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Epistoles-improbables - Blogue-notes de Jean Klépal

Etat d'alerte

1 Juin 2018 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Président de la République, migrants, Droits de l'Homme, Ministre de l'Intérieur, Parcoursup, Lycée Arago, O. Besancenot, Arrêt sur image, Serge Dassault, Gauche, violences policières

Le gentil Président se fait prendre en photo recevant un jeune malien sans papiers, « bon héros » ayant spectaculairement sauvé un enfant en plein Paris en escaladant à mains nues une façade d’immeuble (chapeau à l’auteur de l’exploit). Il le fait régulariser immédiatement (bravo !) et, cerise sur le gâteau, lui demande s’il veut devenir français. Une formation de pompier lui est promise.

Les médias s’esbaudissent, le parterre applaudit. Voyez, voyez bonnes gens comme il est beau, comme il est humain notre jeune Président !

En réalité il ouvre la porte à une personne, pour plus aisément la fermer à d’autres. Il se met en scène sous son meilleur profil, pour plus aisément poursuivre son extrémisme politique.

 

Pendant ce temps, de « mauvais héros » coupables d’assistance à personnes en danger sont inculpés, détenus de manière « préventive » (il est vrai qu’ils pourraient récidiver au nom de l’entraide entre humains - délit de solidarité !). Ils ont osé, les factieux, les mauvais citoyens, les dangereux fauteurs de trouble, venir en aide à des migrants en détresse perdus dans la montagne enneigée de Haute-Provence. (L’arrivée du printemps commence à révéler la présence de cadavres dans les rivières et les vertes prairies.)

Simples faits divers passés sous silence par les têtes de gondole médiatiques. De toute façon de quoi se mêlent-ils ceux qui prétendent agir au nom des Droits de l’Homme ? Ils se substituent illégalement aux « autorités compétentes ». « À la trappe, Mère Ubu ! »

 

Pendant ce temps, M. le Ministre de l’Intérieur, indispensable bras droit  du Président, agissant sous son strict contrôle, souhaite urbi et orbi que désormais les manifestants défendent le droit essentiel à la manifestation d’une opposition en faisant eux-mêmes la chasse aux casseurs infiltrés parmi eux, alors que la police ne parvient ni à les repérer, ni à les maitriser. Il ose avancer que cela peut constituer une condition au maintien du droit à manifester.

 

Pendant ce temps, à Paris, des lycéens contestataires sont placés 48 heures en garde à vue sans que leurs parents ne soient prévenus. Mesure notoire d’intimidation pour ceux qui seraient tentés par un grand monôme contre la plateforme Parcoursup d’accès aux études supérieures. « Quand vous faites 100 gardes à vue et que vous ciblez des lycéens et notamment des mineurs, vous envoyez un message : faire peur à ceux et celles qui veulent se mobiliser » note avec justesse Olivier Besancenot dans un récent entretien.

 

Grand capitaine d’industrie, puissant patron de presse, homme politique sulfureux, actionnaire d‘un club de football, Serge Dassault, vient de mourir.

Voici un extrait de ce que souligne Serge Schneidermann dans sa chronique d’ « Arrêt sur Image » du 29 mai 2018 :

"Il avait dû affronter des démêlés judiciaires" : sept mots, en tout et pour tout. C'est en sept mots, que Le Figaro (...) évoque les condamnations et mises en examen de son actionnaire, Serge Dassault, mort hier dans son bureau, à 93 ans. Quant à l'article consacré à la carrière d'élu du disparu, dans l'Essonne (...) c'est encore mieux : pas un mot. Sept mots, donc, pour résumer aux lecteurs du Figaro la condamnation à cinq ans d'inéligibilité et  deux millions d'euros d'amende pour blanchiment de fraude fiscale (le procès en appel devait se tenir la semaine prochaine), ainsi que la mise en examen du défunt pour achat de votes à Corbeil (l'instruction a été clôturée en juillet dernier, après trois ans). »

 

Mais où donc en sommes-nous ?

Il serait grand temps d’ouvrir les yeux et de cesser de se repaître de déclarations outrancières supposées auto-réalisatrices (« Fête à Macron », « marée populaire », etc.), comme le font les dirigeants d’une gauche en lambeaux incapable de fédérer l’expression des mécontentements et déconvenues accumulés face au mépris hautain du pouvoir.

L’extension et l’aggravation des pratiques policières (les violences à répétition à N-D des Landes entretiennent un climat guerrier), associées au lavage de cerveau permanent (« grande » presse, radio, télévision), font que le libéral fascisme avance à pas de géant.

Et notre si charmant Président bat la mesure. Et l’auditoire anesthésié ne le voit toujours pas pour ce qu’il est.

L’allusion, la remarque en passant, la réserve appuyée, l’expression d’un désaccord, voire d’un refus toujours trop poli, ne sont plus de mise. Chercher à démasquer ne suffit plus, il faut dénoncer haut et fort la dérive totalitaire en cours, pilotée par des esprits pervers prétendant en permanence se tenir à distance de ce qu’ils instaurent à grandes enjambées.

C’est par un processus analogue que dans les années 1930 la pusillanimité a entrainé le monde dans l’horreur que l’on sait.

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S
Pardon à Arnaud Forgeron, je n'étais pas revenu sur cet article et n'avais donc pas vu son commentaire, indispensable complément à nos tentatives pour rester éveillés, puisqu'il rappelle qu'il n'est pas d'harmonie humaine sans harmonie avec la nature, et que le problème des abrutis du monde nouveau, c'est d'être essentiellement dénaturés…
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B
Joli écho à H-D Thoreau, et prolongement de La Boétie.<br /> "Elle voyait les évidences, on disait qu'elle était folle" fait dire Montherlant à l'un de ses personnages de La Reine morte.<br /> Merci.
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A
Résistez beaucoup, obéissez peu .<br /> Dès que vous cesserez de remettre en question<br /> la soumission, vous serez complètement asservis,<br /> Et une fois complètement asservis, aucune nation, aucun état,<br /> aucune ville, ne peut jamais plus ensuite recouvrer la liberté.<br /> <br /> Walt Whitman
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A
Bonjour,<br /> <br /> "Il faut revoir les aides sociales car les dispositifs sont illisibles". Voilà un débat qui alimente (à l'agenda gouvernemental et certainement à juste titre) le secteur économique des médias.<br /> <br /> France Inter, après la chronique géopolitique de Mr Bernard GUETTA , toujours tellement pertinente mais malheureusement tellement partisane, car avec comme logiciel, la vue, le regard du dominant croyant avoir à la main la vertu et l'essence du Bien. Passons.<br /> <br /> L'invité, Gabriel ATTAL, porte parole de la République En Marche, est comme expressions récurrentes, "les pauvres", "les accidentés de la vie", "les non et mal insérés", "les exclus" (qui le veulent bien). <br /> <br /> Simplement est-il possible pour nos valeureux esprit de la gagne et de l'habit qui fait le marchand, de comprendre que de nombreuses personnes de ces catégories ne souhaitent pas tisser leurs existences dans les valeurs de leurs pratiques aristocratiques de nos Démocraties.<br /> <br /> Etant minoritaire je me suis toujours rangé dans le sacro-saint cadre de la volonté majoritaire sortant des urnes, en essayant de tasser ma différence à l'élan sociétal. <br /> <br /> Je vois dans cette hauteur de vue de nos possédants en tout genre, un véritable mépris, peut-être puis-je leurs dire que je vois plus d'universalité, de confiance donnée, de courage, de parole donnée, dans l'envol des hérons cendrés qui tous les matins s'envolent de l'étang quand j'ouvre les volets.<br /> <br /> Qu'au line up, il n'y a seulement des corps (c'est vrai avec un peu de technologie pour les surfs) et l'Océan portant le cosmos. Que tout le monde se dit bonjour, patiente, se respecte, teste son humilité et un peu son courage, et sourit aux quelques secondes de glisse que veulent bien donner les éléments (je ne parle pas ici de la période estivale et de son flot de tendances ou de toute façon les conditions de surf sont mauvaises et où les adeptes ne sortent qu'entre l'aube et l'aurore et au crépuscule).<br /> <br /> Dire que j'ai cru voir l'océan basculer dans les yeux de mon fils de 6 ans pour sa 1ère vague et qu'au fond de moi je sais que c'est l'Océan qui lui apportera son humanité et affinera son éducation et sa connaissance universelle. Ici pas de conquérant, pas d'apparences ou alors poétiques, pas de hiérarchie, rien à acheter, rien à vendre, rien à spéculer, rien à prendre pour se croire plus grand que sa petitesse.<br /> <br /> J'ai toujours vu ma mère en dessous du seuil de pauvreté, j'ai toujours travaillé pour le smic ou guère plus, je fais un travail que j'aime et cela me suffit.<br /> <br /> Alors Mrs les soit-disant progressistes (le schéma est simple il y a eux, libéraux et possédants, maîtres exterminateurs de la biodiversité et de la Nature, parce qu'ils le valent bien, et ceux qu'ils nomment les extrêmes et la populace) un peu de modestie, nous autres dans les dispositifs d'aides sociales, enfin pour ma part, je vois ce qui fait vos qualités et votre bassesse pour réussir dans votre système mais je vois aussi vos faiblesses. Hein Mrs les gagnants, les vvinners, les in...vive votre spectacle...à en pleurer.<br /> <br /> Mr Klépal, Mr Sagault, veuillez m'excuser d'avoir fait passer mes idées par le récit de mon vécu. Je compte bien que vous ayez compris que cela est un prétexte. <br /> <br /> Je ne peux ici que recopier :<br /> <br /> "C'est insensiblement, par petites touches, en s'avançant sous le masque des grands mots revendiqués pour dire le contraire de ce que l'on fait, que s'installe la dictature."<br /> <br /> On a souvent tendance à confondre les beaux sentiments, les belles paroles, avec les bonnes actions.<br /> Ce qui me semble plus grave ici, c'est qu'il y a une volonté de substituer l'un à l'autre, et oui c'est cela la com' surtout avec un gouvernement de pointure,d'experts, purs produits certifiés de ce système.<br /> <br /> Cordialement
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S
Tu sais combien je partage ce diagnostic. C'est insensiblement, par petites touches, en s'avançant sous le masque des grands mots revendiqués pour dire le contraire de ce que l'on fait, que s'installe la dictature. Nous en sommes au moment où l'anesthésie n'est même plus nécessaire, car le patient se réveille trop tard, et constate, groggy, que le manteau protecteur qu'on lui promettait est une camisole de force. Voter Macron contre Le Pen, c'était voter la peste contre le choléra, il fallait être aveugle pour ne pas discerner dans le discours et la manière de parvenir au pouvoir de ce jeune aventurier sans scrupule et de ses soutiens les prémisses tout à fait conscientes d'une mise à mort enfin définitive des principes et du fonctionnement d'une société humaine digne de ce nom. Ce qui s'institutionnalise aujourd'hui, c'est une oligarchie mafieuse tout entière fondée sur l'exploitation maximale du faible par le fort et l'accaparement du pouvoir et des profits par une infime minorité de super riches, dont la haine du peuple se reconnaît entre autres à la diabolisation du prétendu "populisme" par les médias qu'ils contrôlent..
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