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Epistoles-improbables - Blogue-notes de Jean Klépal

Des vœux, encore et toujours…

8 Janvier 2019 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Voeux, cycle de la vie, Villon, Fucik, Gide, perspective

Signe de temps complexes, les vœux qui me sont parvenus jusqu’à présent sont moins niaiseux et bêtifiants qu’à l’accoutumée. Effet gilets jaunes, c’est-à-dire signe d’une prise de conscience en devenir ? Joli vœu à formuler et à transmettre.

L’année 2019 sera-t-elle pour moi la dernière ?

A considérer les dégâts physiques considérables dont la précédente fut le champ, l’hypothèse n’a rien de farfelu. Elle pourrait même rapidement devenir souhaitable si aucune restauration partielle du délabrement constaté n’intervenait. Elle le serait à coup sûr si la situation empirait. A quoi bon dès lors s‘acharner face à l’inéluctable ?

Ces propos peuvent être difficiles pour certains. Envisager la mort en face à face n’a cependant rien d’extraordinaire. Rien ne sert de se masquer, de se réfugier dans le non-dit, de tenter un  malheureux évitement. Elle est là, elle nous dévisage, elle nous attend. Étroitement liée à la vie, elle accomplit un achèvement. Le déni, fruit probable d’un bimillénaire de niaiseries christophoriques, ne change rien. Le cycle naturel se perpétue, nous sommes une de ses composantes. S’acharner à vouloir prolonger les courbes, quitte à sortir des limites de l’épure, recèle quelque chose d‘insensé.                                                                                                                                                                                        

L’après immédiat

- Frères humains, qui après nous vivez… (François Villon, Ballade des pendus)

- Hommes je vous aimais, soyez vigilants (Julius Fucik, écrivain tchèque exécuté par les nazis)

- Si le grain ne meurt… (André Gide)

 

Regards et situations

La perspective fauteuil roulant est l’antithèse de la perspective cavalière, qui élève et agrandit le champ de vision. Permet des repérages, des découvertes et des mises en relation inattendues. Offre un prolongement à l’immédiat perçu, et par là des ouvertures à la pensée. Ouvre sur un futur possible, à visiter. Propose une projection de l’individu (à l’origine militaire, cavalier ou artilleur) au-delà de sa propre bulle.

La perspective fauteuil roulant, devenue la mienne depuis l’été dernier, rétrécie et amoindrit. Elle ne permet aucune vision d’ensemble. Elle engendre un processus d‘involution de la pensée cacochyme. Le champ de vision s’amenuise jusqu’au nez à la vitre. Une réflexion en spirale mortifère l’accompagne.

Nullité et dépendance insupportables dans la durée.

 

De nombreux remerciements à adresser. Parents et  proches, relations exceptionnelles, amis anciens ou toujours actuels, artistes… Ils sont prêts. Il n’y aura plus qu’à les transmettre en mon nom.

Simple passage de témoin.

 

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M
Ton choix en faveur de la dignité est tout à fait respectable. J'espère néanmoins que tu auras encore le temps de faire ce qui te tient le plus à coeur et nous maintient curieux : écrire sur l'Art, écrire sur l'écriture, écrire sur les hommes et le monde qui nous entoure. Amitié.
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B
Oui, "écrire sur l'Art, la vie, etc. J'ai quelques projets, encore... Mais, de son côté, l'actualité, redevenue passionnante, va vite.
M
La mort, la nôtre et celle des autres, constitue notre unique certitude. Nous y allons tous en effet. Je suis fascinée par la mort et certains jours, j'ai comme une ''envie'' d'y rejoindre mon compagnon. . . Et puis non, pas encore. Je vais acquérir cette semaine une aquarelle qui représente un portique. Une amie a peint sur place les portiques des bâtiments anciens de son village en montagne dans les Molise. Comme une architecte ou une historienne de l'art. . . Moi, j'y ai vu des seuils, des passages, des portes qui s'ouvrent sur quelque chose ou qui se referment sur autre chose. Entre vert foncé et bordeaux comme principale couleur des portes, j'hésite et j'écouterai mon ressenti. Et pour l'heure, cher Jean, j'apprécie que tu sois vif d'esprit car tes propos enrichissent ma vie. MERCI POUR CELA.
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S
Je partage. Une nuance, peut-être : du fauteuil roulant, ne peut-on sortir par la pensée ? Au moins par instants. Relire Proust, Pessoa, et peut-être, avant tout Baudelaire, cet infirme qui volait : "J'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... là-bas... les merveilleux nuages!" A presto, compagno !
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B
Bien sûr que l'on peut s’évader du fauteuil roulant par la pensée. Il n'en demeure pas moins que la conscience de l’évasion, comme celle du fauteuil aux aguets, demeure et tempère l'illusion. Le fauteuil leste de plomb un imaginaire morcelé.