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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 14:41

Avis de gros temps

 

Un ministre du budget démissionnaire sur fond d’évasion fiscale, un ancien président de la République déprécié et mis en examen sur fond de tripatouillage financier, des juges violemment pris à parti (comme dans l’Italie berlusconienne), une élection partielle soulignant la perte de crédit du parti au pouvoir et l’attrait de l’extrémisme, un taux de chômage immaîtrisable, une manifestation anti-gouvernementale rappelant les ligues d’avant guerre, la politique financière européenne en pleine déconfiture, un gouvernement paraissant à la dérive, un actuel président déconsidéré…

Voilà qui renvoie à de sinistres précédents. Il serait grand temps d’affermir les manœuvres de l’équipage et de tenter une navigation autonome.

 

 

 

Lecture :

 

Une Citation

 

« Le vingtième siècle fut celui des masses. Les foules qui saluent les dictateurs, les libérateurs, et les masses déportées, exterminées. Les foules pourchassées, déplacées. Les foules qui passent les frontières. Les mouvements collectifs. Les manifestations. Et les grands magasins puis les supermarchés, hypermarchés. Les villes s’étendent, leurs habitants se multiplient, les bâtiments s’étirent, s’allongent, ils forment des cités striées de barres horizontales ou verticales. Toujours plus indifférenciés… les téléspectateurs se multiplient. »

(Cécile Wajsbrot – L’île aux musées – Christian Bourgois éditeur 2013 – 8€)

 

Un livre

 

Jean-Claude Michéa vient de publier aux éditions Climat (mars 2013) un livre dense et argumenté – Les mystères de la Gauche (134 p., 14 €) –. Une fois la lecture terminée, un constat en forme de confirmation s’impose : la Gauche socialio-solférinienne s’apparente depuis longtemps au stade suprême du capitalisme.

 

 

 

Mélenchon

 

Jean-Luc Mélenchon est l’un des très rares hommes politiques à avoir des choses à dire, et à parler clair (dans un registre très différent François Bayrou en est un autre). Et pourtant il ne semble pas qu’il réussisse à convaincre davantage que lors de la campagne présidentielle. S’il ne parvient pas à l’emporter c’est notamment parce qu’il se heurte sans cesse à des échotiers toujours plus sensibles à la forme qu’au fond qu’ils écartent soigneusement. D’où ses outrances langagières, sorte de martelage imposé pour tenter de se faire entendre.

Mais en se livrant à des attaques personnelles virulentes, soulignées à satiété par des interlocuteurs masquant ainsi la pertinence de ses propos, il tombe évidemment dans le piège pervers d’interviewers pour lesquels seules importent les apparences mousseuses de leur surdité délibérée.

Très présent, hyperactif, sollicité car avec lui le numéro est assuré, comment se fait-il qu’il se présente seul sous les projecteurs, sans laisser de temps à autre la place à l’un de ses commensaux ? Son talent et sa capacité de réflexion sont indéniables, sa principale faiblesse tient à ce qu’il prête le flanc à la meute chargée de le discréditer.

 

En son temps Marchais vitupérait les journalistes. La pantomime de Guignol rossant le gendarme faisait recette, mais cela n’est jamais parvenu à dépasser la célébrité médiatique si fortement entretenue par la société du spectacle permanent.

 

 

 

Niaiserie

 

Un canard désœuvré, dénué de tout argumentaire, barbote dans le marigot : à l’issue de l’élection partielle qui vient de se dérouler dans l’Oise, Harlem Désir demande à Jean-François Copé de clarifier la ligne de l’UMP face au FN.

Peut-on imaginer interpellation plus ridicule, plus dénuée de sens ?

Cette demande ahurissante témoigne d’une impuissance flagrante nourrie d’une absence totale de réflexion.

 

 

 

 

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Published by Blogue-note de Jean Klépal
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commentaires

Fouchard 28/03/2013 22:44

Je suis toujours en attente sur la politique menée par Hollande,car la situation est rude et le poids du libéralisme financier difficile à affronter...Pour autant, faudrait-il radicaliser,
"mélanchoniser" le débat et les choix politiques ? je ne fais pas confiance à la capacité de gouvernance de Mélanchon - Il occupe un espace médiatique, il en joue, il est écouté, mais on ne vote
pas pour lui. Pourquoi ? mais que ferait-il au pouvoir,dans un France qui reste majoritairement à droite, une Europe encore dominée par les libéraux...Hollande pourrait faire mieux...Mélanchon,
droit dans ses bottes, ferait simplement pire!

Blogue-note de Jean Klépal 29/03/2013 10:07



Que signifie "mélenchoniser" le débat et les choix politiquers ? Si cela équivaut à radicaliser le débat et les choix, alors, oui, sans doute. C'est par excès de compromis, compromission (?), que
Hollande se perd, et nous avec. L'un des écueils avec Mélenchon tient essentiellement à une trop forte personnalisation, ce que j'évoque dans le paragraphe que je lui consacre. Pas sûr que
Hollande pourrait faire mieux, sa manière lui ressemble hélas tellement.



François Le Picard 28/03/2013 16:26

Merci Jean de cette analyse très actuelle, qui nous incite à écouter ce soir le Président "normal", sans doute va-t-il nous dire dans un contexte aussi difficile "je sais où je vais"...tant mieux
pour lui!
A demain pour un autre jour.

Amitiés d'un lecteur fidèle.

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