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26 août 2012 7 26 /08 /août /2012 11:13

 

- IL a pris le bateau à La Londe et sitôt arrivé IL a voulu louer un vélo.

- Avez-vous une carte d’identité ? Lui a demandé la responsable. IL a dit qu’il n’en avait pas.

- C’est le président, lui a glissé à l’oreille un garde du corps.

- Le président de quoi ?

- Le Président de la République, Madame…

- Bon, je veux bien vous en prêter un, mais il faut me promettre que vous me le rendrez.

 

Celle qui raconte cela est sûre de son effet. On l’écoute avec attention, un cercle se forme, le moment est plein d’une intensité avide.

Quelqu’un certainement mal intentionné lui demande si elle y était, a-t-elle assisté à la scène ?

 

- Non, c’est la commerçante elle-même qui me l’a racontée.

 

Qu’importe ! L’information est croustillante à point. Elle donne lieu à des commentaires amusés, à des anecdotes, à des souvenirs.

- Quand madame Chirac est venue… Et puis aussi Giscard…

- Encore, encore…

 

Oh, le bon moment, l’anecdote nourrira sans aucun doute les conversations de la journée et quelques-unes des suivantes. Le frisson du regard en coulisse. L’idée qu’on aurait pu en être, qu’on en est presque, qu’on pourra en parler comme si on y avait été. Le bonheur est à portée, il manque si peu pour y parvenir. Délectation. Etre témoin par témoins interposés c’est être tout proche du cercle béni des initiés. Comme sont nombreux ces gens bien informés, qui savent, à qui on ne la fait pas. Douce appétence.

Paris-Match, Images du Monde, dîners en ville.

Je suis informé, donc je suis.

Je communique, donc je suis

Où sommes-nous ? En quel pays, en quel siècle ?

Les racontars de Madame de Sévigné et les commérages de la Cour, les petits marquis bruissent à qui mieux-mieux. Trissotin est à la fête.

Oh, pouvoir être petit marquis, ne serait-ce qu’un instant, Reine d’un jour, étoile filante le temps d’un terne regard de téléspectateur !

Puisque que tout fout le camp, il reste au moins cela.

 

IL est simple, IL est « normal ». Cela suffira-t-il ?

Le souffle paraît court.

 

Réminiscences :

« Chérie, devines qui vient dîner ce soir », et Giscard s’annonce (et le fait savoir).

« Amis éboueurs venez prendre un petit-déjeuner à l’Elysée, avec MOI » (et Giscard le fait savoir).

IL joue de l’accordéon, largement plus tard un autre fera du vélo et du jogging encadré par ses gardes du corps, accompagné d’un premier ministre asservi, aussi essoufflé que lui (photos partout).

Aujourd’hui, IL s’arrête aux feux rouges, emprunte les transports en commun, et distribue des bises (échos partout).

Foutaises, fadaises ces minables dénis de la réalité.

Même si les stupides abondent, les prendre ouvertement pour des imbéciles ne grandit pas le personnage.

 

Proximité, normalité ne sont qu’inutiles miroirs aux alouettes.

Comment attirer vers la normalité une fonction qui par sa nature même est singulière ? Une fonction qui exige de son titulaire en l’érigeant. Il y a évidemment de l’imposture là-dedans.

L’ombre portée du suffrage universel, magistrale tromperie, ne fait que souligner et renforcer cette singulari. IL n’est pas primus inter pares – premier parmi ses semblables. IL est l’oint. Mitterrand, après s’y être violemment opposé avant de le tenir, joua le rôle à la perfection. Ce n’est pas pour rien que Dieu fut l’un de ses surnoms.

Se targuer de normalité, simple feinte de joueur de seconde division, c’est prendre le risque de dévoyer à nouveau l’image. Elle le fut déjà avec le précédant, exaspérant la singularité, la tirant vers le factice de la gesticulation ostentatoire.

La dévoyer à nouveau en sens opposé c’est risquer d’engendrer le désintérêt et la lassitude. (Ce qui pourrait se révéler bénéfique, mais le pari est fort risqué.)

 

L’absence de volonté de modification radicale des pratiques engendre le nanisme face aux défis d’une période requérant un maximum d’audace. L’heure n’est plus aux atermoiements. Il faudrait vouloir trancher clair et net.

Chômage, récession, tensions sociales, toilettages très précautionneux, soumission au cynisme financier, aux fariboles de la dette à maîtriser et des marchés à rassurer, respect excessif de l’existant, culture de la demi-mesure, mais au moins IL est des nôôôtres !

 

Le changement, c’est maintenant, soit mais n’oublions pas que maintenant n’a jamais été daté. Le changement c’est maintenant et demain on rase gratis.

Alors… un gouvernement de gauche c’est pour quand ? Pour maintenant ou pour demain ?

 

Avis de grand frais pour le très proche avenir ! Nécessité absolue d’un équipage aguerri, courageux, résolu, et décidé à forcer les événements. Connaîtrons-nous jamais cela ?

 

Ne surtout pas baisser la garde, ne surtout pas amoindrir les exigences !

Rappelons-nous Demander l’impossible.

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Published by Blogue-note de Jean Klépal
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