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Epistoles-improbables - Blogue-notes de Jean Klépal

Défense de parler la bouche pleine

14 Octobre 2014 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Information ; Presse

Quand j’étais enfant, j’ai appris qu’il n’était pas convenable de parler la bouche pleine. Pas poli, disait-on.

Comme les temps ont changé, aujourd’hui la règle est de parler la bouche pleine, pleine de mots.

Il n’y a pas que Zemmour, omniprésent sur les ondes, contesté par beaucoup, mais invité par tous. Chaque matin France Inter nous régale de ses invités parmi lesquels ceux qui ont quelque chose à dire, et qui le disent clairement, sont l'infime portion.

Des mots, toujours les mêmes, nous sont déversés à satiété : crise, dette, démocratie, réforme, chômage, croissance, déficit, changement, prise de conscience, peuple, nation, Commission de Bruxelles, droits de l’homme, accueil, retraite, humanisme, courage, affaires, Bygmalion, barbarie, sondage, Europe, islamisme, GPA, PMA, famille, jihadisme, 6e République, Sarkozy, immigration, etc.

Bla, bla, bla, comme disait Shakespeare.

Il faut parler. Peu importe ce que l’on dit.

Assez !

Autant je rêve d’un TGV lent permettant de savourer les intervalles, autant je rêve d’un certain silence radio, propice à la réflexion, à la pensée.

Il fut un temps où des éditorialistes avaient des choses à dire, ils proposaient des pistes à prolonger. Les auditeurs, les lecteurs, jouissaient d’un préjugé favorable. Ils étaient supposés à même d’élaborer à propos de l’actualité, des grands problèmes.

Toutes choses révolues depuis des lustres. Des humanoïdes robots répétiteurs de messages préfabriqués par les Agences ont remplacé les journalistes.

Pas de blancs, surtout pas de blancs, pas de silences, pas de temps pour la réflexion, pas de commentaires, encore moins d’analyses, uniquement des petits formats à la queue leu-leu.

Gavage, gavage à outrance, lessivage, décervelage. Alfred Jarry était un visionnaire ! Pompe à phynance et machine à décerveler.

assez, asseZ, assEZ, asSEZ, aSSEZ, ASSEZ !

Les mots que l’on entend à bouche que veux-tu sont aussi creux que de vieilles dents tout juste bonnes à arracher au plus vite.

On parle d’une crise de la presse. Etonnant, n’est-ce pas ?

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M
Comme c'est drôle, aujourd'hui je n'ai pas allumé mon poste et je me disais que demain ce serait pareil, saturation de ces mots rabachés tout au long du jour.
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B
Le bruit citadin n'a pas grand chose à voir avec la diarrhée verbale, la langue de bois et l'absence de pensée que je dénonce dans mon papier. Si tu as envie d'une longue retraite dans le silence et la nature, il ne dépend que de toi de l'entreprendre. Le silence est affaire personnelle !<br /> Prendre son p
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B
Non, je ne me souviens pas. Pourrais-tu m'en dire plus ?<br /> La notion de silence me préoccupe de plus en plus, le bavardage est totalement insupportable. Je prépare avec un ami un livre consacré au silence dans les arts, et notamment en peinture...<br /> Amitiés,<br /> J.
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K
c'était l'époque le la &quot;lecture rapide&quot; et ton coté frondeur t'avait conduit a proposer un stage de lecture lente.... car l'important, était de comprendre ce qui était lu......
M
Eh oui, nous sommes à l'époque du zapping, du langage codé et abrégé, le texto qui ne laisse pas le temps de réfléchir. On a envie d'une longue retraite dans le silence et la nature. Mais nous vivons dans des villes et le bruit est présent partout ... Dur dur d'avoir plus de ... mettons 50 ans aujourd'hui. <br /> Bonne journée. <br /> M.
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K
te souviens-tu d'un projet de formation que tu avais (déjà) intitulé<br /> La Lecture Lente ! ?
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