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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 10:10

« L'objectif de l'Enseignement Moral et Civique est d'associer dans un même mouvement la formation du futur citoyen et la formation de sa raison critique. Ainsi l'élève acquiert-il une conscience morale lui permettant de comprendre, de respecter et de partager des valeurs humanistes de solidarité, de respect et de responsabilité. » (Fiche Eduscol – Ministère de l’Education Nationale – mise à jour le 11 janvier 2016)

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Aujourd’hui, plus on est visible moins la parole engage. La notoriété ne souffre plus aucune obligation à ce sujet.

Un mot chasse l’autre.

Il y a un peu plus d'un siècle, le Chancelier allemand s’adressant à l’ambassadeur du Royaume Uni à propos de la neutralité de la Belgique, le 4 août 1914, a clairement établi que les traités ne sont que des chiffons de papier.

Des progrès significatifs sont intervenus au fil du temps puisque désormais les mots émis par la plupart des dirigeants politiques ne sont plus que de la vapeur, sinon une exhalaison fétide. La campagne présidentielle atteint un point d’excellence à ce sujet. 

Les engagements quels qu’ils soient n’ont plus aucune importance, et cela se trouve si commun que peu nombreux, semble-t-il, sont ceux qui s’en offusquent.

Il faut être un  tantinet benêt pour considérer que la parole engage celui qui la prononce.

Pourquoi le ferait-elle puisque les mots perdent progressivement de leur valeur ?

D’abord initié par la chrétienté où l’écart entre le dire et l’agir est historiquement flagrant, le processus très élaboré décortiqué par Victor Klemperer concernant la langue du IIIe Reich pousse inlassablement ses métastases.

Lasse et désabusée, une grande majorité d’entre nous s’accommoderait, ou bien se désintéresserait de ce qui pourtant est essentiel. Ne pas se laisser aller au fil de l’eau, serait une marque de naïveté, d’utopie, pire, le signe d’un tempérament irrécupérable.

Allons, il faut bien être de son temps, que diable !

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Nous avons connu la collaboration, nous avons eu Guy Mollet et la guerre d’Algérie, nous avons pu croire ces temps révolus. Le Général était revenu, et avec lui la droiture et le désintéressement.

François Hollande et François Fillon étaient en culottes courtes, Manuel Valls balbutiait. Incontestablement doués, les uns faisaient des gammes sous la férule de l’autorité morale aussi évidente qu’incontestable de François Mitterrand, tandis que l’autre, déjà vêtu de lin blanc et de probité candide  savourait ses premières hosties en se faisant bronzer l’âme à la lueur des vitraux du moustier voisin. Le Pen venait d’engendrer. Macron ne perçait pas encore sous Emmanuel.

Ce furent les Trente glorieuses, et, comme un bonheur ne vient jamais seul, nous sommes entrés dans cette ère fantastique de réalisation de soi dont les délices nous sont maintenant connus.

La racaille est soigneusement pourchassée dans les bas-fonds où elle se terre, sachant bien qu’il n’y a que là que l’on puisse la rencontrer et que sa génération est quasi spontanée. Elle ne se développe jamais,  c’est évident, à l’air libre des beaux quartiers et des comptoirs de banques. L’indice du CAC 40 est le meilleur aseptiseur.

Le souci de bien-être et de sécurité irrigue chacun des actes de ceux qui nous dirigent avec la constance et le bonheur que l’on ne sait malheureusement pas apprécier à sa juste valeur.

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Alors que l’Enseignement Moral et Civique de nos maitres est devenu quelque peu... confus, il ne faudrait pas jeter le bébé avec l’eau du bain.

Le moment parait propice à une tentative de traitement hygiénique, un grand ménage de printemps en quelque sorte. Sarkozy, Hollande, Juppé, Valls, ont été éloignés du premier plan. Battus, mais pas abattus, ils remuent encore. Nous ne sommes pas à l’abri d’un sursaut de désespoir. Savoir vigilance garder.

Le moment est suffisamment grave pour ne pas se tenir à l’écart. Pour ce qui me concerne, j’irai donc voter au premier tour.

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Commençons par oser tenter d’être maitres de nos réflexions et de nos actes au lieu, moutons de Panurge, de nous en remettre à quelque berger providentiel, se prétendant porteur de nouvelles manières, alors qu’il représente le plus parfait produit d’élevage des appareils en place, qu’il est  uniquement préoccupé de prolonger les courbes au bénéfice des siens, et que sa carrière est déjà celle d’un vieux routier de la politique, malgré sa « juvénilité » revendiquée.

Parmi les compétiteurs, il en existe au moins un qui semble animé d’un réel désir de rupture avec un système à bout de souffle, totalement gangréné, qu’il dénonce avec intelligence et vigueur depuis quelques lustres. Donnons-lui acte de cela, même si son comportement a souvent de quoi irriter. Foin des pudeurs de gazelle, il n'est plus temps.

Tout replâtrage est évidemment voué à l’échec, donc favorable au succès immédiat ou simplement différé du totalitarisme.

L’occasion, rare, nous est peut-être offerte d’un sursaut annonciateur d’une volonté de se libérer de la servitude volontaire dont nous nous satisfaisons depuis trop longtemps.

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commentaires

Micheline 03/04/2017 12:40

Pendant qu'à l'OTAN il est question de faire un effort tous, pour augmenter les budgets de l'attaque nationale (la défense se ferait autrement; il ne suffit pas de taper et de détruire), il est permis ou l'est-il d'espérer qu'un grand tribun, très très à l'aise à l'opposition, car verbalement il peut taper sans risque d'avoir à régner, (du moins jusqu'ici), que notre stand-up divertissant et dynamique Mélanchon, puisse avoir son vrai tour de piste et faire son grand numéro. Avec qui aux législatives,? car le pouvoir présidentiel est limité... Je veux bien essayer d'y croire un peu. Ou bien je me déplace pour lui (pour nous, pour la France) au premier tour ou bien je fais une promenade au parc en attendant de voir ce que feront les vrais décideurs de notre monde: les marchands d'armes.