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Epistoles-improbables - Blogue-notes de Jean Klépal

Mens sana in corpore sano (Juvénal)

29 Janvier 2019 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #spiritualisme ; matérialisme ; fin de vie

Il est difficile de faire face lorsque le corps se met à son compte, lorsque la carrosserie, les éléments moteurs et la tringlerie n’en font qu’à leur tête. Le pied devient incertain, le muscle fond, la jambe n’assure plus, l’équilibre vacille, l’ouïe défaille, le sphincter se relâche, la vue se trouble…

Kinésithérapie pour tenter de retarder le processus de délabrement, donc de resquiller un peu de temps sur l’éternité, totalement dérisoire. Mais sait-on jamais ?

 

Si tu t’imagines xa va, xa va durer toujours, ce que tu te goures, rigole Queneau, alors que Ionesco sous-titre Comment s’en débarrasser ? Pas évident d’imaginer mettre son  corps à la décharge pour procéder à un échange standard.

Tout se complique, le temps nécessaire à l’accomplissement des choses est démultiplié, il faut trouver des stratagèmes. Les palliatifs tels que béquilles, cannes anglaises, déambulateur, rollator, croquenots antidérapants, Saints-Sièges que sont fauteuil roulant ou chaise percée, se révèlent vite insuffisants.

Mens sana in corpore salaud.

Juvénal souhaitait un équilibre, il s’est trompé. Le corps a ses raisons que la raison ne connait pas.

 

Contrairement aux fables bien-pensantes, l’esprit ne parvient pas à dominer la matière, même si des exemples célèbres semblent dire le contraire : Toulouse-Lautrec, Monet, Proust, Beethoven, Stephen Hawking…

La dichotomie corps esprit offre une pâture propre à nourrir le mythe de l’existence d’une âme indépendante du corps, qui prévaudrait sur la matérialité.

Songe d’une nuit d’été, dirait peut-être Shakespeare.

Jolie fable, pure spéculation d’un esprit voulant sa revanche sur la matière.

Tu es poussière et tu retourneras en poussière, alors l’incinération. Foin de la pompe et des rituels vidés de leur sens à force de répétitions.

 

L’expérience est intéressante, sans être nécessaire pour autant. A condition aussi qu’elle ne se prolonge pas indéfiniment, l’expérimentateur lambda ayant assez vite compris les tenants et aboutissants de la chose.

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A
Bonjour Mr Klépal,<br /> <br /> "Que philosopher c'est apprendre à mourir", Montesquieu reprenant Cicéron, Cicéron reprenant certainement les "pré-socratiques". Si philosopher c'est apprendre à mourir alors philosopher c'est apprendre à vivre et quelle leçon pour moi que vos écrits sur ce blog, un petit refuge de simplicité, de fraternité, comme un terroir, dans les marées de l'internet.
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B
Merci de votre appréciation. J'y suis sensible. La notion de terroir me plait bien.<br /> JK
J
Comment lutter contre l'obsolescence programmée ?
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M
Pour rajouter mon petit 5 cents (centimes de dollar- prononcer c e n n e s) du matin, j'ajouterais ce que mon homme répétait à coeur de jour: ô rage, ô désespoir, ô vieillesse ennemie, <br /> n'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie? '', <br /> Ça me rendait malade ... parce que... j'avais vu ma mère mourir à 49 ans et j'estimais que d'avoir <br /> 70, 75, 80 ans ou plus ressemblait à un privilège ( qui comporte des inconvénients, c'est évident.) <br /> Mais on ne peut pas avoir les deux b o u t t e s pi le milieu comme on dit chez nous ou réaliser la quadrature du cercle?! Je sens bien que tu souffres et que tu es parfois excédé, cher cousin, <br /> mais il y a des personnes qui n'ont pas du tout envie de te voir partir. ÉGOÏSTEMENT. <br /> Micheline
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