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13 septembre 2017 3 13 /09 /septembre /2017 16:48

« C’est moi le chef » affirmait-il au moment de sa querelle avec le Chef de l’Etat-Major général des Armées.

"Je ne cèderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes", prévient-il maintenant qu’il entend avancer ses projets de profonds bouleversements.

Ces aveux de faiblesse masquée, cette crainte de se faire dépasser, de ne pas être à la hauteur,  ces maladresses, sont préoccupants.

 

Une telle fragilité latente chez celui qui détient à peu de choses près les pleins pouvoirs représente un réel danger : par quel comportement intempestif peut-il réagir face à une situation qu’il sentirait lui échapper ?

Combien a-t-il fallu de sang-froid au Préfet de Police de l’époque, Maurice Grimaud, pour que mai 68 ne se solde pas par un bain de sang. Qu’en serait-il aujourd’hui où les tensions sont incessantes, l’exaspération de la police à son comble et la répression musclée monnaie courante ?

Obnubilé par de prestigieux modèles historiques, sa jouissance du pouvoir, son goût pour la pompe, son autoritarisme et son mépris de toute contestation entrainent une fuite en avant.

Après le recours aux ordonnances, viennent en vrac le simulacre de concertation avec les « partenaires sociaux », la suppression des emplois aidés mettant en difficulté çà et là la rentrée scolaire  et, cerise sur le gâteau, la volonté de banaliser un permanent état d’exception au détriment de l’Etat de droit.

Les 5€ prélevés sur les allocations logement, offrent un consternant exemple d’aveuglement autoritariste. La stupidité comme seule réponse immédiate : que les propriétaires diminuent leurs loyers de 5€ et la cause sera entendue ! Ubuesque.

Trouvaille récente, la baisse des normes environnementales et sociales pour la construction. A l’opposé évidemment de ce qui serait souhaitable pour tenter de lutter contre le gâchis et les dérives de toutes sortes.

Crise du logement, c’est incontestable, alors construisons du précaire. La qualité de vie n’est évidemment pas rentable, foin de l’exemple des cités où fermentent les maux les plus graves, en partie à cause du mal logement. Champ libre aux promoteurs, seuls comptent les chiffres.

Bête à en pleurer de rage et d’impuissance.

Derrière tout cela, un profond mépris social, une énorme suffisance, donc de graves lignes de fracture.

Pieds d’argile, coups de menton, et traits malencontreux sous prétexte de parler clair.

« Dans les gares se croisent les gens qui réussissent et ceux qui ne sont rien. »

 

Il multiplie les annonces et les initiatives. Tout récemment, la PMA pour toutes les femmes, manœuvre de diversion qui ne va pas manquer d’installer un bel embrouillamini. Des fumigènes pour cacher l’essentiel, qui est la soumission sociale à marche forcée.  

Tandis que, opérateur installé dans une cabine insonorisée, le rouleau compresseur s’ébranle prêt à tout écraser sur son passage, l’opposition émiettée, essoufflée, se cherche dans l’obscurité de ses contradictions et ses querelles d’ego. Dans l’immédiat, seule une révolution de Palais serait à craindre, ce qui est hautement improbable. Aucun obstacle n’est donc à redouter pour le moment. Le chemin est dégagé.

 

Hormis celui dont la fonction est d’incarner la Voix de son Maître, il réduit ses ministres au silence et à l’anonymat.

La faiblesse et la fébrilité, source d’excès, le conduisent à tout vouloir ramener à sa personne, à tout vouloir contrôler. Illusion dramatique d’un potentat enivré par sa réussite, vers laquelle se sont tournés des électeurs à la recherche de repères différents, prétendus nouveaux, pour certains encore sous le charme factice d’une rassurante tranquillité déterminée.

Ou bien il va l’emporter, et une chape de plomb assortie d’un engourdissement général va régner sur le pays. Ou bien des refus vont coaguler, et le risque de graves débordements se présentera sans qu’il soit vraiment possible de l’endiguer.

Il n’est pas certain que les Français soient hostiles à toute réforme, ainsi qu’il le prétend. Il se pourrait que se manifeste une majorité hostile à ces réformes-là, imposées sans précaution sous prétexte d’avoir été envisagées durant la campagne électorale.

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