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20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 11:16

Des photos de la « jungle » de Calais, début janvier 2016.

La vie s’organise, elle est plus forte que la coercition de l’État.

Une société se construit en marge, un grillage la sépare. Atrocité du cynisme officiel.

Il s’agit de la reconnaissance du droit à une existence individuelle.

Depuis les origines l’art et la culture sont essentiels, ils procèdent des besoins premiers.

Ils participent à la survie, au maintien de la dignité humaine.

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18 janvier 2016, le démantèlement de la « jungle » est engagé.

(Photos Alain Nahum – D.R.)

 « L’art c’est la vie » « L’art c’est la vie »
 « L’art c’est la vie » « L’art c’est la vie »
 « L’art c’est la vie » « L’art c’est la vie »
 « L’art c’est la vie » « L’art c’est la vie »
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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 16:02


Langage, écriture, et tout ce que nous nommons art voire culture, existent depuis des millénaires. Les notions de progrès, de croissance et de développement n’ont aucun sens dans ces domaines.

Il ne s’agit au mieux que de changements de points de vue, simplement propres à aborder les choses de manières différentes. Il s’agit de mises en perspective variables. Du plongeur de Paestum à Matisse et Picasso, du cascadeur d’Héraklion aux statuettes de Giacometti, de la Vénus de Lespugue aux Nanas de Niki de Saint-Phalle, de l’art pariétal au street art, etc.

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(Remarquons que ce n’est que depuis le quattrocento italien que l’art s’est paré d’une majuscule et qu’est apparue la notion d’artiste.[1] )

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Aujourd’hui, la pratique de l’art devrait pouvoir se comprendre comme une métaphore de la vie avec laquelle elle devrait naturellement se confondre. Langage, écriture, culture et art nous sont légués d’entrée de jeu. Le petit d’homme s’en saisit peu à peu, dès son jeune âge. Il en fait patiemment l’apprentissage, à mesure de ses découvertes.

Chacun s’en empare, et s’y confronte, pour entrer dans le jeu des relations sociales. Certains tentent quelques inflexions (abords créatifs, regard aiguisé, discours personnel...) susceptibles d’en modifier l’usage. Nous nommons artistes quelques-uns de ceux-là.

La vie nous est donnée, chacun en use à sa manière. Les conditions sont différentes, plus souvent imposées que délibérément choisies, chacun tente de faire avec, du mieux possible.

L’art, comme la vie, est tissé de contraintes. Partout des limites, des interdits sur lesquels rebondir. Depuis des lustres la recherche de détours pour enrichir la démarche nourrit l’expression artistique. Du Caravage avec le choix de ses modèles, en passant par les Impressionnistes, le cubisme et les diverses écoles du XXe siècle, jusqu’à nos jours.

L’art est par conséquent bien autre chose que ce produit labellisé art contemporain, qui n’est jamais qu’un hochet commercial de luxe figé parmi beaucoup d’autres, soumis aux aléas de la mode et des appétits de consommation superflue, uniquement préoccupé d’attirer l’attention.

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La puissance inégalable de l’Art réside dans sa capacité à provoquer du différé.

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[1] Voir Edouard Pommier – Comment l’art devient l’Art dans l’Italie de la Renaissance. Gallimard 2007, 539 p.

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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 15:52

C’est un petit livre écrit par un historien, professeur au Collège de France, et un cinéaste écrivain, à la suite des assassinats de janvier 2015, à Paris[1].

Mon propos consiste uniquement en une série de citations, passages soulignés au fil de la lecture. Donc propos partial.

Les auteurs parlent de la présentation d’un état d’esprit susceptible d’engendrer un débat. J’espère modestement y contribuer :

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« (Nous étions évidemment passés auparavant) par une série de décompositions démocratiques profondes.

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(Le 7 janvier) Chacun des petits personnages de ce qui s’écrira d’emblée comme « page d’histoire » va dire « Je suis Charlie » ... ils ne vont pas nous tuer tous quand même ? D’une certaine façon si...

Il y avait des morts ... faire le compte de ce qu’ils endeuillaient en nous.... la guerre, elle nous désoriente et nous ensauvage.

L’effet anesthésiant de ces flux d’images, déversés par les chaînes d’information continue...

Le plus effrayant : il y eut quelqu’un pour filmer cela de son balcon.

On s’est ingénié dans les jours qui suivirent à prouver que la liberté d’expression ne pouvait pas mourir – mais en est-on certain ?

La colère vient des années soixante-dix : le recours à la violence d’une partie de l’extrême gauche (mais aussi de l’extrême droite, en Italie particulièrement).

Perception (officielle) d’une dérive suicidaire pour occulter la masse des questions (adressées à la société).

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(Depuis lors) Accroissement de la violence symbolique exercée sur les individus par le capitalisme.

... les guerres lointaines du monde occidental ne peuvent se dire et se voir qu’à la manière d’opérations de police ... dans deux jours, on se surprendra à crier de bon cœur « Vive la police ! » pour rendre hommage aux dessinateurs assassinés de Charlie hebdo.

Nos corps poreux se laissent gagner par le lexique guerrier.

(À propos des « théâtres d‘opérations extérieures ») Théâtre : on y est spectateur et les rôles sont joués par des professionnels – Opération : la guerre une technique chirurgicale – Extérieure : au plus loin.

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(A Toulouse mars 2012) Assassinat d’un parachutiste français d’origine marocaine, deux militaires français d’origine algérienne, un militaire français d’origine guadeloupéenne est laissé pour mort, professeurs et rabbin, des élèves...

(Le musée juif de Bruxelles, mai 2014) après tout cela qu’avons-nous fait, sinon commencer à nous y habituer ? C’est ce qu’ils veulent.

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(Les tueurs de janvier 2015) La misère ? Peut-être, mais pas celle de la relégation, de l’exclusion ou de la pauvreté. La misère houellebecquienne des sentiments, des valeurs et des identités ... mélange de sentimentalisme et de désir d’action (qui) ne trouve pas d’autre issue que la grande cause mondiale de l’islamisme politique.

(Khaled Kelkal en 1995, Mohammed Merah en 2012) la vie banale, hésitante et fragile de jeunes Français de confession musulmane.

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(Le 11 janvier) La mention « Je suis Juif » ou « Je suis flic » était plus fréquemment brandie que « Je suis musulman » ... l’identité la plus absente était « Je suis athée ».

Spectacle stupéfiant que de voir l’ovation faite aux forces, armées et de l’ordre, et, à travers elles, le compliment adressé au trio Hollande, Valls, Cazeneuve. ... La situation a de l’envergure, elle les hisse au diapason.

Une quarantaine de chefs d’Etat et de gouvernement sont venus des quatre coins du monde fouler une centaine de mètres du pavé parisien, être là une dizaine de minutes, aux côtés des milliers et milliers de Parisiens, et incarner cette vision moderne du corps du roi, dans les rues de Paris les corps des manants ne sont pas à la traîne, ce sont plutôt les rois qui le sont.

Le blasphème comme la caricature sont une hygiène de la pensée...

On parle des dix-sept morts de ces trois rudes journées, alors qu’ils sont vingt. Il y a, incontestablement, dix-sept victimes, mais vingt morts ... personne n’en voulait de ces trois corps là.

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(14 janvier) assassiner des Juifs, des musulmans sous l’uniforme français et des journalistes de Charlie hebdo, c’était frapper ceux que l’on n’aime vraiment pas sans pouvoir se l’avouer, c’était raviver de vieilles blessures, administrer aux foules assemblées une fulgurante leçon

d’histoire.

Le djihadisme nous oblige à considérer le fait que le carnage organisé s’est inventé en même temps que la démocratie.

Laïcité : qui dira que ce que nous exigeons des musulmans, aujourd’hui, jamais la République ne l’a obtenu des catholiques...

Il arrive aussi que les dangers annoncés ne soient pas ceux qui font le plus de mal, et que c’est en croyant les prévenir qu’on précipite le pire.

Du 7 au 11 janvier, les représentants politiques de la France ont porté une parole publique que l’on aurait pu croire plus irrémédiablement dégradée ... voyez, depuis, comment ils se relâchent : c’est que nous les serrons plus d’assez près ... le temps presse ... Tout est à refaire.

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[1] Patrick Boucheron / Mathieu Riboulet – Prendre dates (Paris, 6 janvier-14 janvier 2015) – Verdier 2015, 137 p.

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8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 16:00

« Le gouvernement veut étendre les pouvoirs de la police » titre Le Monde du 5 janvier 2016 :

« C’est un important renforcement des pouvoirs du parquet, de la police et des préfets dans la lutte antiterroriste que le gouvernement est décidé à mettre en œuvre, selon le projet de loi qu’il a transmis au Conseil d’Etat (...) Malgré la succession de lois antiterroristes depuis vingt ans, et notamment celle de novembre 2014 et celle sur le renseignement de juillet 2015, le gouvernement de Manuel Valls est convaincu que la police dispose d’outils insuffisants face à la menace terroriste. D’où la déclaration de l’état d’urgence le soir même des attentats de Paris et Saint-Denis, le 13 novembre. »

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Progressivement nous passons d’un régime pseudo-démocratique puisque oligarchique, à une dictature « libérale-nazie ». Le pouvoir judiciaire, celui des magistrats, ne représentera bientôt plus qu’un ensemble d’obstacles dérisoires, l’état de droit pourra être remisé au magasin des accessoires surannés. Une fois proclamé et installé dans la durée, l’état d’urgence devient difficile à abolir. Voilà pourquoi il faut lui trouver des habits neufs, indémodables.

La crispation identitaire se fonde sur un besoin de sécurité contraire à celui de liberté, plus ou moins assimilée à un luxe excessif. L’étranger, l’autre, est considéré comme un envahisseur dont il convient de se défendre. Il menace notre mode de vie et nos traditions. Nous avons besoin par conséquent de défenses immunitaires. Peu importe leur efficacité réelle.

Nous nous acheminons ainsi à pas feutrés mais pressés vers quelque chose d’analogue à la défense de la race.

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Outrance, exagération grossière, pessimisme déraisonnable, pourront objecter quelques esprits aveugles, timorés, naïfs ou complaisants. Soit, mais les faits sont là, incontournables et têtus.

Les ignorer, refuser de les prendre en compte, apparait surprenant, au moins tout à fait étrange. Et pourtant...

« L’urgence est là, l’urgence commande, il n’est plus temps de réfléchir, la barbarie est à nos portes, il faut la prendre de vitesse, » quitte à se perdre comme le souhaitent les terroristes, qui ne peuvent que se frotter les mains.

Il y a certainement mieux à faire que de répondre à la barbarie par des mesures du même acabit, dissimulées il est vrai sous un masque à visage humain.

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En fin de compte, ce qui semble importer avant tout, c’est de donner des gages à un électorat volatil pour assurer une réélection en 2017. (S’accrocher comme le bigorneau à son rocher, ai-je déjà écrit sur ce blogue en novembre 2014.)

Pour ce faire, le Pouvoir s’emploie à ensevelir les fadaises à quoi quelques rêveurs songent encore en persistant à s’attacher aux principes mêmes de la Démocratie. Ne serait-ce que l’égalité fondamentale entre chacun, quelles que soient les origines, la culture ou la religion.

Plus question de céder aux vieilles lunes.

Le Pouvoir avant tout ! Peu importe le prix !

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Giorgio Agamben, philosophe italien, analyse clairement le processus (interview récent dans Le Monde).

Pour lui, l’état d’urgence a toujours accompagné les dictatures, qu’il a contribué à asseoir. Il se situe dans le contexte d’une transformation radicale du modèle qui nous est familier. Il ne saurait en rien défendre la démocratie.

« Les historiens savent parfaitement que c’est le contraire qui est vrai. L’état d’urgence est justement le dispositif par lequel les pouvoirs totalitaires se sont installés en Europe. Ainsi, dans les années qui ont précédé la prise du pouvoir par Hitler, les gouvernements sociaux-démocrates de Weimar avaient eu si souvent recours à l’état d’urgence (état d’exception, comme on le nomme en allemand), qu’on a pu dire que l'Allemagne avait déjà cessé, avant 1933, d’être une démocratie parlementaire. (...) On ne voit pas pourquoi un pareil scénario ne pourrait pas se répéter en France : on imagine sans difficulté un gouvernement d’extrême droite se servir à ses fins d’un état d’urgence auquel les gouvernements socialistes ont désormais habitué les citoyens. Dans un pays qui vit dans un état d’urgence prolongé, et dans lequel les opérations de police se substituent progressivement au pouvoir judiciaire, il faut s’attendre à une dégradation rapide et irréversible des institutions publiques. »

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Sous prétexte de sécurité, une nouvelle forme de gouvernement s’instaure, c’est-à-dire une nouvelle forme de relations entre les personnes, qui est celle d’un contrôle général et permanent. L’entretien de la peur en représente l’outil majeur. Le discours officiel, univoque, bannit toute réflexion alternative, oriente les regards et occulte ce qui autrement pourrait susciter des contestations : remise en cause des droits élémentaires, destruction progressive des droits acquis de haute lutte par les générations antérieures, mise à bas de pans entiers de ce qui fonde la République.

Les commémorations de ce janvier 2016, loin de susciter un consensus structurant la société, participent de cet entretien sournois de la peur, fondement de l’État de Sécurité qu’on nous impose en lieu et place de l’État de Droit.

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France, « Mère des Arts, des Armes et des Lois », Patrie des Droits de l’Homme, héritière des Lumières ?

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La peur légitime toutes les décisions autoritaires. Les institutions publiques se lézardent. La population se dépolitise, les sondages représentent de plus en plus le substitut à une vie politique et citoyenne réelle. L’État veille, il organise les mouvements d’opinion par des clivages au sein de la population, manière de signaler l’ennemi à combattre (juifs hier, musulmans aujourd’hui, déchéance sélective demain).

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Des artistes opiniâtres, des créateurs, travaillent, des amateurs passionnés tentent de les repérer et de les accompagner. Des personnes ancrées dans le refus de toute vérité révélée alimentent des réseaux d’échanges de réflexions, d’idées, de propositions alternatives. Des protestations, des initiatives parfois surprenantes, se font jour.

Le monde court à sa perte, dans le même temps, il tente de se réinventer. Tendons l’oreille, observons ce qui se passe ailleurs, à côté de nous. (...) Plus que jamais, ouvrir grands les yeux et les oreilles, plus que jamais cultiver l’intransigeance, plus que jamais place à l’Art, place à la création, formidables ferments de résistance.

J’écrivais cela fin décembre 2015 dans ce blogue (« Bouteilles à la mer »).

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Il n’y a plus de temps à perdre. Vite, vite, que puissent coaguler les initiatives porteuses, jugulées, tues, occultées, asphyxiées par les médias officiels.

S’informer et faire savoir ! Faire circuler la parole ! Notre avenir est entre nos mains, encore un peu, pour un temps. La messe n'est pas tout à fait dite.

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(Pierre Boulez est décédé. Je lui dois la musique contemporaine. Paris, Avignon, Édimbourg)

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3 janvier 2016 7 03 /01 /janvier /2016 11:04

Une nouvelle année, ou bien simplement une année de plus ?

Quelle nouveauté espérer, qu’attendre d’un simple changement numérique ?

Des vœux ? Dérisoire d’une tradition essoufflée.

Le spectacle est bien parti pour continuer. Business as usual.

Les nains se frottent les mains, le nez collé à la vitre média métrique et sondagière.

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Le FN n’a conquis aucune Région, il se satisfait d’avoir conquis les esprits. L’aile marchante du PS se débrouille parfaitement toute seule pour ameublir le terrain et faire le gros du travail à sa place. Le quotidien italien il manifesto titre « François Le Pen ». Outrance ? Sans aucun doute, mais significative d’une terrible perte de repères et d’une confusion mortifères.

La priorité est moins d’affronter directement le FN (ce qui ne sert semble-t-il qu’à le renforcer en valorisant le piège de ses diatribes), que de s’attaquer avec vigueur à ce qui le rend possible et le nourrit : mensonges, démissions, faux semblants, complicités, vaines promesses, fanfaronnades, égoïsmes partisans, abandons majeurs, impuissance à renouveler les interlocuteurs ...

Une digue, c’est bien, mais toujours fragile tant qu’on n’a pas traité l’amont.

Les prises de position théoriques ou idéologiques, pour importantes qu’elles soient, ne valent plus grand chose en elles-mêmes, tant l’érosion les a taraudées depuis des décennies. Les concrétisations, c’est-à-dire les actes tels qu’ils sont posés, référés bien sûr à des principes à revigorer, comptent désormais davantage.

Eriger et défendre des symboles est évidemment nécessaire, mais loin d’être suffisant dans un monde déboussolé.

Annoncer des mesures, les réputer inefficaces dans le même temps, et les revendiquer en tant que symbole relève au minimum de la stupidité absolue, sachant que s’en tenir à cette idée de stupidité se révèle vite un peu courte.

Face au développement du théo-fascisme qu’elle ne sait comment aborder, l’impuissance avoue son complet désarroi, elle hurle en pure perte. Pathétique du naufrage annoncé, dans lequel nous nous trouvons embarqués.

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Déjà dit et redit (le répétera-t-on jamais assez ?), il faut tout repenser. Pas seulement au niveau de l’ensemble du personnel politique, obsolète, décrédibilisé, inadapté.

Nous avons tous une responsabilité, nos manières de vivre ensemble, notre respect des règles publiques, sont évidemment en cause. C’est du quotidien qu’il s’agit d’abord, de notre rapport à l’autre, chacun là exactement où nous sommes.

Le vote, les élections, oui bien sûr, voter ne pas voter, coups d’épée dans l’eau ?

S’en tenir strictement à ce rituel comporte une bonne dose d’hypocrisie mâtinée de laisser-aller, de laisser-faire, d’indifférence souvent complice.

« L’urgence de désobéir » titre L’âge de faire dans son numéro de janvier 2016.[1]

«... un foisonnement d’initiatives invente d’autres formes d’économie, de vie quotidienne et politique » précise ce journal alternatif dans un dossier spécial.

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Récemment, une amie artiste me déclara qu’à propos du rapport à l’autre il s’agit moins de différence que d’écart à considérer, et à admettre. La différence suppose un terme auquel on se réfère, tandis que l’écart implique une égalité de situation, précisa-t-elle.

[1] Cf. Ce blogue – Epistoles improbables -, « Connaissez-vous l’âge de faire ? », mars 2015

Lagedefaire-lejournal.fr

Vous avez dit déchéance ?
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24 décembre 2015 4 24 /12 /décembre /2015 16:39

Dans le Neuf-Quinze, gazette quotidienne du site Arrêt sur image, du 22 décembre 2015, ces quelques lignes très explicites :

« Ne savent que ceux qui veulent savoir. Ne sont informés que ceux qui souhaitent s'informer. C'est vieux comme l'information. Est-ce une raison pour baisser les bras ? C'est pour les autres, qu'il faut faire le travail, répond Samuel Laurent, chef décodeur au Monde, les millions de personnes "qui partagent de bonne foi des choses fausses". Autrement dit, le faire pour qui en voudra bien. Lancer de petites bouteilles à la mer. Sans se laisser paralyser par la question de l'efficacité. »

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Oui, il s’agit bien de ne pas se lasser, de ne pas céder au climat ambiant, de ne pas se laisser gagner par la pression des médias dominants. Il n’y a pas que Marine Le Pen, son vieux papa teigneux et sa vorace jeune nièce. Il n’y a pas que Bernard Tapie, inoxydable Zorro, et l’annonce de son tonitruant retour. Il n’y a pas que Hollande et ses finasseries opportunistes, Sarkozy et son agitation pathogène. Les mécomptes de Christine Lagarde ou de Michel Platini ne sont pas les seules informations à évaluer au diapason de la pitoyable pensée immédiate, formatée et cadenassée.

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Si l’on veut savoir, il suffit d’ouvrir yeux et fenêtres. A condition, bien entendu, d’en éprouver le désir, et d’en accepter le risque, qui est celui de la réflexion et de la lucidité. Un coup d’air frais peut parfois perturber ; il se révèle cependant toujours tonique.

Que peut-on alors apercevoir ?

Au-delà des raisons de se lamenter, de s’alarmer avec juste raison à propos d’un avenir immédiat plus que préoccupant, des signes encourageants, épars, divers, humbles, sont à saisir, à notre portée comme un terreau fertile n’attendant que sa mise en culture.

Culture, quelle ambiguïté ! Non seulement ce qui est acquis, dont on fait son miel, mais également ce qui va progressant en se développant, ce qui favorise la croissance. Ce qui colore et enrichit la vie même, surtout peut-être, la plus courante. Ce qui aide à vivre debout.

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Pourquoi ne pas scruter de temps à autre le versant ensoleillé, trop souvent négligé ? (En veillant toutefois à ne pas tomber pour autant dans l’angélisme.)

Aussi surprenants qu’un vol d’étourneaux, des signes sont perceptibles à qui regarde ou écoute. Des signes de refus du fatalisme, des signes d’attention non seulement à soi, mais aussi à l’autre, comme un sursaut. La vie quotidienne, pas seulement à Marseille, en est tissée. Des gestes très simples, souvent maladroits, des petits rien, et alors ? Ils existent. Tout n’est pas perdu. L’entraide, la solidarité, la simple cordialité au jour le jour, ça existe. On ne le dit sans doute pas assez car les pisse-vinaigre et autres augures de malheurs ont en permanence pignon sur rue. Il faut s’accrocher. Il faut dire Non, et regarder ailleurs. Ou bien entretenir les éléments de sa propre servitude et creuser sa propre tombe.

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Sanglés, bottés, décorés, les Matamores ne sont jamais que des colosses aux pieds d’argile. Leur hargne tient au sentiment qu’ils ont de leur fragilité. Ce qui, à l’évidence, les rend dangereux. Refuser d’amplifier leur voix, de la relayer, compte une incroyable puissance. Songeons à ce que deviendraient ces nains de jardin si la clientèle leur faisait défaut. Ne faire que s’opposer aux pervers, malins, et autres malades assoiffés de pouvoir, en les dénonçant, ne sert qu’à les renforcer dans leur existant. Les ignorer (ce qui ne veut pas dire en oublier l’existence ; il convient bien sûr de demeurer vigilant) et inventer des conduites de détour, telles que des propositions alternatives, est bien plus efficace. S’attaquer de manière frontale au mur le transforme en muraille imprenable hautement justifiée. Le contourner le rend dérisoire, inutile.

Commençons par là !

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L’Art, l’écriture, sont une réponse lorsqu’ils tentent d’aller à l’essentiel, qui est de s’interroger en permanence et de se garder des certitudes. Art et écriture, des viatiques.

Les bouteilles à la mer naviguent dans les marges. C’est dans les intervalles, dans le discret ancré sur des choix profonds, des choix de vie autres que ceux d’emprunter les voies rapides des certitudes officielles, qu’il convient de butiner.

Généralement auréolé de la peste des apparences, rien d’officiel sans doute ne vaut.

Des artistes opiniâtres, des créateurs, travaillent, des amateurs passionnés tentent de les repérer et de les accompagner. Des personnes ancrées dans le refus de toute vérité révélée alimentent des réseaux d’échanges de réflexions, d’idées, de propositions alternatives. Des protestations, des initiatives parfois surprenantes, se font jour.

Le monde court à sa perte, dans le même temps, il tente de se réinventer. Tendons l’oreille, observons ce qui se passe ailleurs, à côté de nous.

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Cacochymes, les partis sont à l’agonie. Ils sont aux mains de morts vivants. La politique pue la charogne ; Le Politique est en passe de renaître de ces monceaux de cendres.

Plus que jamais, ouvrir grands les yeux et les oreilles, plus que jamais cultiver l’intransigeance, plus que jamais place à l’Art, place à la création, formidables ferments de résistance.

« Réveillons » : cette période de l’année offre l’occasion de prendre ce terme au mot.

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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 11:52

Il ne nous reste plus, pour l’instant, qu’à pousser nos petits chants de colibris dans notre entourage immédiat.

Actions de voisinage, actions de convivialité, de partage et, surtout, de réflexion. Faire de notre mieux, ici et maintenant, avec notre proximité, et nous efforcer de relayer le plus possible les initiatives porteuses, c’est-à-dire reproductibles et généralisables que nous côtoyons.

Le long terme importe plus que jamais. Un long terme qu’aucun parti ne questionne.

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La lente montée assurée du FN, le terrorisme et les peurs immédiates qu’il engendre, la terrible crise écologique très insuffisamment prise en charge à l’échelle mondiale, nous ont conduits à la désastreuse situation nationale (et internationale) que nous connaissons. A la trappe messieurs et mesdames les décideurs !

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La fin d’une époque est signée par la disparition suicidaire du PS qui se retire des régions et son incitation à choisir entre la peste et le choléra (Chronique d’une mort annoncée).

La malfaisance de ce parti tient essentiellement à son absence de pensée, à sa soumission délibérée à l’ordre établi, à son suivisme électoral, à la somme de ses mensonges.

Guy Mollet dans les années 50, François Hollande aujourd’hui, deux lamentables sabres de bois, fort dangereux néanmoins.

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Se rencontrer, agir à son échelle personnelle, s’informer, faire savoir, résister. Plus que jamais.

Oui Léo, Les temps sont difficiles.

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 15:36

39, 41, 34, 23, 37, 24, 54, 33, 42, 44, 46, 28, 32, 29, 27, 26, 36, jour après jour, les âges, les noms et les photos des victimes s’alignent sur le site « En Mémoire » du quotidien Le Monde en un « visuel interactif » (sic) permettant de savoir où ils sont morts. Cent trente cases au moins d‘un columbarium seront ainsi remplies. Une sorte de calendrier de l’Avent.

Jour après jour, l’horreur, la révolte, et l’émotion sont distillées. Le voyeurisme est entretenu et encouragé. Obscénité totale de la perversion, en poussant à peine plus loin, l’interactivité sordide du visuel pourrait même aller jusqu’à découvrir les points d’impact, en un clic ou deux.

Nous avons là une manifestation primaire du désastre dans lequel nous sommes collectivement plongés depuis ce fatal 13 novembre 2015.

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A juste titre Le Monde appelle ça une « galerie ». Les morts ont une place, on les ordonne pour les exposer au regard des vivants. Cette galerie mémorielle participe des mises en scène officielles ou non, manipulations politiques de l’émotion collective, Cour d’honneur des Invalides, Place de la République, ou autres lieux. Par ces honneurs et ces célébrations, on récupère les morts qu’on arrache une seconde fois à leurs proches, de sujets ils deviennent objets, on les instrumentalise, au profit d’une cause bien au-delà de chacun d’entre eux. Le politique se repait de ces... aubaines. Il s’empare des morts. Marseillaise et drapeaux tricolores !

L’affect collectif est si fort, que l’illusion d’une compassion officielle peut abuser le plus grand nombre, familles et proches sans doute compris, leur désarroi les fragilisant au maximum.

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Par ces rituels nécessaires aux vivants pour affronter l’idée même de leur propre fin se trouve généreusement entretenu un univers de la bonne conscience, c’est-à-dire du refus de regarder la complexité de la réalité, masque commode à porter par quiconque évite toute confrontation sérieuse entre soi et le monde alentour.

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La facilité de la description uniforme, photo, âge, notice biographique, occulte la place d’une indispensable réflexion, dont elle diffère le moment. Mieux que différer, elle dissout sans doute cette nécessité dans l’univers mental collectif, bientôt sollicité par une actualité qui ne manquera pas de survenir et d’entretenir la machine du décervelage.

Avec sa mise en scène de l’émotion, complaisante, morbide et sélective, Le Monde installe une réaction très ordonnée contre le désordre et l’imprévu du terrorisme. Il réduit ainsi le champ de perception de l’événement à une identification des victimes selon le lieu de leur assassinat. Il émiette, il ponctue.

Réduction perceptive opposée à une élaboration de la pensée. Nous sommes appelés à demeurer le nez à la vitre. Penser l’événement dans la multiplicité de ses composantes est un risque à éviter de toutes forces.

L’état d’urgence se charge du reste, en parallèle.

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Plus de mille morts à Dacca, au Bangladesh, en mai 2013, dans l’effondrement d’une usine textile travaillant pour nos « grandes marques ». Près de deux mille morts dans le scandale sanitaire du Médiator révélé en 1998.

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Sûr de lui Le Monde nous dit où il faut regarder, ce qu’il faut regarder, et comment regarder.

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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 09:03

 

[Si peu de temps après la survenance du massacre commis à Paris le 13 novembre 2015, la sidération étant si forte, parler d’art peut paraitre prématuré, sinon inconvenant. J’ai d’abord différé la publication de ce papier, puis je m’y suis résolu, estimant nécessaire d’essayer de quitter le champ des émotions en tentant de modestement contribuer à une réinstauration de la pensée.

L’art et une réflexion sur l’art comme un étayage vital, comme un refus de l’innommable, de la soumission à une barbarie qui voudrait nous soumettre à ses lois en nous barbarisant.]

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Résidant à Arles, Gabriel Delprat n’est connu que de quelques-uns. Cela ne l’empêche pas de travailler avec acharnement depuis des décennies. Son œuvre est multiple, considérable et passionnante. Il fait partie de ces nombreux artistes au talent certain dont les circuits officiels se soucient comme d’une guigne. Peut-être parce qu’il est trop peintre et pas du tout courtisan.

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Les éditions Actes Sud viennent de publier les textes[1] qu’il a rédigés à l’occasion d’une magnifique exposition de ses œuvres (septembre-octobre 2015), à la chapelle Sainte-Anne, à Arles : « L’oubli des raisons », un ensemble de dessins, toiles, et photographies sur le thème des lieux et des traces du passage de Van Gogh à Arles.

Déjà, en 2007, il s’était confronté au souvenir lancinant avec des travaux présentées tant à l’Espace Van Gogh, qu’à la Chapelle du Méjean.

Saisi par l’intensité des propositions, j’avais à l’époque rédigé le texte suivant :

« Une salle ingrate comme un coffre-fort bas de plafond aux portes armées de barreaux. Nous sommes dans les murs où Van Gogh fut interné à la fin du siècle dix-neuvième. L’espace Van Gogh à Arles, coursives, patio jardiné, est aménagé, bureaux, commerces, lieu iconique d’exposition. Les apparences sont sauves. Arles ne possède rien de Van Gogh, sinon le souvenir récupéré, dénaturé, hagiographié, milliardisé post mortem, souvent offensé par des œuvres de circonstance sacrifiant à l’anecdote. Arles, Paris, Amsterdam, ailleurs aussi, le peintre christique est une (bonne) affaire.

Travaillant en Arles, Gabriel Delprat est hanté par ce voisinage. Comment échapper ? Ici tout y mène.

Opiniâtre, notoriété ou pas, habité d’une nécessité, Delprat s’acharne. Seul ou presque, il va son chemin, qu’il ne peut éviter. La peinture, le regard sur la peinture, ont basculé. Cela ne se peut ignorer. Rien à proclamer, rien à faire briller, un état de fait bouleversant, un cri sourd.

Il y a tout juste vingt ans, il a dessiné, dessiné jour après jour le jardin qui accueillit un Van Gogh jugé indésirable par ses voisins. Le jardin déplié dit-il. Des hachures de crayon colorées, soigneusement maîtrisées et ordonnées, pour visiter un canevas, pour le tramer, l’explorer, le creuser, le préciser, l’interroger. Un long parcours obstiné, intime, sans fioritures, acharné, exigeant, semé de dizaines de pièces offertes à notre regard. Ici, l’écriture patiente et fébrile d’une confrontation péremptoire.

Il lui a fallu aller jusqu’au bout de soi-même pour s’épuiser d’un sujet impossible à éviter. Ici, ni clinquant, ni factice, un artiste livré à lui-même se constitue en silence comme son propre sujet. Impressionnant.

Quatre encoignures plus loin, notre homme montre un ensemble fourni de toiles et de dessins récents. Arles et Van Gogh le taraudent toujours autant. Le végétal tient une grande place dans son œuvre. Il s’est longuement confronté aux herbages de la Crau ; aujourd’hui les platanes, seuls éléments subsistants du temps de Van Gogh, organisent une trame nouvelle, écho du jardin déplié. Toiles et dessins de 2006-2007 façonnent une suite modulée. Souvent furtive, parfois occultée, la silhouette de Van Gogh jalonne le parcours, ainsi que l’évocation de sa maison ou des personnes qu’il côtoya sans doute. Traces suggérées dans le flou de la mémoire collective. Empreintes sensibles du corps de l’artiste inscrivant son geste sur la toile.

L’art actuel est plus à guetter dans les recoins élidés que dans la mondanité marchande. »

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Dans ses textes récents, « Les Giotto de la maison jaune », qu’il sous-titre très joliment « un récit de peintures », Delprat se saisit d’un personnage énigmatique peint par Gasiorowski en 1984 pour scruter le Bacio di Giuda par Giotto, et aboutir à Van Gogh.

Des textes courts articulent des allers retours entre le café de la dispute avec Gauguin, la chambre de Vincent, sa réserve d’images, et la maison close outre remparts où il offre son oreille coupée à Gaby-Rachel. Chemin faisant, nous découvrons une relation saisissante entre la fresque de Giotto, le probable moine de Gasiorowski et Van Gogh. Voici ce qu’en écrit Delprat :

« C’est souvent dans les détails que quelque chose d’insolite advient et donne l’impulsion pour créer du singulier. En poursuivant l’étude de la fresque de Padoue, de nouveaux éléments sont apparus au sujet du moine. En effet, si l’on prend comme point de référence sa tête, son regard se porte sur trois personnages : l’apôtre Pierre, Malchus, un sbire de Caïphe, et un jeune homme dont le profil inversé atteste qu’il fuit les soldats. (...) (Le moine) est ... le seul à voir Pierre qui tente d’arrêter Malchus en lui portant un coup de poignard à l’oreille. On voit nettement que celle-ci se détache de la tête et ne tient plus que par un morceau de chair. (...) »

Il poursuit, un peu plus avant : « ... l’intérêt profond de Van Gogh pour Giotto, sa connaissance des Ecritures, sa maladie, la forte dose de soleil méditerranéen, l’alcool et le travail intense : autant d’éléments réels qui rendent plausibles la fascination de l’acte de Pierre et l’impact de l’image sur son comportement lors d’une crise. C’est une hypothèse de peintre. »

Il termine enfin, parlant de l’homme à la capuche (un moine, un voleur ?), dont la présence est affirmée par le tableau de Gasiorowski : « L’homme de dos, c’est le peintre dans la peinture, celui qui voit sans être visible et qui est la source d’où s’échappera l’indicible. »

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C’est passionnant, c’est puissant, c’est à lire, évidemment.

 

[1] Gabriel Delprat – Les Giotto de la maison jaune – Actes Sud, 48 p., octobre2015, 12 €

Gabriel Delprat, peintre, tout à fait peintre
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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 18:02

Les propos qui suivent s’appuient en grande partie sur un article rédigé par Noël Mamère (Médiapart – 17 novembre 20015).

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La nécessité de répondre avec une extrême vigueur au défi lancé par les attentats les plus récents est une indiscutable évidence. Aucune réserve à ce sujet ne saurait être recevable.

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Voici environ 15 ans qu’une guerre se déroule, ailleurs, à distance suffisante pour qu’on s’en émeuve peu.

Bombardements, assassinats ciblés, attaques de drones, ont mis en place les conditions de ripostes sauvages, aveugles, très difficilement maitrisables.

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Dans son papier Noël Mamère qualifie l’union sacrée de défaite de la pensée.

Il me semble qu’il a parfaitement raison, car l’émotion très légitime l’emporte aujourd’hui sur la réflexion, qu’elle annihile d’emblée. Un sondage récent confirme cette assertion : 84% des Français seraient favorables à plus de sécurité au détriment des libertés, affirme BFMTV le 18 novembre. Passez, muscade ! Le sondage le révèle, c’est donc vrai.

Voici comment on assoit la soumission à une logique de guerre.

Voici comment en un tournemain on rejoint le camp des faucons.

Voici comment on dissimule des désaccords fondamentaux au bénéfice d’une logique du tout sécuritaire.

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Quelle part est faite dans les décisions prises à la nécessité de ne pas lâcher nos principes ? Accepter de les écorner, c’est entrer dans le jeu de l’ennemi.

Prendre des mesures drastiques est indispensable, s’en tenir à cela va à l’évidence dans le sens de Daesh. Nous passons du vulnérable au manipulable.

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L’Etat islamique cherche à provoquer des représailles, il s’en réjouit à coup sûr, cela ne peut que le conforter dans son entreprise planétaire de terrorisme au service d’un projet politique totalitaire de prise de possession de la planète.

Nous sommes confrontés à un fascisme religieux, mâtiné de nazisme. Ceci n’a sans doute pas grand-chose à voir avec l’Islam. Les musulmans sont d’ailleurs parmi les premières victimes de ces militants fascistes religieux. Il semble bien qu’une prise de conscience de cette situation avance à grands pas.

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L’expérience des quinze dernières années montre combien les seules interventions militaires sont vouées à l’échec. Combien elles sont contre productives car elles suscitent à coup sûr de terribles vocations.

Pour indispensables qu’elles soient, ces interventions doivent être encadrées par une politique résolue de défense de la Liberté. C’est-à-dire par une recherche d’égalité et de solidarité, faute de quoi nous risquons de tomber dans les errements d’un Patriot Act et d’un Guantanamo à la française.

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Renforcer le renseignement, la Justice et la police sur le terrain, OUI ! Mais pas seulement.

Ne pas réviser rapidement notre politique étrangère vis-à-vis des Etats complices des djihadistes, ne pas se saisir de la question palestinienne pour forcer sa résolution, c’est s’en tenir à des effets de manchettes et des coups de menton martiaux. Alors NON !

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Comme le dit Noël Mamère en conclusion de son article, c’est l’humanité qu’on assassine un peu partout dans le monde.

La seule union sacrée qui vaille, c’est celle d’une révolte généralisée contre la barbarie, le mensonge et le faux-semblant, d’où qu’ils émanent.

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