Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 09:53

Démocratie

 L’un de ces cache-sexes commodes pour masquer bien des excès et des déviances. L’un de ces mots tellement usés qu’ils finissent par ne plus rien signaler d’autre qu’un simple tic de langage.

Il faut certainement beaucoup pratiquer l’humilité pour prétendre à un comportement démocratique. Savoir parvenir à respecter profondément l’Autre dans sa différence, l’admettre, l’écouter et tenter de faire siennes quelques une de ses propositions, comme un enrichissement possible.

La démocratie ne se décrète pas plus qu’elle ne s’impose, elle se pratique au quotidien. Toute volonté de prévaloir lui est antinomique.

Parler de démocratie associée au parlementarisme tel que pratiqué en France est une véritable tromperie. Démocratie et système parlementaire à la sauce actuelle sont parfaitement incompatibles. Qu’une majorité absolue d’où quelle soit issue puisse bloquer tout débat le temps d’une législature suffit à la démonstration. Comment concilier la nécessité de décisions de long terme avec le temps d'action limité de dirigeants dont l’urgence est d’effacer la marque de leur prédécesseur immédiat et d’assurer leur propre réélection ? Un tel état périme toute recherche de consensus, toute confrontation d’idées ; invoquer la légitimité du suffrage universel et s’en repaître ankylose la possibilité d’adaptation progressive au devenir. Notre démocratie parlementaire n’étant en rien représentative de la mosaïque sociale, le système, par son côté oppressif et répressif, est évidemment gros de tous les rejets possibles. Puisqu’elle ne peut pas se faire entendre à l’Assemblée où elle est vouée à l’échec, il est tout à fait normal que la contestation s’exprime dans la rue. Les règles en vigueur sont forcément grosses des menaces de dérapages qu’elles suscitent en permanence du fait de leur déséquilibre initial.

Piètre illusion que la démocratie républicaine, véritable soleil noir.

 

 

Dieu (ou ses substituts : idéologie, parti...)

Son existence supposée justifie les tueries par l’emploi permanent de son « Saint Nom ».

« Appeler à conduire les affaires humaines au nom du dieu ne peut qu’engendrer des fanatiques capables de tous les désastres » (Abdelwahab Meddeb, La maladie de l’Islam, éd. du Seuil, col. Essais 2005).

La démocratie à la sauce occidentale se montre fort tolérante à l’égard des meurtres et des atrocités génocidaires commis au nom du Créateur. Elle signe par là son inexistence absolue.

Les États-Unis, la Russie de Poutine et l’islam condamnent, massacrent et exécutent à tue et à toi sans aucune retenue ; la cause est entendue.

Le nazisme a si bien gagné les esprits que l’homme est devenu tranquillement capable de détruire l’humanité entière, ainsi que la planète.

 

 

Disponible

Attendre plein de désir le moment, l’événement, la rencontre, l’idée ; veiller, guetter, disponible pour accueillir ce qui se présente et en faire un miellat.

Butiner en permanence.

Raymond Queneau :

« Bon dieu de bon dieu que j’ai envie d’écrire un petit poème

Tiens en voilà justement un qui passe

Petit petit petit

... »

 

 

Hybridation

Il n’y a pas que les gaz à effet de serre pour polluer la planète et rendre l’air irrespirable, l’hybridation et le métissage culturel galopant corrodent sans appel coutumes, héritages et traditions. Ils dissolvent patiemment l’identité des peuples anciennement colonisés et longtemps méprisés au nom de la seule culture qui puisse compter, celle de l’homme blanc. Je me souviens d’une soirée au Kerala, qui n’avait rien à envier à TF 1. Nous étions assis sur des gradins naturels parmi une foule indienne plutôt jeune face à un étrange spectacle révoltant de stupidité, une sorte de « music hall » sans queue ni tête.

Sur les plages de la « petite côte », au sud de Dakar, les footballeurs vêtus de maillots au nom des vedettes internationales du ballon rond ne sauraient se compter.

La multiplication des nations souveraines depuis la décolonisation et la chute du mur de Berlin entraînent parallèlement à ce phénomène mondial d’appauvrissement culturel des revendications identitaires parfois sauvages, impitoyables même. Béances largement offertes aux intégrismes de toutes couleurs. Dans le meilleur des cas, nous ne naviguons qu’en pleine confusion. Les cartes sont brouillées, les références historiques, sociales, politiques, religieuses sont totalement inopérantes.

Deux courants antagonistes s’affrontent : d’une part, la globalisation uniformisante de l’homo cocaliensis entretenue par Le Marché et, d’autre part, l’affirmation véhémente de particularismes - niés surtout depuis l’époque des « grandes découvertes » et de la colonisation -, revendication accompagnant les « indépendances » souvent chèrement acquises.

Dans tous les cas l’Autre ment, par définition ; il fonde par son existence le suspect originel de toute altérité.

 

 

 Mort

L’au-delà de soi : la mort, son image, l’interrogation qu’elle pose, sont permanentes, partout présentes.

Mourir, en soi, n’est probablement rien, sinon le regret de ne jamais connaître la suite. C’est sans doute de l’idée de ce dommage qu’il est assez difficile de se satisfaire. Mais alors jusqu’où faudrait-il aller ? Après tout, il y eut bien un amont que nous n’imaginons que par ouï-dire, ce qui est tout aussi frustrant.

La seule chose qui importe vraiment tient aux conditions de l’événement. Pour bien s’y préparer, il n’est que de s’entraîner à bien vivre quelles que soient les déperditions progressives.

La mort n’entraîne de conséquences que pour les vivants, hallucinés de la mort d’autrui et abusés par les rituels qu’ils s’inventent.

 

  

Naïveté

Il en faut beaucoup pour confier une graine à la terre.

 

 

Politicien

Produit d’élevage, le politicien est un professionnel aguerri, très réactif.

Proche des zombies, il est à l’aise dans le futur simple, avant tout soucieux de l’acquisition et de la conservation du pouvoir dont son élection est le gage. Pour ce faire, il convient d’assurer un service minimum, en s’exprimant le moins précisément possible, en procédant par approximations, en veillant à ne pas trop déplaire.

Outre le fait qu’il estime normal de se dispenser des règles et des usages concernant le commun des mortels, le politicien est un homme de foi : il fait confiance à l’avenir pour faire évoluer les choses dans un sens favorable à ses intérêts.

 

 

Politique

Individu atypique fruit d’une mutation génétique favorisée par la survenue d’événements majeurs inopinés. Doué d’une réelle faculté d’analyse et d’une vision de synthèse, il envisage les évolutions à long terme qu’il met brillamment en perspective. Il n’hésite pas à s’exprimer, voire à heurter, il donne à réfléchir, fait preuve de courage et prend des risques personnels. Pour lui rigueur de pensée et cohérence priment sur la notion de carrière personnelle.

 

 

Sacré

Terme utilisé depuis la nuit des temps pour justifier ou légitimer la violence du puissant sur le faible.

 

  

Ville

Les panneaux volumen où s'enroulent et se déroulent des annonces publicitaires rivalisent avec leurs confrères à messages variables et lumineux. Il s'agit de « mobilier urbain ». Monsieur Propre, Odorono et sanisettes, les hygiénistes disent le prêt à porter de la pensée jetable.

Le décor dispense l'homme, la ville se modernise

Autoponts, échangeurs, souterrains, tunnels, chaussées surélevées, viaducs, giratoires, sens interdits, contre-allées, bateaux, emplacements réservés, vitesses imposées, ralentisseurs, passages protégés, sémaphores, feux clignotants, restrictions temporaires, réglementations, déviations, travaux, circulation alternée, axes prioritaires, caméras, radars, barrières, chicanes, bornes, couloirs réservés, pistes, voies rapides, écoulement du trafic, parcmètres, parkings, barrages, palissades, échafaudages, grillages, chantiers, ponts, passerelles, stationnement, distributeurs, bornes automatiques, enseignes.

Trottoirs, encombrements, détritus, déjections, poubelles, odeurs, pollution, plantations, herbes folles, secteurs piétonniers.

Vent, pluie, soleil, ombre, éclairages, température, oiseaux, animaux.

Voitures, bus, camions, camionnettes, fourgons, taxis, vélos, scooters, motos, rollers, skate boards, patinettes, piétons, vélos, semi-remorques, corbillards, fourgonnettes, engins de travaux, chariots élévateurs, dépanneuses, bennes, trolleys-bus, autobus, tramways, cars, véhicules prioritaires, ambulances, voitures de police, voitures de pompiers, trains, métros, navettes, funiculaire, ascenseurs, escaliers mécaniques, pannes.

A vendre – A louer – Bientôt à cet emplacement… – Pendant les travaux, la vente continue – Horaires d’ouverture – Fermé pour congés – Soldes – Recherche… – Permis de construire – Permis de démolir – Le cabinet est transféré… – Issue de secours – Réservé à la clientèle – Sans issue – Danger – Interdit au public – Port du casque obligatoire – Entrée des fournisseurs – X travaille pour vous...

Vu d’un point haut, le paysage des toits enfouit la ville sous sa carapace d’écailles et sa broussaille d’antennes.

Ça et là s’impose le minéral vitrifié.

Fenêtres, terrasses et balcons prennent le végétal en otage.

Excréments urbains, les zones commerciales, artisanales, industrielles et autres campus, les  banlieues aussi.

 

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Blogue-note de Jean Klépal
commenter cet article

commentaires