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Epistoles-improbables - Blogue-notes de Jean Klépal

Détermination et lendemains qui déchantent

13 Septembre 2017 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Politique au jour le jour, Etat de droit, mesures d'exception, réformes

« C’est moi le chef » affirmait-il au moment de sa querelle avec le Chef de l’Etat-Major général des Armées.

"Je ne cèderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes", prévient-il maintenant qu’il entend avancer ses projets de profonds bouleversements.

Ces aveux de faiblesse masquée, cette crainte de se faire dépasser, de ne pas être à la hauteur,  ces maladresses, sont préoccupants.

 

Une telle fragilité latente chez celui qui détient à peu de choses près les pleins pouvoirs représente un réel danger : par quel comportement intempestif peut-il réagir face à une situation qu’il sentirait lui échapper ?

Combien a-t-il fallu de sang-froid au Préfet de Police de l’époque, Maurice Grimaud, pour que mai 68 ne se solde pas par un bain de sang. Qu’en serait-il aujourd’hui où les tensions sont incessantes, l’exaspération de la police à son comble et la répression musclée monnaie courante ?

Obnubilé par de prestigieux modèles historiques, sa jouissance du pouvoir, son goût pour la pompe, son autoritarisme et son mépris de toute contestation entrainent une fuite en avant.

Après le recours aux ordonnances, viennent en vrac le simulacre de concertation avec les « partenaires sociaux », la suppression des emplois aidés mettant en difficulté çà et là la rentrée scolaire  et, cerise sur le gâteau, la volonté de banaliser un permanent état d’exception au détriment de l’Etat de droit.

Les 5€ prélevés sur les allocations logement, offrent un consternant exemple d’aveuglement autoritariste. La stupidité comme seule réponse immédiate : que les propriétaires diminuent leurs loyers de 5€ et la cause sera entendue ! Ubuesque.

Trouvaille récente, la baisse des normes environnementales et sociales pour la construction. A l’opposé évidemment de ce qui serait souhaitable pour tenter de lutter contre le gâchis et les dérives de toutes sortes.

Crise du logement, c’est incontestable, alors construisons du précaire. La qualité de vie n’est évidemment pas rentable, foin de l’exemple des cités où fermentent les maux les plus graves, en partie à cause du mal logement. Champ libre aux promoteurs, seuls comptent les chiffres.

Bête à en pleurer de rage et d’impuissance.

Derrière tout cela, un profond mépris social, une énorme suffisance, donc de graves lignes de fracture.

Pieds d’argile, coups de menton, et traits malencontreux sous prétexte de parler clair.

« Dans les gares se croisent les gens qui réussissent et ceux qui ne sont rien. »

 

Il multiplie les annonces et les initiatives. Tout récemment, la PMA pour toutes les femmes, manœuvre de diversion qui ne va pas manquer d’installer un bel embrouillamini. Des fumigènes pour cacher l’essentiel, qui est la soumission sociale à marche forcée.  

Tandis que, opérateur installé dans une cabine insonorisée, le rouleau compresseur s’ébranle prêt à tout écraser sur son passage, l’opposition émiettée, essoufflée, se cherche dans l’obscurité de ses contradictions et ses querelles d’ego. Dans l’immédiat, seule une révolution de Palais serait à craindre, ce qui est hautement improbable. Aucun obstacle n’est donc à redouter pour le moment. Le chemin est dégagé.

 

Hormis celui dont la fonction est d’incarner la Voix de son Maître, il réduit ses ministres au silence et à l’anonymat.

La faiblesse et la fébrilité, source d’excès, le conduisent à tout vouloir ramener à sa personne, à tout vouloir contrôler. Illusion dramatique d’un potentat enivré par sa réussite, vers laquelle se sont tournés des électeurs à la recherche de repères différents, prétendus nouveaux, pour certains encore sous le charme factice d’une rassurante tranquillité déterminée.

Ou bien il va l’emporter, et une chape de plomb assortie d’un engourdissement général va régner sur le pays. Ou bien des refus vont coaguler, et le risque de graves débordements se présentera sans qu’il soit vraiment possible de l’endiguer.

Il n’est pas certain que les Français soient hostiles à toute réforme, ainsi qu’il le prétend. Il se pourrait que se manifeste une majorité hostile à ces réformes-là, imposées sans précaution sous prétexte d’avoir été envisagées durant la campagne électorale.

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B
Décidément vos commentaires ont bien de l'allure.<br /> Merci
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A
Bonjour,<br /> <br /> « Dans les gares se croisent les gens qui réussissent et ceux qui ne sont rien. »<br /> <br /> Celui-là ne ressent-il pas que même la réussite n'est que poussière. <br /> <br /> -<br /> <br /> …<br /> pesons désormais notre trace<br /> notre bréviaire cérébral<br /> nous embrasserons Orion<br /> <br /> et la main de Cendrars<br /> …<br /> <br /> -<br /> <br /> …<br /> je suis ce que je pèse<br /> la trace<br /> <br /> (Mémoire d'après)<br /> <br /> -<br /> <br /> Celui-là bien éduqué, baigné de cultures savantes, en route vers l'Homme augmenté, ce transhumanisme des gagnants, jouisseurs des luxures qui désirent l'éternité de leurs conditions, celui-là n'a-t-il oublié l'intelligence du ressenti, ce fil ténu de l'existence ?<br /> Et puis quelle réussite ? La réussite par la domination.<br /> Celui-là ne regardent plus le ciel que pour y voir son nombril, exigence des temps.<br /> <br /> Pour ceux dont ce style de vie, de rapport à soi-même et aux autres, ne convient pas, celui-là donne le banc.<br /> Ce banc d'où je regarde le ciel, Orion et la main de Cendrars.<br /> <br /> - <br /> <br /> autant que je me souvienne<br /> il y a toujours eu<br /> cette clôture en chêne<br /> ce vieux tonneau sous le pigeonnier<br /> cette jante de vélo<br /> rouillée<br /> adossée été comme hiver<br /> <br /> ce vieux rondin de bois<br /> collé à la terre<br /> pour les désirs<br /> <br /> d'accompagner le temps<br /> <br /> laisser filer<br /> <br /> quelques instants<br /> <br /> (Mèmoires d'après)<br /> <br /> -<br /> <br /> Et dire que tout cela est "communication" choisie et imposée.<br /> Que dire? Surtout que faire (ou pas, par sagesse)? Doit-il y avoir lutte(s) collective(s) ?<br /> Le changement dans l'Histoire pousse sur l'espérance du sang répandu.<br /> Couler son sang pour ses idées, qui en aurait le courage actuellement ?<br /> <br /> Quelle grande civilisation que la notre, "les occidentaux", belliqueux, prétentieux, marchands de moraline, maîtres des simulacres et du droit d'ingérence.<br /> Quelle imposture?<br /> Cette société prospére par le feu militaire pour l'argent, par ses services occultes à travers le jeu en miroir de ses valeurs tapies dans l'ombre des concepts.<br /> <br /> Courez, voilà les jeux olympiques, spectacle majeur, par un de nos plus beaux clans de mafia cravatée, C.I.O, vénérez son nom.<br /> <br /> <br /> De nos jours l'habit fait le moine et le moine fait le profit, les poches ne suffisent plus, les coffres non plus, maintenant voilà les paradis fiscaux.<br /> Voilà le nouvel Eden du clan des dominants.<br /> <br /> Cordialement.
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K
Cher Jean, le mot juste et haut, sans nommer le gredin, vous résumez bien, ce que l'air du temps nous parfume..
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L
Fut un temps où il fallait avoir quarante ans révolus pour entrer dans certains cercles de sagesse et quelques années pour se faire initier.<br /> Maintenant quelques pantins aux dents de la haute finance formés aux beaux discours et au mensonges permanents sont promus par les medias aux plus hautes fonctions dépassant par la même tout légitimité démocratique celle ci étant faussée.<br /> Macron est de ceux là dont j'ai entendu mises à part les banalités habituelles, ("il est très intelligent, il est très sensible mais sait qu'il ne doit rien montrer, il était déterminé de longue date et personne ne le croyait, bla, bla bla ..."), cette chose du Besson qui a écrit sur lui:<br /> "il est capable de tout".<br /> Je crois bien comme toi qu'il va falloir se méfier de l'arrogance de l'olybrius Macron et de son ivresse du pouvoir car oui, au delà de Sarkozy car on va de mal en pis même il sera capable de tout!<br /> Mais comme on dit dans les "milieux autorisés":pendant que les faineants regardent le doigt qui montre la lune, ne regardons pas Macron pendu au ciel mais plutot le mis à l'index: Maduro !<br /> à moins que ... Macron s'en inspire !!<br /> Luc
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