Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 22:51

« Nomade » est le titre générique de la série. Il s’agit de peintures de formats variés.

<

Un personnage, seul, vu de dos, chemine une sorte de rêverie désertique. De tableau en tableau sa position n’est pas la même. Il est donc question d’un parcours. La vision est toujours frontale, la silhouette semble pénétrer peu à peu la densité d’un rideau de scène où chatoie un brouillard coloré très lumineux. Les matières sont opulentes, l’or est présent, et cependant ces œuvres sont empreintes d’humilité, désencombrées de tout accessoire. L’ambiance minimale pourrait renvoyer à Turner ou à Claude Monet. Nous sommes dans la peinture-peinture. Libre, joyeuse, somptueuse, fière d’elle-même.

<

Ces peintures répétitives, presque obsessionnelles ?

Elles racontent une histoire, pour chacun, à chacun. Proches de la perfection, elles demandent d’être prolongées par un apologue personnel.

Il est fort difficile de passer sans réagir, de les affronter sans s’arrêter. L’artiste, maître en nomadisme, nous tient sous son regard. Il a quelque chose à nous faire dire.

Quelles intuitions nous visitent-elles, pour quelles vérités ?

La Vie sans doute. La Vie rendue possible et attractive par les lueurs, parfois les éclats, du lointain. Si fortes, si totalement présentes, qu’elles s’imposent et emplissent la totalité du champ de vision. Impossible de leur échapper. Alors commence la longue marche d‘un apprentissage jamais fini. Le nomadisme ignore la cesse.

Il convient de viser ces lueurs les sachant inatteignables. Tenter seulement de progresser jusqu’au plus près, comme de parvenir à la margelle du puits, à l’oasis. Apercevoir la Terre Promise suffit, nul besoin de la posséder. Le but est atteint dès lors qu’on s’en approche suffisamment pour le contempler. Vérifier, et puis lâcher prise. Le chemin est accompli. Bienfaisante sérénité.

Etre disponible à ce qui se présente, accepter de recevoir l’inattendu, conditions pour envisager la plénitude, enseignent ces peintures. Elles disent aussi que la Vie n’a pas de prix, qu’elle n’est presque rien, à peine une biffure sur l’éternité.

<

<

(Outre ses activités de peintre et de dessinateur, Eric Rolland alias Bellagamba est auteur et illustrateur de livres pour la jeunesse. Grandir, Lirabelle, Le bonhomme vert, Winioux, SD Edición Barcelona, l’éditent.

Créateur de lumières et scénographe, il collabore à des spectacles vivants, ainsi qu’avec des musées.

Il a notamment procédé à la mise en lumière permanente de l’Hôtel de Ville, de la Primatiale Saint-Trophime et du patrimoine historique d’Arles.)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 18:02

Un livre est en cours d'écriture en liaison avec Alain Sagault. J'en ai déjà parlé sur ce blogue le 25 septembre 2014. Il proposera des éclairages et des points de vue radicalement différents de la doxa officielle. Il s'agira de l'art, de sa fréquentation assidue, et de ce qui s'ensuit au plan personnel. Il s'agira de cela seul qui importe vraiment, l'art, la vie, et l'intime. L'ouvrage devrait paraitre courant 2015.

---------------------------------------------------

Certains artistes sont visiblement à la recherche d’eux-mêmes. Ils sont souvent fascinants ; leur peinture déborde largement du cadre. Elle envahit et entraine voluptueusement dans son vagabondage. Aucun critère objectif ne peut évidemment justifier l’impression inouïe ainsi développée. Seul le saisissement suscité au plus profond de chacun, parfois heureusement partageable, agit comme garant.

D’autres, virtuoses incontestables, se consacrent quasi exclusivement à l’affirmation et à l’enrichissement de leur maitrise. Si l’effet produit n’est pas le même, un intérêt plus intellectuel qu’émotionnel existe à coup sûr. Le discours l’emporte alors sur l’émotion.

La différence siège parfois sur une tête d’épingle.

----------------------------------------------------

De nos jours, Pierre Soulages fait système du noir comme piège à lumière. Il s’attache à la lumière pour elle-même, comme matière essentielle de sa peinture, et aussi comme sujet. Peut-être n’avons-nous là qu’une très habile utilisation d’une trouvaille technique propre à l’illusion.

Cependant, une exposition au Musée des Beaux-Arts de Nantes, en 1989, m’est demeurée en mémoire.

La monumentalité de l’installation des peintures, leur apparente monotonie, l’impression d’un très grand savoir-faire artisanal, tenaient à distance et nourrissaient la perspicacité. Néanmoins, le jeu des pièges régulièrement tendus me procura une satisfaction dont je me souviens encore.

Il en fut de même quelques années plus tard, lors de la visite de l’Abbaye de Conques dont les vitraux se prêtent au plaisir très subtil d’une harmonie silencieuse au service d’un édifice prestigieux.

-----------------------------------------------------

Merveilleux trouble engendré par la fréquentation de l’art.

Regarder, dévisager la peinture, comme lire ou écrire, c’est ouvrir béantes les portes lumineuses du silence et s’aventurer doucement à la découverte de l’inconnu.

Repost 0
Published by Blogue-note de Jean Klépal - dans Art ; silence
commenter cet article