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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 10:25

LA VOIX DU VENT

Semences de transition

(film documentaire, 90 mn - 2012 - Carlos Pons, Jean-Luc Danneyrolles)

  

Un jardinier passionné, ardent défenseur de la biodiversité, et un observateur attentif des mouvements sociaux alternatifs, très sensible aux questionnements agro-écologiques, se sont rencontrés dans le Luberon.

Après quelques semaines de travail partagé au « Potager d’un curieux » ils décident d’un voyage de découverte les menant du pays d’Apt en Provence, jusqu’à Grenade l’andalouse, à la rencontre de personnes impliquées dans la mise en œuvre d’autres modes de vie que celui de la consommation triomphante. Un film rendra compte de leur équipée.

Ils convainquent un cameraman de se joindre à eux et entament une aventure qui en trois semaines de février 2012 leur permettra d’aller au devant de  personnes vivant intensément, seules ou en collectivité, leur volonté active de démontrer qu’un autre monde est possible, ici et maintenant.

 

Plusieurs mois après, le film existe, ponctué d’images souvent magnifiques, scandé d’échanges de graines, symboles de la puissance indomptable de la vie vivante. Les sachets que l’on partage, que l’on vide, que l’on remplit, sont comme la partition d’une ode célébrant la diversité de la nature et la recherche d’une harmonie indispensable entre elle et nous.

 

La pérégrination nous offre la vision de modes de vie différents. Elle nous invite chez des utopistes réalistes, pas toujours nécessairement ruraux, et réanime avec un rare bonheur des souvenirs de rêves que l’on pouvait croire à jamais perdus.

Malgré la volonté de multinationales désireuses de breveter le vivant, ce film totalement dénué de polémique nous montre par l’évidence du témoignage que rien n’est perdu et qu’il est toujours possible d’imaginer et de vivre une réponse alternative à ce qui semble inéluctable.

 

Le pas de côté ne dépend que de chacun et personne ne peut en décider pour autrui.

 

Ni L’an 01, film culte auquel contribuèrent Jacques Doillon, Gébé, Alain Resnais et Jean Rouch, ni les Libres enfants de Summerhill, chers au psychanalyste et éducateur A-S Neill, ni la recherche d’harmonie avec la nature propre à la communauté de Findhorn, au nord de l’Ecosse, ne sont aujourd’hui surannés. Ce qui a été ensemencé alors se prolonge avec une surprenante et insolente vivacité.

 

Oui, un autre monde est possible, à condition d’en être conscient, de le vouloir vraiment, d’oser cultiver son jardin, et de savoir en partager tous les fruits.  

 

De manière exemplaire, la réalisation de ce documentaire a été en grande partie rendue possible grâce à des contributions financières coopératives franco-espagnoles.

 

 

Pour se procurer le film, le visionner, en organiser la projection, connaître sa diffusion, etc. consulter   http://lavoixduvent.org/

 

 

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Published by Blogue-note de Jean Klépal
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commentaires

Régine PUGI 07/03/2013 19:06

On respire mieux quand on voit ce film...
Avec notre assoc,nous présentons un micro-festival du film documentaire en avril dans notre petit village ardéchois. Pour cette année,il est un peu tard mais il n'est jamais trop tôt pour retenir
ce film pour 2014. A bientôt donc !

Alain Sagault 03/01/2013 18:00

Au fait, j'ai profité de mon dernier commentaire pour relire cet article sur "La voix du vent". J'aurais dû quand je l'ai lu la première fois dire mon intérêt pour cette démarche modeste et
concrète, et mon respect de ceux qui loin des sirènes médiatiques créent de la vie (et non de la "richesse" ou du "buzz"). Voilà des gens qui m'intéressent, voilà des gens qui pensent et agissent.
Oui, nous avons besoin d'optimisme, mais rien n'est plus pernicieux que les faux prophètes, et notre époque littéralement apocalyptique en regorge.
Je n'accuse pas Michel Serres de tous les maux, je considère que son discours n'est justement qu'un discours, et qu'il manque du plus élémentaire sérieux, comme l'a d'ailleurs très justement
remarqué Serge Plagnol lui-même, pour ce qui concerne son domaine de compétence. Être optimiste n'est pas jouer à la fois les ravis de la crèche et les autruches. Bien sûr que le monde change, et
bien sûr que ça a des aspects passionnants. En voilà une découverte!
Encore faut-il prendre réellement en compte la complexité des phénomènes en cours; parler par exemple du miracle d'Internet sans aborder le problème de sa progression géométrique et de son coût
énergétique qui deviendra rapidement insoutenable (le virtuel, c'est très concret! Voir aussi le problème des terres rares et les désastres que ça engendre déjà, au Canada notamment), c'est ou être
stupide, ou se foutre du monde. Si j'étais moins violent, je parlerais seulement de légèreté intellectuelle et de fâcheuse désinvolture ! Je pourrais multiplier les exemples qui montrent que Serres
est littéralement enfermé dans les illusions du vieux monde technologique et consumériste.
En cela, il contribue selon moi à nous égarer, et il est d'autant plus dangereux que sa faconde et son "charisme" lui ont donné une audience qui ni sa pensée ni ses actes ne justifient à mes
yeux.
Quant à mon déchaînement de violence, je comprends tout à fait qu'il puisse déplaire, heurter, choquer, voire révolter. D'un côté, cela me désole, et pour un peu je serais tenté de m'excuser de ma
véhémence, qui ne me plaît pas vraiment, je ne m'aime pas violent. Mais d'une certaine façon, j'en suis ravi. Est-il vraiment raisonnable de nous demander de ne pas hurler (de peur, de douleur, de
colère, de rage, de désespoir, vous avez le choix) quand la machine à broyer nous écrase chaque jour davantage, écrase chaque jour davantage l'espèce humaine et ce qu'elle a encore d'humanité ?
Encore sommes-nous incroyablement privilégiés par rapport aux innombrables victimes de « notre belle civilisation occidentale », comme dit si bien l’affreux colonialiste Gibson dans Le Lotus bleu
!
J'aimerais seulement que mes interlocuteurs se demandent d'où vient cette violence, à quoi elle fait écho et répond, et qu'ils s'indignent aussi de celle, infiniment plus grave, plus déguisée, plus
perverse, qui s'exerce de la part des "élites" actuelles dans la guerre civile mondiale qu'elles mènent depuis des années contre les peuples et contre la planète que sous leur direction éclairée
nous ne cessons de détruire pour nourrir leur avidité et leur corruption, reflets démesurément grossis des nôtres…
L'oligarchie actuelle, qui sait très bien que nous sommes déjà dans le mur, est en plein sauve-qui-peut.
Littéralement, ces gens-là veulent notre peau, espérant ainsi sauver la leur.
Je n'ai jamais réussi à tendre l'autre joue, d'une part; d'autre part, je ne crois pas une seconde à la possibilité de débattre avec ceux que j'appelle les libéraux-nazis. De la violence
mondialisée, de l'état réel des choses, Serres ne dit et ne dira pas un mot, parce qu'il vit depuis toujours de ce système, et qu'il a su lui faire rendre le maximum, mais aussi parce qu'il est
structurellement incapable de sortir du carcan de la pensée positiviste. Il se présente comme au-dessus de la mêlée, alors qu'il est juge et partie, et par là même complice conscient ou non des
pouvoirs en place et de leur criminelle fuite en avant.
Ce qui se passe depuis six mois en France à tous les niveaux (dois-je vraiment faire la liste des faits significatifs?) comme ce qui advient dans le reste du monde ne me paraît pas relever d'une
analyse sereine et distanciée, mais du rejet organique vital d'un corps qu'on empoisonne (y compris au sens physique du terme, d'où le diflubenzuron, ou le Mediator, on n’a que l’embarras du
choix). Il vient, et je le regrette, car j'aime la tiédeur, un moment où Dieu (je veux dire la vie) vomit les tièdes.
Au stade d'involution où nous ont mené les néo-libéraux du fait de la massification généralisée, il n'y a plus de négociation possible : ils n'en veulent à aucun prix, puisqu'il leur faut tout.
Leur jusqu'auboutisme rend inévitable un totalitarisme financier résolument dictatorial (c’est déjà bien avancé) ou une révolution.
Ils ont raison au moins sur un point, parce qu'ils ne nous laissent pas le choix : il n'y a pas d'alternative.
Ou bien ils continueront à nous marcher dessus parce que nous continuerons à les laisser faire, ou nous les détruirons.
Nous ne voulons pas le voir, parce qu'ayant eu la chance de goûter plus longuement que nos pères aux joies et au confort de la paix, si relative soit-elle, nous avons très légitimement peur du
conflit.
Pourtant, aujourd'hui plus que jamais, nous avons davantage besoin de nous inspirer de Churchill que de Chamberlain. De Nizan et Suarès plus que de Serres.
Merci de m'avoir en réagissant permis de préciser un peu ma pensée ; et, par conséquent, vive la polémique!
Le débat académique, je le conchie depuis toujours. La pensée molle n'est pas une pensée, c'est une somnolente rumination entre animaux domestiques résignés.
Il est facile d’être optimiste les yeux fermés. Ce qui est beau et utile, c’est de le rester les yeux ouverts.
Allez, fermons le ban, je finirais par me prendre au sérieux, alors que je ne voulais que tenter de penser avec sérieux.

plagnol 02/01/2013 15:00

A propos de Michel Serres la chronique d' Olivier Cena à son sujet dans Télérama de cette semaine . J' aime bien Michel Serres mais c' est vrai ( Olivier Cena) il ne parle pas d' art . Je ne suis
pas certain que les nouvelles technologies modifient en profondeur la création artistique . Elles sont des changements , des révolutions technologiques de la communication comme l' ont été l'
imprimerie et le passage d l' oral à l' écrit . Révolutions essentielles c' est certain qui entrainent d' autres rapports au temps de la communication et aux savoirs , cela est certains , mais l'
art , lui intègrent les nouveautés techniques : images photos , reproductions des images , numériques , vidéos etc ... L' art , la peinture , la littérature ne sont pas soumis à ces nouveautés
techniques ; l' imprimerie n' était pas une révolution artistique , c' était une révolution technique donc avec des incidences sur l' économie et la transmission des savoirs . Bien sûr donc comme
le dit M Serres la technologie modifie notre rapport au monde . Je ne suis pas certain que le " multi culturalisme" produise des bouleversements si profonds . 3 L' horizontalité" internet de la
culture et de l' art peut produire un effacement de la notion de filiation historique , un affaiblissement de l' histoire dans sa verticalité ( l' histoire n' est pas qu' un arbre arborescent en
rhisomes) . le multiculturalisme peut produire des " cultures" communautaristes et une perte de ' l' universalité ( !?) . Le métissage est important , il peut faire évoluer , modifier la langue (
française) , les textos et twitters deviennent des haikus mais attention à l' affaiblissement de la langue , du parlé , de l' écrit . Je ne pense absolument pas comme le dit M Serres que internet
supprime le rapport " traditionnel à l' enseignant ( serres évoque les étudiants américains ...) Non je pense que les jeunes , les étudiants etc .. auront toujours besoin d' une voix , d' un corps
qui leurs transmet un savoir , une expérience , un témoignage ; Si le maitres à penser sont inutiles , la bienveillance d' un maitre pour transmettre est bien nécessaire constructeur et vivant( un
orchestre sans chef d' orchestre ! ?) . ( lu le commentaire d' Alain Salgault , quel déchainement de violence contre Michel Serres accusé de tous les maux .)

Alain Sagault 01/01/2013 20:57

Ton blog merde lamentablement pour les commentaires, la moindre erreur de frappe supprime tout. J'ai subi deux fois sa censure, tant pis je renonce. J'avais répondu en détail, je reviendrai sur le
cas Serres dans mon globe quand j'aurai le temps (j'ai tout de même mieux à faire…), je te mets seulement copie de mon court échange avec Bruhin:
"Rappelle-moi le lien entre Michel Serres et le diflubenzuron?
Pour répondre à ta très légitime question, je dirais qu'il n'y en a pas… sauf que la pensée de Michel Serres me paraît depuis longtemps aussi futile que dangereuse; sous une fallacieuse apparence
d'anticonformisme, elle relève à mes yeux d'une sorte d'optimisme scientiste particulièrement obtus, et d'autant plus malhonnête que nous voyons actuellement les résultats désastreux des 200 ans où
ce mode de pensée a prévalu. Je le considère comme toxique, parce que tout en prétendant nous faire découvrir les changements encours il en évacue les causes et les ocnséquences, nous encourageant
ainsi à l'autruchisme par une analyse particulièrement biaisée de la situation actuelle. Michel Serres part de faits indiscutables (et la plupart du temps évidents depuis longtemps) pour glisser
ensuite des hypothèses fumeuses et très discutables qu'il présente comme des faits acquis sans les avoir du tout démontrés. Ce n'est pas un philosophe, mais un rhéteur, un bonimenteur, qui n'aborde
jamais les vraies questions.
En bref, ce genre de conférencier de salon ne sert qu'à balayer la poussière sous le tapis et à abuser les gogos. Cela m'avait frappé il y a longtemps dans son livre "Le Parasite", puis dans"
Petite Poucette" et enfin sur France-Inter l'autre jour.
En cela, il est selon moi aussi toxique que le pesticide auquel je le compare, et l'audience béate qu'il a obtenu m'en paraît la preuve."

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