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1 septembre 2017 5 01 /09 /septembre /2017 08:04

C’est la rentrée.

Rentrée des classes, rentrée politique, rentrée « sociale », rentrée éditoriale (les romans de la rentrée), rentrée artistico-culturelle (expositions à venir, programme des spectacles à venir), rentrée « sportive » (reprise des compétitions après achats-ventes d’étalons).

Rentrée partout.

Pour le plus grand nombre la rentrée signe la fin du prolongement des jours ensoleillés de l’enfance marqués par la joie des vacances, qui peu à peu n’apparaissent plus que comme une parenthèse de souvenirs fanés d’un autre monde désiré, promis lorsque les poules auront des dents.

Naguère l’année scolaire occupait la période allant du 1er octobre au 14 juillet, seulement ponctuée par les petites vacances de Noël et de Pâques.

La France demeurait très agricole, elle marchait au rythme des saisons. La nature suivait ses rythmes propres, bien perceptibles. La planète allait son train de sénateur.

Les sports d’hiver et le tourisme cadencé n’imposaient pas encore leur tempo.

La découverte des beautés de l’automne est désormais inaccessible, car soigneusement tenue à distance par les impératifs de « La Rentrée » devenue, tout juste après la Saison des Soldes, l’une des ritournelles du marketing laïc et républicain.

L’entrée progressive dans la profondeur des nuits d’hiver entretient une frileuse relation aux espaces inconnus, aux nouveautés à côtoyer, aux aventures probables, aux rencontres surprenantes, et aux impératifs inopinés.

Désormais La Rentrée inaugure un cycle répétitif supplémentaire, prétendu différent de ses aînés. Le mythe de l’Eternel retour et celui du Renouveau vont à l’unisson, main dans la main.

Ici, la terminaison boucle sur des débuts toujours analogues.

Vaine effervescence de l’imagination désireuse de surprises. Tout est programmé.

Les habits neufs, les dispositifs et les équipements différents, disent la certitude de difficultés à venir très prévisible, d’autant plus mystérieusement fascinantes que non encore clairement nommées.

Le rapport incontournable à l’autorité commande la soumission à des rites fraichement maquillés, gages de stabilité, leurres subtils d’un changement radical toujours annoncé et soigneusement différé.

Temps propice au talisman des résolutions.

Illusion de la page blanche alors qu’elle est en grande partie déjà écrite.

Le grand bal des apparences s‘ouvre à tous.

Tournez manèges !    

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commentaires

Arnaud FORGERON 02/09/2017 11:05

Bonjour,

Il y-a-t-il une rentrée pour ceux qui ne sont jamais entrés, donc jamais sortis?
Ces gens de bas-côté, ces fleurs de talus, qui volontairement ou non regardent passer la parade.

Pour ma part voilà un petit moment déjà que j'ai détourné mon existence, c'est là que l'isolement guette me direz-vous?

Pouacre des simulacres.

Cordialement.

Jean Klépal 02/09/2017 11:53

Les fleurs de talus sont parmi celles dont on aime faire des bouquets, tant elles sont naturellement belles.
L'isolement ne guette que celui qui n'entretient pas de relation avec son entourage, celui auquel l'entourage échappe. Il semblerait bien que vous ne soyez heureusement pas de ceux-là. Si la solitude n'est pas facile à vivre, l'isolement recèle quelque chose de dramatique à mes yeux.
Les simulacres, quels qu'ils soient, sont effectivement des repoussoirs absolus.

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