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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 14:58

Auteurs

 

Rentrée littéraire, comme il est d’usage. A chaque fois les mêmes niaiseries, les mêmes faux semblants, les inutiles transes des pacotilles mondaines.

Cette année, rentrée littéraire ou pas, prix ou pas, trois bouquins à lire toute affaire cessante, trois livres d’écrivains authentiques, trois fortes approches de l’incontrôlable foisonnement de l’existence :

- Jérôme Ferrari, Le sermon sur la chute de Rome, la tragédie grecque réinventée sur fond de mastroquet corse ;

- Patrick Deville, Peste et choléra, la fabuleuse épopée d’Alexandre Yersin savant et aventurier, insatiable découvreur lié à la saga des Galilée pastoriens ;

- Olivier Adam, Les lisières, une exploration terriblement lucide et décapante des lignes de partage de notre monde.

 

 

 

Basta !

 

Le bla-bla, les défilés, les marchés, les agences de notation, le FMI, l’OMC, les lois sécuritaires, l’identité nationale, les mesures anti-tabac, la Ligue contre le cancer, les journées de solidarité, les partis, les syndicats, la journée de la femme, Emmaüs, le droit de vote ou pas, les restos du cœur, la Croixrouge, l’immigration, la compétitivité, le Secours catholique, la crise, la dette à rembourser, l’Euro, l’Armée du salut, les pétitions et le reste, tout ça se mord la queue, ne sert strictement à rien, sinon à dissimuler, à planquer les ordures sous le tapis de mensonges, à permettre de différer, de parler d’autre chose, de ne rien faire, d’attendre, de faire semblant d’espérer qu’un jour…, et conduit à ne plus croire à rien, à laisser tomber, à ne rien désirer changer, à se résigner.

 

 

 

Bouffonnerie

 

« Marseille-Provence capitale européenne de la culture 2013 », l’échéance approche et le projet ne cesse pas hélas de s’apparenter à une vaste bouffonnerie.

Le Maire et ses équipes, bientôt au terme d’un troisième mandat, n’ont jamais manifesté d’intérêt pour la vie culturelle d’une ville qui pourtant abonde de ressources. Pour eux, la culture c’est l’OM, puis l’OM et encore l’OM…

Et pourtant, la vie associative est considérable, totalement dénuée de moyens matériels ou financiers, elle ne cesse de proposer quantité d’événements.

 

Alors que les musées sont en léthargie permanente depuis plus de quinze ans, que la Friche de la Belle de Mai demeure difficilement accessible, que le festival de danse contemporaine (exceptionnellement soutenu, il est vrai, par le Maire) est bien peu médiatisé et ne parvient pas à se trouver un lieu stable, le manque de soutien officiel à la création, l’absence d’ambition et de vision à long terme, n’empêchent nullement les initiatives. Concerts, expositions, mini festivals de cinéma, ateliers chorégraphiques, rencontres et salons littéraires se succèdent à haut rythme toute l’année. Ils galèrent mais ils parviennent à se maintenir.

Des gisements considérables d’énergies diverses existent, dans tous les domaines. Cependant aucun élu ne manifeste un réel intérêt pour l’expression artistique, comment s’étonner des sourires las et de l’absence mobilisation pour l’aventure de 2013 ?

Un festival off semble se préparer activement, résolu à investir des lieux souvent délaissés et à préparer des irruptions en des endroits notables. Gageons que s’il réussit en quelques occasions, les officiels ne manqueront pas d’arborer ces succès au revers de leur tunique.

Des chantiers sont ouverts partout, on édifie avec quelque hâte des équipements, on tente d’aménager et de rénover, très bien, mais pour quel avenir, avec quelle vision ? S’agit-il d’autre chose que de la construction de décors ? Les ordures, les bagnoles partout, on s’en fout, le gâchis est immense, la ville dérive à l’abandon depuis trop longtemps.

 

Marseille-Provence s’intitule officiellement la manifestation. Illusion totale, il s’agit en fait de tentatives d’animation de trois pôles, Aix, Marseille et Arles, Toulon s’est désengagé depuis plusieurs mois. Outre l’absence de moyens de communication aisés pour se rendre de l’une à l’autre, les rivalités anciennes entre ces villes et leurs satellites sont loin d’être éteintes. Le territoire métropolitain n’existe pas, ce n’est encore qu’un agrégat artificiel. Le jeu collectif demeure ici totalement inconnu.

 

Quel bonheur ce serait d’être démenti et de devoir faire amende honorable…

 

 

 

Citoyenneté

 

« Tout homme né et domicilié en France, âgé de vingt et un ans accomplis ; tout étranger âgé de vingt et un ans accomplis, qui, domicilié en France depuis une année, - y vit de son travail – ou acquiert une propriété – ou épouse une Française – ou adopte un enfant – ou nourrit un vieillard ; tout étranger enfin, qui sera jugé par le Corps législatif avoir bien mérité de l’humanité – est admis à l’exercice des droits de citoyen français. » (article 4 de la Constitution de 1793)

 

 

 

Cumul des mandats

 

A propos de la réélection des constituants dans la future Assemblée législative, discours de Robespierre le 13 mai 1791 :

« Concevez-vous quelle autorité imposante donnerait à votre Constitution le sacrifice prononcé par vous-mêmes des plus grands honneurs auxquels vos concitoyens puissent vous appeler ? […] Nous n’avons ni le droit ni la présomption de penser qu’une nation de 25 millions d’hommes, libre et éclairée, est réduite à l’impuissance de trouver facilement 720 défenseurs qui nous vaillent. »

 

 

 

Droit de vote (à propos)

 

Le droit de vote est accordé à tout citoyen à partir de 18 ans révolus, l’éligibilité est fixée à 23 ou 30 ans selon la nature du mandat sollicité.

Si une limite basse se justifie, comment se fait-il que jamais personne n’ait évoqué l’absolue nécessité d’une limite haute ?

Il est un âge où on ne devrait plus avoir le droit d’engager un futur que l’on est quasi certain de ne jamais connaitre.

Il est un âge où le respect le plus élémentaire de nos successeurs et l’indispensable pudeur au regard de ce que nous leur léguons devraient commander de ne s’en remettre qu’à eux pour ce qui engage leur avenir. Il est un âge où l’on ne peut qu’être disqualifié, même si on a parfaitement le droit (et le devoir) de continuer à s’exprimer.

Qui aura le courage de le dire, qui aura le courage de poser la borne du droit de vote comme de l’éligibilité, 70, 75 ans (grand maximum) ?

 

 

 

L’Impossible

 

L’Impossible est un mensuel lancé en mars 2012, le n°8 est paru en octobre. De mois en mois il s’affirme, de mois en mois il confirme son intérêt. On le trouve en kiosques et dans un certain nombre de librairies. Il sera bientôt vendu à la criée, le soir, à Paris.

L’équipe qui l’anime s’efforce de réaliser un magazine intelligent, engagé dans le débat d’idées, se refusant au conformisme et aux allant de soi.

Il s’agit d’un périodique se démarquant des bavardages, pseudo révélations et radotages des échotiers habituels.

Y aller voir vaut le détour : www.limpossible.fr/  

 

 

 

Moindre mal

 

La règle du jeu pour qui considère le moindre mal comme un critère de choix politique : Pile, je gagne ; face, tu perds.

- Oui, et alors ?

- S’abstenir de jouer à ce jeu serait vraiment un moindre mal

 

 

 

[1] Cité par Eric Hazan, Une Histoire de la Révolution française – Ed. La fabrique, 2012 (cf. Brèves 5)

Idem

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Published by Blogue-note de Jean Klépal
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commentaires

Fouchard 15/11/2012 17:09

Basta....Quel procès en duperie! Voilà le grand ménage,la table rase ! Dis-nous, Jean, ce qui vaut aujourd'hui la peine d'un engagement - c'est à dire de ce qui va au-delà de la conviction, ce qui
met en forme ces convictons, quitte à rencontrer des obstacles, des compromis...! Toute dialectique est mise au panier...Il ne reste que l'Idée platonicienne dont le commun des mortels
s'obstinerait à modifier illusoirement les reflets! Je ne suis pas dans ce trip. Face à ton réquisitoire, permets moi de plaider pour toutes les formes d'expression citoyenne, associative, dont le
but est d'exercer un contre pouvoir - ou un complément de pouvoir- ou un dépassement de pouvoir...qui légitiment la démocratie, au sens que Tocqueville lui donnait.

Blogue-note de Jean Klépal 15/11/2012 17:39



Je comprends cet émoi face à un constat terrifiant. La capacité perverse de récupération du Pouvoir, de tout pouvoir, est telle que la contestation elle-même contribue à le renforcer dans son
existant. Il n'est que de voir avec quelle maestria les contorsions officielles transforments les vessies en lanternes (pas plus tard qu'avant-hier sous les lambris élyséens). L'expression
citoyenne n'est ni un contre-pouvoir, ni un complément de pouvoir, elle est un leurre soigneusement entretenu pour perpétuer l'état de fait. Quoi donc par rapport à cela ? Eh bien REFUSER,
certes, c'est très négatif, mais, au moins, ce n'est ni complice, ni naïf. La tentation du rocher de Guernesey, pas seulement d'ailleurs...


 



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