité éditoriale. Ce qui importe est trop lourd, trop difficile, trop gênant, voire dangereux, pour s’y arrêter. L’actualité immédiate commande. Le spectacle continue, allez vite, on enchaîne !

Fouette cocher, ne nous embarrassons pas des réalités !

Réalité virtuelle, parcourons à grands enjambées les villages Potemkine, les seuls qui méritent attention !

Hypocrisie, mensonge, mépris, signes absolus du temps.

Tentation du repli sur soi, tentation du silence. Pourquoi continuer malgré l’horreur d’un monde suicidaire, résolument entraîné à sa perte ?

Désir farouche de contribuer à désorganiser l’existant, de profiter encore de la liberté de parole, de ne pas s’avouer vaincu, faiblesse ?

Dénoncer, refuser et pousser des cris muets, s’efforcer de rester debout. Jusqu’où, jusqu’à quand ?

Acharnement maladif, curiosité malsaine ?

Illusion, vanité, se donner le change à soi-même ?

La vie...

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Published by Blogue-note de Jean Klépal
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jcd 10/12/2016 11:29

Pas suffisamment brillant en état général pour commenter quoi que ce soit, je goûte e pur plaisir d'être chez soi et de ne point trop en ,n faire, hors docs, infirmières; médocs et examens divers et variés, je reprends pied, vous remercie tous et vous embrasse
jcd

Blogue-note de Jean Klépal 01/11/2016 14:40

Oui, bien sûr, rien n'interdit au consommateur de se servir de sa tête, dès lors qu'il est complètement décérébré par la pub, le marketing, les médias, les mensonges des programmes politiques, et le système d'enseignement dit "général". Il est à l'évidence parfaitement libre de décider de ce qu'il consomme... CQFD

Micheline 01/11/2016 13:40

Au premier sujet je suis tentée d'ajouter que si tous les produits plus ou moins impropres à la consommation humaine étaient retirés des marchés - grandes surfaces de l'alimentaire en Amérique du Nord, on pourrait facilement réduire ces surfaces et les volumes de moitié. Le consommateur décide de ce qu'il consomme. Et rien ne lui interdit de se servir de sa tête.
Sinon, l'homme et la parole comme outil de résistance, ou comme moyen de venir à sa propre rencontre, ... ce qu'on devrait peut-être tous essayer de faire au dernier quart de notre passage , j'en suis tout à fait. Bises et amitiés de Montréal. M.

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