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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 12:01

Dans une chronique récente (16 juin 2014, « Le désenchantement de l’art contemporain »), j’ai abordé la question de l’art nommé contemporain, à partir de la lecture du livre de Nathalie Heinich intitulé « Le paradigme de l’art contemporain ».

Le dernier « hors-série » de Télérama – L’art contemporain ; origines, acteurs, enjeux - vient (heureusement ?) compléter le tableau (puisse cet abus de langage m’être pardonné).

Cette publication, qui contribue volontairement ou non à la promotion médiatique de ce prétendu art, permet d’asseoir la conviction d’une monumentale imposture entretenue par une camarilla de fieffés coquins.

L’art dit contemporain occupe quasi exclusivement le terrain depuis des décennies, et Télérama, qui par ailleurs se montre tout à fait capable de s’ouvrir à d’autres formes d’expression (quelques-uns de ses précédents hors-série en administrent la preuve), en remet une couche. Bien sûr, à les lire d’un peu près, les textes d’accompagnement ne manquent pas d’exprimer des réserves. Mais...

Les nombreuses illustrations montrent clairement combien une cérébralité exacerbée et desséchante permet le n’importe quoi.

L’art confiné à l’expérimentation tous azimuts s’affole de ce qu’il lui faut élaborer ses propres règles chemin faisant, alors qu’il conchie allègrement toutes celles de ses prédécesseurs. Il se pare souvent d’un tourment pseudo philosophique pour masquer sa vacuité.

Une question se pose : quand la forme et le sens font également défaut, peut-on encore parler d’art ?

Les héros proclamés de l’Artcontemporain ne vivent que de l’exploitation acharnée, rancie, racornie, usée, élimée, de ce que Duchamp a initié et de ce qu’a réalisé Dada. Epigones, misérables épigones !

Lorsque l’on part du principe que tout se vaut et que rien ne l’emporte, le débouché sur le n’importe quoi est évidemment inscrit. Ne reste plus que la nécessité de « faire événement » pour se faire remarquer.

A partir de cela seule prévaut la valeur économique de la production baptisée artistique pour les besoins de la cause.

Les contingences économiques deviennent alors le seul fondement de comportements cyniques et opportunistes.

Le marché de l’art se donne en spectacle permanent.

L’art (prétendu) a vendu son âme au Commerce.

A quand un travail sérieux et documenté sur ces nombreux artistes, patients, obstinés, convaincus, intransigeants, qui œuvrent sans relâche dans la pénombre ?

A quand un recensement patient de ce qui s’élabore dans l’ombre, délibérément ignoré par les fonctionnaires ignares et méprisants de Laculturofficielle ?

Du lundi au vendredi, de 12h30 à 12h45, France Inter diffuse « Carnets de campagne », une émission mettant l’accent sur des initiatives régionales méritant d’élargir leur audience.

Un rêve, une question : Qui saura un jour contribuer à la création de quelque chose d’analogue, consacré à l’art vivant ?

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Published by Blogue-note de Jean Klépal - dans Art contemporain ; art actuel ; Télérama
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