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28 juillet 2013 7 28 /07 /juillet /2013 17:08

Certains épisodes de la vie servent de révélateur. Ils coagulent impressions et ressentis avec une incroyable brusquerie. Rien de tel que le franchissement par un proche de la ligne d’horizon, qui le fait passer du regard au souvenir. L’infini du temps de la disparition se vit à l’immédiat.

Ce phénomène contradictoire rencontre le brusque changement d’état d’un fluide se transformant en solide. Mutation si rapide qu’elle ne laisse que le temps du constat. Le chaos précédent se fige tout à coup, la mue s’impose le temps d’un éclair. « L’éclair illumine toute chose », dès lors qu’il a crevé la nuit noire, le souvenir de l’entre-aperçu se fait premier plan occultant toute autre dimension.

Ce qui était n’est plus, ce qui au mieux était confusément envisageable devient évidence bouleversante. Cette affaire individuelle inopinée déroute aussi bien qui en est le sujet, que tous autres, perdus n’y comprenant rien, ignorants ce surprenant avatar inconcevable parce que su mais non prévisible. Pris au dépourvu, au lieu de se fier au silence, ils s’accrochent généralement aux bouées d’une parole supposée salvatrice alors qu’elle ne témoigne que d’un terrifiant désarroi, d’un absolu dénuement. Les mots les plus convenus passent à portée et s’agrègent aussitôt. Brochettes miséreuses, garnies de clichés, poncifs, lapalissades, platitudes, saupoudrés de conformisme agrémenté d’une bonne pincée de pauvreté langagière.

Que pourraient des mots face à l’immensité de l’inconcevable ?

S’entassent alors les condoléances, le nécessaire temps du deuil, le chagrin, la compréhension pimentée d’évocations de situations analogues, la compassion, si esthétique, les propositions d’aide, instantanément sincères mais sans objet, l’amitié et l’affection, l’une et l’autre jamais sollicitées mais énoncées sans aucune idée de suite, ainsi que le courage, comme si rencontrer une situation incontournable relevait de cette catégorie. Des mots mal enchaînés succèdent aux mots qui engendrent d’autres mots toujours aussi dénués de sens. Poupées russes alignées sur les étagères de la pensée en tube.

Parfois, d’autres tentent une diversion. Ils abondent des sujets courants, comme si rien n’était. Louable effort logorrhéique dont personne n’est dupe. Banalité inopérante, totalement inutile.

Les mots font obstacle, ils réduisent, catégorisent, enferment, polluent, s’opposent à tout intérêt. Ils désespèrent l’écoute. Ils transhument.

Parler, alors, sépare gravement.

A l’indicible ne pourraient tenter de correspondre que silence (habité), parfois musique, ou nuances colorées.

Bénéfique fulgurance de l’intransigeance !

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Published by Blogue-note de Jean Klépal - dans Langage Convention Silence
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commentaires

Outlook Express help 31/12/2013 13:44

Talking can never mean the complete thing at all. That is why the great leaders of the world held strong towards the motto talk less and do more. I too believe that leaders should talk less and do more so as to serve the very same people who elected them.

Don 31/12/2013 07:41

tube.
Parfois, d’autres tentent

fabien 12/09/2013 00:34

Mutation si rapide qu’elle ne laisse que le temps du constat...Oui !!!

fabien B. 12/09/2013 00:33

28 juillet 2013

fabien 12/09/2013 00:33

28 juillet 2013

fabien 12/09/2013 00:33

28 juillet 2013

fabien B. 12/09/2013 00:30

28 juillet 2013

Brigitte 29/07/2013 10:31

Sauf que, sauf que, ce désarroi face à la plus terrible des épreuves chacun la ressent et essaie comme il peut, comme il est, de sa place et de l'affection qu'il te porte, de t'apporter soutien et amitié. Cette épreuve oblige aussi à vivre avec les maladresses de chacun. Maladresses obligées face à la solitude imposée. Chacun propose de la vie, des moments, sa présence et c'est beaucoup non ? Rien ne comblera le vide. Rien. Alors il faut continuer avec ça et profiter de la douceur proposée par chacun et se protéger de sa propre violence.

LE PICARD FRANCOIS 29/07/2013 10:21

Jean,
Bonjour, je suis curieusement heureux de recevoir ce beau et juste texte, tu as repris l'envie d'écrire, moi j'ai envie de venir passer un moment avec toi, venir parler, échanger...je te fais un mail personnel dans ce sens.
Amitiés très fortes,
François

alain nahum 29/07/2013 10:09

cher Jean

Je n'ai pas de mot à ajouter à la justesse de ton ressenti, à la force et à la beauté émouvante de ton texte . Tes mots sondent au plus profond le sentiment de la disparition, de la perte, et du désarroi qui habite chacun de nous, au moment où les êtres aimés, avec qui on a partagé la route, la quitte pour fixer nos regards au delà de l'horizon.
Je t'embrasse.
Alain

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