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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 10:54

Mâchoires crispées, des paroles martiales, des déclarations guerrières, un bombardement répressif.

Oui, il faut réagir, parer au pus pressé.

Mais aussi, s'interroger, se demander toute affaire cessante quoi faire, comment le faire, pour agir sur l'amont, sur ces situations pathogènes venues de si loin, entretenues depuis si longtemps.

L'incendie est déclenché, il fait rage, le combattre est indispensable.

En reconnaître les causes, les analyser (les études et réflexions à ce sujet ne manquent pas), et très vite enfin intervenir vraiment, autrement qu'en vaines paroles. S'en donner les moyens, s'inscrire dans la durée, pour tenter de radicalement modifier ce terreau mortifère entretenu par la relégation, l'exclusion, le chômage sélectif, l'indifférence, etc.

Le tout répressif ne peut qu'alimenter le conflit.

Le tout répressif c'est entrer dans la logique d'en face, c'est se laisser piéger.

Il y a quelque chose d'infantile dans l'air martial de nos dirigeants. Ils veulent montrer leurs muscles, croyant bêtement rassurer leur électorat. Ils croient sans doute masquer leur impuissance, leur parfait dénuement, leur ignorance. La logique guerrière ne peut en aucun cas constituer la réponse unique, car, par sa surenchère, elle ne peut qu'envenimer les choses.

Nous sommes confrontés à une difficulté majeure, énorme, si considérable que le silence de le réflexion devrait l'emporter. L'inflation verbale avec ses phrases creuses est aussi un risque majeur.

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Published by Blogue-note de Jean Klépal - dans Attentats
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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 10:02

Je reçois d'un correspondant, animateur d'un réseau de réflexion (GLOBAL SOCIETY NETWORK - Plate-forme internet www.globalsociety.ch) – l’article suivant dont la pertinence me semble justifier le relais.

>

1970-2015 CINQ DÉCENNIES D'IMPUISSANCE POLITIQUE

>

Qu'il s'agisse des industriels du Club de Rome, d'écologistes progressistes tel René Dumont ou Lester Brown, de scientifiques comme René Dubos, de philosophes de la nature comme Théodore Monod, de grandes voix se sont élevées depuis les années 70 pour alerter les responsables politiques sur les effets dévastateurs du développement hyperproductiviste mis en oeuve par les états. Tout a été décrit depuis les années 80 dans le rapport Brundlandt "Notre avenir à tous" et par les études scientifiques les plus sérieusement étayées.

Le Sommet de la Terre de 1992 lança le premier grand coup de semonce aux dirigeants des nations réunis à Rio. Lors du Sommet suivant à Johannesburg en 2002, le président de la République française fit ce disours historique rédigé par l'écologiste français Nicolas Hulot "Notre maison brûle et nous regardons ailleurs..."

La dernière salve fut donnée avec la série de films grand-public, notamment "La vérité qui dérange" de Al Gore en 2008, "Home" de Yann Arthus Bertrand l'année suivante, "Le Syndrome du Titanic" de Nicolas Hulot en 2009t. Hollywood participa également au combat écologique. Parmi les stars mondiales, Leonardo di Caprio réalisa en 2007 le film "La 11ème heure, le dernier virage" pour sonner l'alarme auprès des internautes et du grand-public.

Quelle incidence sur la classe dirigeante des nations? Rien ou peu de choses. Les réponses sont toujours a minima de ce qu'il conviendrait d'entreprendre. Les chefs d'état -rassemblés désormais au sein du G20- ne font toujours preuve d'aucune vision stratégique, d'aucune envergure dans l'action, d'aucune vraie volonté de changement. Bien au contraire. Les solutions furent notamment d'investir massivement dans le pétrole non conventionnel dont l'extraction est hautement polluante, de décréter le Cercle arctique nouvel eldorado des compagnies pétrolières ou de forer au plus près de la barrière de corail australienne. Une politique de Gribouille qui retarde de quelques décennies seulement l'épuisement des ressources fossiles sans pour autant préparer l'avenir.

Le fait est que les géants du marché mondialisé dominent le jeu face aux démocraties. Celles-ci sont aujourd'hui doublement affaiblies. Limitées à leur niveau national, elles ne peuvent agir sur des problématiques devenues pour la plupart globales. En second lieu, tous les gouvernements servent les intérêts des grands groupes qui financent les candidats aux présidentielles et contrôlent l'information par la manne publicitaire. C'est le business as usual qui perdure avec sa quête cupide de profitabilité à court terme, faisant bien peu de cas des souffrances humaines et des impératifs environnementaux. Si le COP21 à Paris est un événement utile, nous savons déjà que les engagements ne seront pas contraignants et que le slogan électoral "la croissance pour l'emploi" masquera toujours les pratiques les moins vertueuses. On peut citer le nucléaire présenté comme "zéro émission de CO2", la monoculture brésilienne dévastatrice des biocarburants, la culture extensive de l'huile de palme et autres aberrations présentées comme des avancées écologiques. Un magistral contresens sur la conception du progrès est commis par ceux qui nous gouvernent. Jamais le futur n'a été aussi fermé.

Faudra-t-il attendre que les dirigeants du G20 soient jugés responsables et coupables par le Tribunal de l'histoire? En tant que citoyens, devons-nous rester les bras croisés en observant les crises se succéder et la planète atteindre un seuil de détérioration irréversible? Car notre avenir en tant que civilisation humaine est en jeu si on laisse faire ceux qui agissent aujourd'hui en notre nom. Les faits sont là. Au lieu d'investir massivement dans une reconversion durable du système hyper-productiviste actuel, tout ce que les grandes puissances ont su faire depuis les années 2000, c'est de gaspiller en pure perte près de 8.000 milliards de dollars dans des guerres contre-productives en Afghanistan et en Irak conduisant à une explosion du terrorisme, à l'État Islamique et à ses filiales Boko Haram, etc... Après 2008, le fait d'arme de nos gouvernants fut d'attribuer plusieurs milliers de millions de dollars d'argent public pour sauver un système bancaire responsable du krach de Wall Street et de l'effondrement du système mondial. Si le sauvetage des banques too big to fail fut nécessaire pour éviter le pire, cela développa une crise des déficits publics et des politiques d'austérité - en Europe notamment - imposant d'inutiles sacrifices aux populations sans régler pour autant les problèmes de fond.

Face à toutes ces crises qu'ils ont eux-mêmes laissé se développer, les mesures de protection de l'environnement et la réduction des émissions de CO2 pour stabiliser les climats sont considérées dans les milieux d'affaires comme des entraves au commerce et à la compétitivité de nature à pénaliser la croissance et les jobs. Un raisonnement simpliste autant que falsificateur qui accélère les catastrophes naturelles et les tragédies humaines.

Parvenu à un tel stade d’inconséquence, il faut oser dire que trop c'est trop et que les chefs d'état qui se pavanent sur la photo au terme des sommets du G20 ou de l'ONU ne représentent qu'eux-mêmes et les intérêts des groupes industriels, bancaires, de la distribution ou de la communication qui les ont porté au pouvoir.

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2016-2020 LA SOCIÉTÉ CIVILE, FORCE MOTRICE D'UN CHANGEMENT DURABLE

Internet offre à des centaines de millions de personnes la possibilité de dire un grand NON aux politiques néolibérales absurdes - pour ne pas dire suicidaires - mises en œuvre au sommet des états et des institutions mondiales du commerce et du crédit.

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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 10:02

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Qu'il s'agisse des industriels du Club de Rome, d'écologistes progressistes tel René Dumont ou Lester Brown, de scientifiques comme René Dubos, de philosophes de la nature comme Théodore Monod, de grandes voix se sont élevées depuis les années 70 pour alerter les responsables politiques sur les effets dévastateurs du développement hyperproductiviste mis en oeuve par les états. Tout a été décrit depuis les années 80 dans le rapport Brundlandt "Notre avenir à tous" et par les études scientifiques les plus sérieusement étayées.

Le Sommet de la Terre de 1992 lança le premier grand coup de semonce aux dirigeants des nations réunis à Rio. Lors du Sommet suivant à Johannesburg en 2002, le président de la République française fit ce disours historique rédigé par l'écologiste français Nicolas Hulot "Notre maison brûle et nous regardons ailleurs..."

La dernière salve fut donnée avec la série de films grand-public, notamment "La vérité qui dérange" de Al Gore en 2008, "Home" de Yann Arthus Bertrand l'année suivante, "Le Syndrome du Titanic" de Nicolas Hulot en 2009t. Hollywood participa également au combat écologique. Parmi les stars mondiales, Leonardo di Caprio réalisa en 2007 le film "La 11ème heure, le dernier virage" pour sonner l'alarme auprès des internautes et du grand-public.

Quelle incidence sur la classe dirigeante des nations? Rien ou peu de choses. Les réponses sont toujours a minima de ce qu'il conviendrait d'entreprendre. Les chefs d'état -rassemblés désormais au sein du G20- ne font toujours preuve d'aucune vision stratégique, d'aucune envergure dans l'action, d'aucune vraie volonté de changement. Bien au contraire. Les solutions furent notamment d'investir massivement dans le pétrole non conventionnel dont l'extraction est hautement polluante, de décréter le Cercle arctique nouvel eldorado des compagnies pétrolières ou de forer au plus près de la barrière de corail australienne. Une politique de Gribouille qui retarde de quelques décennies seulement l'épuisement des ressources fossiles sans pour autant préparer l'avenir.

Le fait est que les géants du marché mondialisé dominent le jeu face aux démocraties. Celles-ci sont aujourd'hui doublement affaiblies. Limitées à leur niveau national, elles ne peuvent agir sur des problématiques devenues pour la plupart globales. En second lieu, tous les gouvernements servent les intérêts des grands groupes qui financent les candidats aux présidentielles et contrôlent l'information par la manne publicitaire. C'est le business as usual qui perdure avec sa quête cupide de profitabilité à court terme, faisant bien peu de cas des souffrances humaines et des impératifs environnementaux. Si le COP21 à Paris est un événement utile, nous savons déjà que les engagements ne seront pas contraignants et que le slogan électoral "la croissance pour l'emploi" masquera toujours les pratiques les moins vertueuses. On peut citer le nucléaire présenté comme "zéro émission de CO2", la monoculture brésilienne dévastatrice des biocarburants, la culture extensive de l'huile de palme et autres aberrations présentées comme des avancées écologiques. Un magistral contresens sur la conception du progrès est commis par ceux qui nous gouvernent. Jamais le futur n'a été aussi fermé.

Faudra-t-il attendre que les dirigeants du G20 soient jugés responsables et coupables par le Tribunal de l'histoire? En tant que citoyens, devons-nous rester les bras croisés en observant les crises se succéder et la planète atteindre un seuil de détérioration irréversible? Car notre avenir en tant que civilisation humaine est en jeu si on laisse faire ceux qui agissent aujourd'hui en notre nom. Les faits sont là. Au lieu d'investir massivement dans une reconversion durable du système hyper-productiviste actuel, tout ce que les grandes puissances ont su faire depuis les années 2000, c'est de gaspiller en pure perte près de 8.000 milliards de dollars dans des guerres contre-productives en Afghanistan et en Irak conduisant à une explosion du terrorisme, à l'État Islamique et à ses filiales Boko Haram, etc... Après 2008, le fait d'arme de nos gouvernants fut d'attribuer plusieurs milliers de millions de dollars d'argent public pour sauver un système bancaire responsable du krach de Wall Street et de l'effondrement du système mondial. Si le sauvetage des banques too big to fail fut nécessaire pour éviter le pire, cela développa une crise des déficits publics et des politiques d'austérité - en Europe notamment - imposant d'inutiles sacrifices aux populations sans régler pour autant les problèmes de fond.

Face à toutes ces crises qu'ils ont eux-mêmes laissé se développer, les mesures de protection de l'environnement et la réduction des émissions de CO2 pour stabiliser les climats sont considérées dans les milieux d'affaires comme des entraves au commerce et à la compétitivité de nature à pénaliser la croissance et les jobs. Un raisonnement simpliste autant que falsificateur qui accélère les catastrophes naturelles et les tragédies humaines.

Parvenu à un tel stade d’inconséquence, il faut oser dire que trop c'est trop et que les chefs d'état qui se pavanent sur la photo au terme des sommets du G20 ou de l'ONU ne représentent qu'eux-mêmes et les intérêts des groupes industriels, bancaires, de la distribution ou de la communication qui les ont porté au pouvoir.

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Qu'il s'agisse des industriels du Club de Rome, d'écologistes progressistes tel René Dumont ou Lester Brown, de scientifiques comme René Dubos, de philosophes de la nature comme Théodore Monod, de grandes voix se sont élevées depuis les années 70 pour alerter les responsables politiques sur les effets dévastateurs du développement hyperproductiviste mis en oeuve par les états. Tout a été décrit depuis les années 80 dans le rapport Brundlandt "Notre avenir à tous" et par les études scientifiques les plus sérieusement étayées.

Le Sommet de la Terre de 1992 lança le premier grand coup de semonce aux dirigeants des nations réunis à Rio. Lors du Sommet suivant à Johannesburg en 2002, le président de la République française fit ce disours historique rédigé par l'écologiste français Nicolas Hulot "Notre maison brûle et nous regardons ailleurs..."

La dernière salve fut donnée avec la série de films grand-public, notamment "La vérité qui dérange" de Al Gore en 2008, "Home" de Yann Arthus Bertrand l'année suivante, "Le Syndrome du Titanic" de Nicolas Hulot en 2009t. Hollywood participa également au combat écologique. Parmi les stars mondiales, Leonardo di Caprio réalisa en 2007 le film "La 11ème heure, le dernier virage" pour sonner l'alarme auprès des internautes et du grand-public.

Quelle incidence sur la classe dirigeante des nations? Rien ou peu de choses. Les réponses sont toujours a minima de ce qu'il conviendrait d'entreprendre. Les chefs d'état -rassemblés désormais au sein du G20- ne font toujours preuve d'aucune vision stratégique, d'aucune envergure dans l'action, d'aucune vraie volonté de changement. Bien au contraire. Les solutions furent notamment d'investir massivement dans le pétrole non conventionnel dont l'extraction est hautement polluante, de décréter le Cercle arctique nouvel eldorado des compagnies pétrolières ou de forer au plus près de la barrière de corail australienne. Une politique de Gribouille qui retarde de quelques décennies seulement l'épuisement des ressources fossiles sans pour autant préparer l'avenir.

Le fait est que les géants du marché mondialisé dominent le jeu face aux démocraties. Celles-ci sont aujourd'hui doublement affaiblies. Limitées à leur niveau national, elles ne peuvent agir sur des problématiques devenues pour la plupart globales. En second lieu, tous les gouvernements servent les intérêts des grands groupes qui financent les candidats aux présidentielles et contrôlent l'information par la manne publicitaire. C'est le business as usual qui perdure avec sa quête cupide de profitabilité à court terme, faisant bien peu de cas des souffrances humaines et des impératifs environnementaux. Si le COP21 à Paris est un événement utile, nous savons déjà que les engagements ne seront pas contraignants et que le slogan électoral "la croissance pour l'emploi" masquera toujours les pratiques les moins vertueuses. On peut citer le nucléaire présenté comme "zéro émission de CO2", la monoculture brésilienne dévastatrice des biocarburants, la culture extensive de l'huile de palme et autres aberrations présentées comme des avancées écologiques. Un magistral contresens sur la conception du progrès est commis par ceux qui nous gouvernent. Jamais le futur n'a été aussi fermé.

Faudra-t-il attendre que les dirigeants du G20 soient jugés responsables et coupables par le Tribunal de l'histoire? En tant que citoyens, devons-nous rester les bras croisés en observant les crises se succéder et la planète atteindre un seuil de détérioration irréversible? Car notre avenir en tant que civilisation humaine est en jeu si on laisse faire ceux qui agissent aujourd'hui en notre nom. Les faits sont là. Au lieu d'investir massivement dans une reconversion durable du système hyper-productiviste actuel, tout ce que les grandes puissances ont su faire depuis les années 2000, c'est de gaspiller en pure perte près de 8.000 milliards de dollars dans des guerres contre-productives en Afghanistan et en Irak conduisant à une explosion du terrorisme, à l'État Islamique et à ses filiales Boko Haram, etc... Après 2008, le fait d'arme de nos gouvernants fut d'attribuer plusieurs milliers de millions de dollars d'argent public pour sauver un système bancaire responsable du krach de Wall Street et de l'effondrement du système mondial. Si le sauvetage des banques too big to fail fut nécessaire pour éviter le pire, cela développa une crise des déficits publics et des politiques d'austérité - en Europe notamment - imposant d'inutiles sacrifices aux populations sans régler pour autant les problèmes de fond.

Face à toutes ces crises qu'ils ont eux-mêmes laissé se développer, les mesures de protection de l'environnement et la réduction des émissions de CO2 pour stabiliser les climats sont considérées dans les milieux d'affaires comme des entraves au commerce et à la compétitivité de nature à pénaliser la croissance et les jobs. Un raisonnement simpliste autant que falsificateur qui accélère les catastrophes naturelles et les tragédies humaines.

Parvenu à un tel stade d’inconséquence, il faut oser dire que trop c'est trop et que les chefs d'état qui se pavanent sur la photo au terme des sommets du G20 ou de l'ONU ne représentent qu'eux-mêmes et les intérêts des groupes industriels, bancaires, de la distribution ou de la communication qui les ont porté au pouvoir.

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2016-2020 LA SOCIÉTÉ CIVILE, FORCE MOTRICE D'UN CHANGEMENT DURABLE

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26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 10:50

Migrations, fuites éperdues, naufrages, meurtres, anonymat, faim, solitude, barrières, murs de défense, barbelés, préjugés, principes, idéologies, limites, résistances, violences, absolutisme, vols, destructions, droit du plus fort, peurs, rejets, exclusions, privilèges, mensonges, pusillanimité, cynisme, police, administration, rétention, enfermement, expulsions, routine... notre époque est décidément très riche et très inventive.

Tout cela se révèle et s’incruste non seulement dans nos modes de penser, nos façons de vivre, mais aussi notre environnement urbain. Les traces qu’impriment les citadins sur leur milieu en témoignent.

La ville élabore une histoire secrète, elle raconte notre monde, souvent à notre insu.

Un livre paru l’été dernier, présenté sur ce blogue, aborde ces questions sous l’angle de la photographie du non habituellement vu.[1]

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Photographe urbain, Alain Nahum traque en permanence ce qui échappe et pourtant fait sens.

Il photographie aussi bien des passages piétons sans cesse meurtris par le piétinement et les véhicules, que des rebuts divers abandonnés au trottoir, ou des affichages sauvages où s’inscrivent surtout le désir d’exister et le besoin de rompre une solitude. Les témoignages ainsi établis rendent compte d’histoires cachées, humbles et éphémères, que l’on ignore couramment. Ils renvoient à un imaginaire dans la lignée du surréalisme, grand pourfendeur de frontières entre les genres.

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Par le biais d’une saisie des limites implicites, entre des populations et des mondes différents, ces œuvres constituent un témoignage des métamorphoses continues de la cité.

Si, grâce à l’apprentissage du regard, l’une des fonctions de l’art est de nous alerter sur le monde qui nous entoure et la place que nous y tenons, l’apparition d’un nouveau centre d’intérêt mérite d’être signalée.

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Depuis quelque temps apparaissent, pas seulement à Paris, des amoncellements de sacs blanchâtres emplis de gravats et débris divers. Jusqu’à présent lorsque des travaux d’entretien ou de rénovation avaient lieu, nous voyions apparaître de lourdes bennes métalliques, que des camions spécialement équipés venaient relever. La circulation automobile devenant de plus en plus difficile ce type de collecte tend à disparaitre, au bénéfice de ces sacs blancs, relativement aisés à manier.

Le regard que l’artiste leur applique pousse à une réflexion sur les notions de rejet, de mise en quarantaine, de regroupement forcé, de barrières frontalières ou non, de repli sur soi, mais aussi de résistance et de refus.

Le chevauchement des sacs empilés, silhouettes souvent recroquevillées à l’abri du caniveau, clame l’isolement et la détresse de ces petits groupes de pauvres hères que nous rencontrons désormais presque à chaque encoignure. Ils font partie d’un quotidien que nous ignorons le plus souvent, auquel nous nous habituons doucement. La détresse est à notre porte, elle ne gêne que dans la mesure où elle encombre.

Les empilements saisis au hasard de leur découverte évoquent la force sourde des murailles cyclopéennes de Mycènes, la violente inanité des frontières (déjà soulignée par Pascal), l’inutile prétention des forteresses médiévales ruinées par les assauts.

La ville nous oppose la métaphore de notre aveugle et impuissante prétention à demeurer figés dans notre arrogance imbécile.

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Clichés Alain Nahum ©

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[1] Alain Nahum-Jean Klépal « Émergences – regards sur la ville », Parenthèses éd., juin 2015.

Métaphores urbaines
Métaphores urbaines
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21 septembre 2015 1 21 /09 /septembre /2015 21:46

Oh, le beau, le nécessaire, le très pertinent petit livre !

Benoît Duteurtre, romancier, essayiste, et critique musical, vient de publier un saisissant apologue de la société libérale avancée. Le chemin de fer et son évolution en sont une figure emblématique.

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A l’heure où M. Macron, notre très efficace Ministre de l’Economie jamais en panne d’idées novatrices, tire à boulets rouges sur la Fonction publique et les fonctionnaires, B. Duteurtre termine son ouvrage par un vibrant « Eloge du service public », qui n’a rien à voir avec ce qu’un nostalgique du temps d’avant pourrait avancer. Il s’attache en toute clarté à dénoncer le double langage officiel consistant à clamer l’attachement au secteur public (SNCF, Poste, Santé) tout en le jugulant pour qu’il adopte les règles de fonctionnement du privé, ce qui ne peut qu’entraîner son inéluctable déclin.

En une centaine de pages vigoureuses c’est de la dégradation de la SNCF comme emblème des méfaits du développement actuel du monde que traite ce livre.

« J’ai parfois l’impression que le mouvement moderne du monde qui nous a donné le confort, la vitesse et la liberté, s’évertue parallèlement à gâcher nos existences en les enfermant dans une inépuisable série de contraintes : nouvelles méthodes comptables, gains de rentabilité, règles de sécurité, interdictions de toute sorte, suppression de services, promotion des marques... »

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La transformation progressive des gares en aéroports, c’est-à-dire leur mue en centres commerciaux aseptisés, sortes « d’entreprises planétaires ... réduites au même alignement de logos », provoque à droite comme à gauche l’enthousiasme de commentaires célébrant « une avancée magnifique de cette transformation d’une gare en supermarché.» Gare Saint-Lazare, gare de l’Est, bientôt gare du Nord, puis d’Austerlitz, subissent le grand chambardement qui, non seulement, voit anéantir toute convivialité, toute possibilité de pas perdus, mais impose un incroyable inconfort et une grande complexité (robots, suppression des consignes à bagages, interminables files d’attente, disparition des endroits où se poser, accès souvent difficiles, etc.) à des usagers devenus simples clients dont la vie quotidienne est très loin d’être simplifiée.

« Les gares-aéroports », gares TGV situées en rase campagne, « témoignent d’une profonde indifférence à l’idée même de maillage ferroviaire permettant au voyageur de se rendre d’une ville à l’autre. » De plus, seulement atteignables par le biais d’itinéraires spéciaux, elles contribuent aux multiples désagréments de la circulation routière, comme à son développement.

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En 1937, les fondateurs de la SNCF tenaient à une stricte équité sur l’ensemble du territoire. « Le sacro-saint prix unique du kilomètre faisait primer la possibilité ... d’accéder au transport ferroviaire, quelle que soit la rentabilité de tel ou tel segment du réseau. » Et « L’ensemble du réseau bénéficiait ... de soins identiques. ( ...) Tout a changé dans les années 1990 avec le développement du TGV et le lancement d’un nouveau système de gestion... »

Désormais la SNCF est divisée en activités, en secteurs plus ou moins rentables, en marques (TGV, Eurostar, Thalys, etc.), ce qui permet de moduler et de complexifier les tarifs. « Aujourd’hui, le prix du kilomètre peut varier d’un à quatre. »

Selon un processus classique, des lignes secondaires sont jugées déficitaires, leur entretien est peu à peu réduit au nom de la rentabilité des investissements, l’abandon progressif dans lequel elles se trouvent engendre une sérieuse dégradation, on finit par constater que leur remise en état serait hors de proportion, on décide alors de les fermer, et un Ministre de l’Economie décide de développer le transport par cars... CQFD.

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Ces constats n’empêchent pas l’auteur de reconnaitre une forme de progrès avec les TGV. Mais à quel prix ? La vitesse est privilégiée au détriment du plaisir et du confort du voyage. Disparition des buffets de gare, des wagons restaurant, au bénéfice de ces sordides voitures-bar où un vendeur-serveur-encaisseur employé par un sous-traitant ne parvient pas à satisfaire la clientèle. Malgré tout, cela coûte encore trop cher et la voiture-bar est de plus en plus « exceptionnellement fermée ».

Un service rendu n’est plus qu’une source de déficit à combler. Au détriment du service lui-même, bien entendu, mais là n’est pas le problème. La SNCF, comme beaucoup d’autres, sous-traite à son client lui-même le travail du vendeur (les pétroliers ont les premiers fait cela en supprimant les « pompistes » et La Poste enchaîne allègrement avec le développement des automates).

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La grande misère de la restauration à bord des TGV apporte une réflexion sur la disparition de ces buffets de gare de plus en plus transformés en réfectoires « bas de gamme ». Evocation du buffet de la gare de l’Est, « temple de la choucroute », du Train bleu, gare de Lyon, inscrit aujourd’hui dans une chaîne internationale. En province, il semble que les dégâts soient encore plus considérables.

Evocation également de la magie révolue des voyages permettant de passer agréablement d’un point à un autre. Epoque où la Compagnie internationale des wagons-lits était garante de « la supériorité du train sur toutes les autres formes de voyage terrestre », alors qu’aujourd’hui il faut « entasser le maximum de passagers dans chaque voiture ... sans aucun service en contrepartie. »

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Bien avant M. Emmanuel Macron, c’est Margaret Thatcher qui a libéralisé la circulation des autocars. Et pourtant, les inconvénients de ce type de transport sont nombreux : pollution, embouteillages, inconfort pour se mouvoir, entassement, lenteur, laideur des gares routières... « Loin de résister, la SNC investit elle-même dans sa filiale Idbus. »

>

La sécurité des transports ferroviaires se dégrade inexorablement (nous avons encore en tête l’accident de Brétigny-sur-Orge, en juillet 2013). Les retards dus au mauvais entretien des voies et la détérioration du matériel roulant sont de plus en plus fréquents. Il est vrai que le réseau ferré exige l’entretien de tout un maillage de voies et d’équipements s’accommodant mal de l’exigence d’une rentabilité immédiate maximale. De ce fait, les tarifs ne pourront que continuer à augmenter, et les voies secondaires, à disparaitre.

Les syndicats de cheminots alertent sur la fragilité du réseau, l’administration fait la sourde oreille et tente de gérer la misère et la pauvreté engendrées par le « tout TGV », tandis que l’opinion est régulièrement mobilisée contre des cheminots nantis.

>

Voici clairement et simplement brossé un tableau des méfaits du démantèlement des services collectifs (la question de l’Education nationale mériterait elle aussi une analyse analogue) par la puissance publique, au nom de l’idéologie du changement, d’une gestion soi-disant rigoureuse, de la nécessité de faire des économies, de la vitesse, et des impératifs d’une communication réussie, devenue l’obsession de tout gouvernement.

La violence et la nocivité de la modernité que l’on veut nous imposer ne peuvent qu’entrainer une irrémédiable dégradation de nos conditions de vie.

Prendre le temps d’un arrêt et d’une réflexion à chaque fois que l’on veut nous proposer une évidence nouvelle, relève de la plus élémentaire hygiène mentale.

Benoît Duteurtre – La nostalgie des buffets de gare – (Payot, 2015, 110 p, 14 €)

Benoît Duteurtre – La nostalgie des buffets de gare – (Payot, 2015, 110 p, 14 €)

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Published by Blogue-note de Jean Klépal - dans SNCF; Service public; Economie; Modernisation
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13 septembre 2015 7 13 /09 /septembre /2015 18:40

Eschyle (vers 525-456 AC) a probablement composée en 463 AC sa tragédie « Les Suppliantes ».

Cinquante filles de Danaos, roi de Libye, fuient avec leur père pour éviter un mariage forcé avec les fils d’Egyptos. Elles abordent au pays d’Argos, et demandent hospitalité et protection au roi Pelasge, contre les Egyptiens qui les poursuivent.

Après avoir consulté son peuple, le roi Pélasge consent et repousse la demande de restitution présentée violemment par un Héraut égyptien.

L’abus du droit devient injustice et transforme les victimes innocentes en coupables, semble nous dire Eschyle.

Personnages :

- le chœur des Danaïdes

- Démos, leur père

- Pélasge, roi d’Argos

- le Héraut des Egyptiens

>

Extraits (traduction Jean Grosjean, Tragiques grecs, bibliothèque de La Pléiade).

>

Danaos, notre père et notre conseil

Qui conduit notre exode, a supputé les souffrances

Et choisi celle au moins glorieuses

De follement fuir par les houles marines

>

Mes filles, il faut de la prudence ...

Songe à céder : tu es indigente, étrangère, bannie ;

Parler haut convient mal aux faibles

>

Vous ne vous êtes pas assises au foyer de ma maison

Or si c’est la ville entière qui est entachée

C’est au peuple entier d’y porter remède,

Et moi je ne puis rien promettre

Avant d’en avoir parlé à tous

>

Que la souillure soit à mes ennemis,

Mais je ne puis vous secourir sans préjudice.

Pourtant mépriser vos prières est insensé.

Je suis désemparé, mon cœur s’effraie d’agir

Et de ne pas agir et de saisir un destin

>

Il est pour nous d’un grand prix d’avoir rencontré un protecteur si scrupuleux.

Mais faites-moi escorter de gardes et de guides

...

J’ai naturellement l’aspect d’un étranger,

Car l’Inachos et le Nil ne nourrissent pas la même race

Craignons que la confiance n’enfante des alarmes :

On peut tuer un ami faute de le connaître

>

Les Argiens décidèrent à l’unanimité

Et mon vieux cœur en fut ragaillardi

...

Persuadée, la nation pélasgique acquiesçait

>

Intervient le Héraut des Egyptiens. Il veut prendre possession des Danaïdes

>

J’ordonne d’aller à la felouque de retour

Le plus vite possible. Point de flânerie

...

Bientôt vous verrez beaucoup de seigneurs, les fils d’Egyptos.

Soyez tranquilles, vous ne serez plus sans maîtres

>

Le roi Pélasge s’oppose au Héraut, qu’il chasse avec détermination. Puis :

>

Entrez, avec mes compagnons, dans la ville forte

Que ceint la construction altière des remparts.

Il s’y trouve beaucoup de demeures d’Etat.

On a bâti pour moi-même sans lésiner.

Vous avez là mainte riante maison à partager,

Mais il y a des maisons où demeurer seul

Si c’est votre préférence.

Vous n’avez qu’à choisir l’avantage et l’agrément.

Je suis votre protecteur et tous les citoyens aussi

Car c’est leur décision qui s’exécute.

>

>

C’était il y a environ vingt-cinq siècles, en Grèce.

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5 septembre 2015 6 05 /09 /septembre /2015 10:39
Quelle place pour la Culture ?

Coincée les produits d’entretien, notamment des sacs poubelles, et la crèmerie, après les liquides, l’épicerie et la charcuterie, la Culture se faufile sur un ticket de supérette.

La Culture de Supérette est représentée par un tube de colle. La culture sert donc à assembler et à maintenir. Voici qui n’est pas rien.

De plus, la Culture ça entretient et ça se tartine comme le beurre.

Donc, à la fois, lien et lubrifiant.

Par quel heureux hasard, un informaticien chargé des logiciels interactifs d’une chaine commerciale apparemment loin du souci culturel est-il parvenu à cette fulgurante évidence ? Par quel heureux hasard cette information subversive peut-elle se maintenir subrepticement ? La publicité subliminale n’est donc par forcément à rejeter, comme la langue d’Esope (charcuterie) elle peut avoir un côté bénéfique.

Merci au vaillant inconnu auquel nous devons cette révélation, aussi courageuse que perturbante.

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 06:45

« Je trouve intéressante la distinction que l'on veut établir entre les migrants économiques, à savoir ceux dont la pauvreté tient à la pauvreté physique du pays dont ils sont issus, et ceux dont la pauvreté est générée par une organisation déplorable », m’écrit un correspondant toujours prompt à commenter l’actualité.

Il apparait en effet depuis peu qu’un souci majeur se fait jour chez les analystes témoins du fait quotidien : alors que l’afflux de personnes fuyant leur pays d’origine, en quête de sécurité, donne lieu à de véritables scènes d’horreur aux marges de l’Europe, une préoccupation sémantique revêt tout à coup une importance de première grandeur. Comment nommer et distinguer ces infortunés ? Migrants, réfugiés (politiques ou économiques), clandestins ?

Face à une situation dépassant les capacités de réaction des gouvernements européens, face à l’impuissance généralisée, débattre du mot le plus convenable pour désigner et répertorier les malheureux en perdition est évidemment un bon moyen pour gagner du temps, minorer l’atrocité des situations, et dégager notre responsabilité. Bel exemple de déni.

Il est évidemment plus intéressant de distinguer les uns des autres que de mettre en œuvre des mesures d’urgence pour leur porter assistance.

Le journal Libération titrait le 28 août : « Migrants et réfugiés : des mots aux frontières bien définies. » Ainsi savoir nommer permettrait d’avancer vers la résolution de la question. Puérile naïveté offensante, ou cynisme effronté.

Les frontières ne sont pas que lexicales...

Cette confortable confusion marque le recul terrifiant de la conception que nous nous faisons aujourd’hui de l’importance des droits élémentaires propres à tout être humain. Nous sommes loin, bien loin, de ce que nos ancêtres nous ont inculqué.

La préoccupation langagière éloigne, et redouble l’étrangeté des personnes en cause. Migrant n’est pas immigrant, c’est-à-dire destiné à s’établir en un nouveau lieu de résidence. Migrant signifie l’errance à jamais, aucun espoir de stabilisation n’est envisageable. Dès lors, la réponse la plus forte à leur opposer n’est que l’érection de barrières de plus en plus sophistiquées, car, bien entendu, aborder le traitement des causes du phénomène n’est nullement de notre ressort.

Piteux, pitoyable, misérable !

Quant aux réfugiés, qu’ils soient politiques (les plus dangereux, sans doute) ou économiques (les plus encombrants, à coup sûr), souvenons-nous du sort qui fut réservé à leurs aînés en provenance d’Espagne dans les années 36-39 du siècle précédent. Des camps d’internement attendirent rapidement ceux que l’on assimilait à des délinquants, alors qu’ils fuyaient la dictature et la guerre.

Sic transit gloria mundi.

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Ainsi, il ne s’agit plus dans bien des cas que de querelles d’apothicaires, tandis que Néron s’autorise à déclamer alors que Rome brûle, et que le Premier Ministre, toujours martial et déterminé, depuis la tribune de La Rochelle appelle à accueillir en France les migrants qui « fuient la guerre, les persécutions, la torture, les oppressions (...) Chaque demande d’asile doit être examinée, rapidement », a-t-il ajouté. Les migrants « doivent être traités dignement, abrités, soignés », a-t-il poursuivi. « Notre devoir, c’est de trouver des réponses durables, fondées sur des valeurs : humanité, responsabilité, fermeté. » (Le Monde 30/08/2015) Puissent ces belles résolutions trouver un écho... au sein du gouvernement !

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28 août 2015 5 28 /08 /août /2015 10:45

Au tournant des siècles 19 et 20, une série d’attentats et d’attaques à main armée défrayèrent la chronique politique et judiciaire.

On se souvient aujourd’hui encore de François Ravachol (1859-1892), de Jules Bonnot (1876-1912) et sa bande, comme d’Auguste Vaillant (1861-1894) lançant une bombe dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale, ou de Sante Geronimo Caserio (1873-1894) l’assassin du Président Sadi Carnot, à Lyon.

Les uns et les autres sont des laissés pour compte, ayant connu une enfance très perturbée, totalement paumés, très influencés par la lecture de textes anarchistes dans lesquels ils ont trouvé une justification à leur révolte ainsi que des voies pour mener une lutte radicale contre une société injuste qu’ils abhorrent.

Certains d’entre eux sont devenus après leur mort symboles d’une révolte désespérée contre la société et l’Etat qui la défend, ils ont même parfois revêtu une apparence mythique au-delà des milieux anarchiques. Le cinéma, la chanson, se sont emparés de l’un ou l’autre.

« Voilà pourquoi j’ai commis les actes que l’on me reproche et qui ne sont que la conséquence logique de l’état barbare d’une société qui ne fait qu’augmenter le nombre de ses victimes par la rigueur de ses lois qui sévissent contre les effets sans jamais toucher aux causes » a déclaré Ravachol lors du procès qui le conduisit à la peine capitale.

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Curieux parallèle avec ce que nous connaissons aujourd’hui. Étonnement que personne apparemment n’ait jusqu’à présent établi le rapprochement. On glose sur les ismes et la nécessité du renforcement de la sécurité, rien de plus. Naïveté ou erreur d’interprétation, j’aimerais bien recueillir des avis là-dessus.

Plus d’un siècle plus tard, les mêmes causes, misère, chômage, inculture, exclusion, rigidité des principes, produisent semble-t-il les mêmes effets. Si cela est vrai chez nous, ça l’est également aux États-Unis où les tueries succèdent aux tueries, à intervalles rapprochés.

Révolvers et kalachnikov d’une part, répression d’autre part, font office d’antiseptique social. Les apparences de la démocratie reculent chaque jour un peu plus, cela suscite à peine des commentaires.

Rien n’a vraiment changé, attentats ciblés ou aveugles, djihadisme et islamisme ont simplement remplacé anarchisme. Ils permettent d’évacuer on ne peut mieux les causes profondes des dérives que nous savons. Ces causes sont si profondes, leur traitement remettrait de manière si radicale les fondements de l’organisation sociale, que s’y attaquer véritablement parait non seulement hors de portée, mais tout à fait hors de pensée.

Deux discours extrémistes, celui des ennemis irréductibles de la société actuelle, comme celui de ses défenseurs acharnés, s’annihilent l’un l’autre.

Le progrès est nul, l’acharnement à ne rien modifier au-delà des apparences est totalement suicidaire.

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