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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 17:45

Et si, comme le changement ou la rupture, la notion de progrès n’était qu’un faux nez.

Dans quelque domaine que ce soit, y compris le monde de la science où les avancées manifestes paraissent cependant compter quelque évidence.

L’allongement de la durée de la vie humaine, pour incontestable qu’elle soit, relève évidemment d’un progrès technique. Cela suffit-il pour entonner l’antienne du Progrès ?

Vivre plus longtemps, oui, sans doute, mais dans quelles conditions ? La déferlante des maladies cardio-vasculaires, la prolifération des cancers, l’apparition de pathologies nouvelles et autres joyeusetés, la détérioration des conditions de vie en général, l’augmentation de la dépendance, viennent-elles créditer un éventuel Progrès ?

Certes, les apports de la science dans la connaissance et la maîtrise du monde qui nous entoure sont considérables, hallucinogènes le plus souvent.

Les limites reculent sans cesse, les possibilités d’applications nouvelles paraissent infinies. L’accroissement de notre aliénation aux techniques de pointe, au numérique notamment, va de pair.

Descartes considérait les animaux machines, il n’envisageait pas l’homme machine, et pourtant nous nous y acheminons à grandes enjambées. Il nous voulait devenir « maîtres et possesseurs de la nature », celle-ci nous rappelle vigoureusement à l’ordre. Désormais, ce n’est sans doute pas la planète elle-même qui est en danger, elle a déjà connu de violentes métamorphoses. C’est l’espèce humaine qui est en péril, elle ne le doit qu’à elle-même.

Quel progrès a-t-on accompli alors que Gargantua écrivait à son fils Pantagruel, étudiant à Paris, « science sans conscience n’est que ruine de l’âme » ?

Mahabarata, Bhagavad Gita,  Euripide, Sophocle, Eschyle, Homère, Aristote, Platon...

Les thèmes fondamentaux sont abordés et explorés dès la plus haute antiquité. A l’os d’entrée de jeu, l’essentiel est alors posé.

Depuis, il ne s’agit principalement  que de variations ou d’énonciations différentes. L’intérêt des démarches, l’enrichissement des données, sont considérables. Peut-on parler de progrès pour autant ?

Etienne de La Boétie écrivit son « Discours de la servitude volontaire » entre l’âge de seize et dix-huit ans. Il est mort dans sa trente septième année. Ce météore a préfiguré les temps qui l’ont suivi, et ceux que nous vivons.

 Aujourd’hui notre système éducatif produit de jeunes adultes ne maitrisant pas la langue, peu à même de conduire une réflexion rigoureuse, disponibles pour la servitude volontaire ou la révolte insensée contre un système destructeur. Bien entendu, des exceptions existent, mais ne contribuent-elles pas à confirmer la règle ?

Même chose pour l’art. Quel progrès depuis Lascaux ou Altamira ?

A coup sûr, la notion de progrès n’a aucun sens en Art.

Des évolutions, des modifications du regard, des changements techniques, rien de plus. En ce domaine si particulier, ce qui fonde l’intérêt et suscite des passions, n’a aucun lien avec de vaporeuses notions de progrès. Il s’agit de choses beaucoup plus profondes, essentielles. Il s’agit de la nature de l’homme, de son rapport à la vie, à la mort.

Alors Progrès, réalité ou fâcheuse illusion ?

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commentaires

Micheline 21/11/2016 19:58

Il est très relatif le progrès. Rien à ajouter. Salutations enneigées de Montréal.