Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 11:59

(Cf. « Guide de nulle part et d’ailleurs à l’usage du voyageur intrépide en maints lieux imaginaires de la littérature universelle » - Editions du Fanal, 1981, sous la direction de Gianni Guadalupi et Alberto Manguel)

Au royaume de la Sagesse, « au-delà d’un péage où l’on donne aux voyageurs un sac contenant des cartes, des pièces et un livre de règles à observer », se trouvent deux cités remarquables :

- Dictionopolis ou ville des Mots, située au pied des collines de la Confusion, près de la mer du Savoir. Ici sont cultivés tous les mots du monde.

« Une fois par semaine, se tient le grand marché des mots où l’on peut acquérir des lettres au détail pour composer ses propres mots ou échanger des termes hors d’usage. (...) l’Etat garantit que tous les mots vendus ont un sens.

Au cours des banquets royaux, les convives sont invités à mâcher leurs mots. Lors des grandes occasions, on savoure des idées toutes faites.

(...) Selon la loi, il est interdit aux chiens d’aboyer sans compteur, aux citoyens de semer la confusion, de brouiller les cartes ou de mettre les pieds dans le plat. »

- Digitopolis ou ville des Nombres, gouvernée par un Mathémagicien.

« La principale ressource du pays est la production de nombres, extraits des mines, puis polis ou exportés dans le monde entier.

(...) Le voyageur peut tout effacer et recommencer (...) Il est déconseillé de se restaurer à Digitopolis : la fameuse daube à soustraction a pour effet d’augmenter le faim à mesure que l’on s’en repait.»

(Norton Juster, The Phantom Tollbooth, 1962)

En ces temps de préliminaires électoraux, un présent amical conjugué à un hasard malin ont voulu que je tombe sur la mention de ce Péage fantôme, écrit par un architecte écrivain américain.

A savourer comme il se doit.

Partager cet article

Repost 0
Published by Blogue-note de Jean Klépal - dans Langage Statistiques Sondages Discours
commenter cet article

commentaires

Martien P 29/11/2016 13:37

Ca donnerait faim! Tiens il est plus que l'heure d'ailleurs...

Marie Monguet 27/11/2016 19:34

Je succule.

J'ai cru inventer un verbe ( car transgresser volontairement les règles d'une langue quand on la possède est amusant), or j'apprends que c'est un vieux verbe français, malheureusement tombé en désuétude.

Blogue-note de Jean Klépal 27/11/2016 14:53

Merci de ce joli commentaire.

Micheline 27/11/2016 14:51

Aimer les mots...ça aide à vivre, décidément. Un univers presque infini. Je me suis parfois demandé laquelle de mes deux principales langues je conserverais si mon cerveau devait en sacrifier une: La raison m'aurait indiqué de conserver la langue anglaise et le coeur, le coeur s'accommoderait de ce choix. Mais je souhaite partager une phrase d'une écrivaine que je découvre en ce moment, d'origine libanaise: Hyam Yared, Dans son roman, Tout est halluciné, publié chez Fayard. Elle a cette jolie phrase parlant de sa grande copine et colocataire volubile et enthousiaste: p.188. '' Pour n'importe quel mot relâché par moi, elle s'emballait. Elle ne parlait pas, elle se précipitait sur les mots en haletant comme si, en prenant une pause, elle pouvait tomber raide morte entre une virgule et un point.

Présentation

  • : Epistoles-improbables - Blogue-notes de Jean Klépal
  • Epistoles-improbables - Blogue-notes de Jean Klépal
  • : Remarques, réflexions, parti-pris et jets de vapeur sur la vie qui va et ses détours.
  • Contact

Recherche