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Epistoles-improbables - Blogue-notes de Jean Klépal

Rose, 14 juillet

18 Juillet 2019 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #14 juillet, Bsilique Saint-Denis, Boris Vian

14 juillet 2019.

Quelques « grands » de ce monde, décideurs visionnaires, conducteurs de foules, pédagogues avertis, sont disposés sur des gradins place de la Concorde, à Paris, comme l’aurait fait un pépiniériste pour des plantes arbustives soigneusement rempotées le matin même. Bientôt le Président de la République engoncé dans un sourire crispé descendra de son command car pour se joindre à eux et ordonner le défilé d’un hochement de tête. Rituel intangible, la République s’autocélébre militairement. La fête nationale est sanglée, bottée, casquée, armée de pied en cap. Elle marche au pas cadencé.

Tout en haut des Champs-Elysées, une tentative de contestation pacifique est rapidement étouffée par de vaillantes « forces de l’ordre » méritantes, remarquables de rigueur et d’efficacité. Le laisser aller de la différence de points de vue ne se saurait pas plus admettre en ce jour solennel qu’en quelques autres. Il s’agit d’honorer le culte de la Nation et de souhaiter une harmonisation de l’Europe.  Ni le faïençage des fêlures, ni les craquelures, ne doivent apparaître. Tous unis par un regard univoque dans la même direction ! C’est beau, c’est vraiment beau, même si ça ne trompe pas grand monde.

 

A quelques encablures, à Saint-Denis, où se trouve la nécropole royale fleuron de l’Ancien Régime, vient de naître ma seconde arrière-petite-fille. La conjonction date et lieu annonce-t-elle un comportement équilibré à prévoir, ou bien n’est-elle que le fait d’un hasard malin ?

Quoi qu’il en soit :

Mesdames et Messieurs que l’on nomme grands,

je vous fais une lettre  

que vous lirez peut-être,

pour vous demander compte de l’avenir que vous préparez à tout ce petit monde qui vous survivra sans doute, malgré votre désinvolture, votre avidité, vos manques de courage, et vos innombrables mensonges.

Vous êtes les traitres, les déserteurs.

Je vous le confirme, ne comptez plus sur moi pour valider votre existence  par quelque vote que ce soit.

Que sera le monde, que seront les conditions de vie sur la planète dans cinquante ans, quand vous aurez disparus après avoir engendré des monstres à votre image ?

Vous ne vous en souciez guère, c’est évident, l’échéance est trop lointaine, elle dépasse le terme d’une réélection. Elle dépasse votre entendement. Mais comme malgré tout vous sentez comme une gêne légère, à peine un tout petit caillou dans la chaussure, vous criminalisez les empêcheurs de ronronner de concert. C’est tellement plus simple, et puis, de toute façon, il est à coup à peu près sûr déjà trop tard.

 

Malgré tout, je viens d’écrire à Rose, ainsi l’ont prénommée ses parents, la gorge nouée, pour lui souhaiter la bienvenue…

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J
Jean, nous partageons ton bonheur pour la naissance de Rose...Bien sûr nous voici conviés au cercle de famille autour du berceau...avec nos cicatrices devant la fragilité d'une enfant. On ne va pas trop la couvrir en imaginant le monde de son avenir ...d'ailleurs dans nos histoires qui peut dire qu'il valait mieux naître un jour plutôt qu'un autre ? Nous lui souhaitons d'avoir la pugnacité et la générosité de son arrière grand père qui permettent de passer les ans avec l'estime et l'amitié des autres .
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A
Bonjour. (ça tourne : acte 2)<br /> <br /> Un beau faire part (si si), la bienvenue Rose.<br /> <br /> Jean. Je serais éditeur je publierais un florilège de votre blogue, mais nous savons le peu de moyens des « petits éditeurs indépendants », quant aux « grands », que tourne la parade.<br /> <br /> La parade des lustreurs de pouvoirs, les accumulateurs de biens, mais attention, écolos et bienveillants. Je passe ici l'écriture inclusive, ceci ne valant pas un quelconque masochisme. <br /> <br /> Coluche disait que la bonne taille est quand les pieds touchent par terre, le problème est que désormais les autoproclamés « progressistes » marchent sur la tête. Diogène de Sinope chercherait dorénavant le bon sens.<br /> L'intervention au Mali, en Centre Afrique (pour prendre un cas français récent), les droits de l'Homme l'on vous dit Messieurs Mesdames. Effectivement « un grand gisement de terres rares » pour toute la technologie écologique, « on prend aussi » disent-ils, pourquoi pas ? Vous savez ce genre de matière première que l'on extrait par des produits chimiques, qui font des crevasses de Terre, de chairs. Vous n'avez pas cela près de chez vous, ah bon, allez voir en Afrique, par exemple, il y a des tarifs réduits écologiques par avion avec les fleurons des multinationales bienveillantes. Oui vous savez ce fraternel esclavage, euh pardon, cette fraternelle subordination bienveillante, merci qui ?<br /> <br /> Oyez oyez braves gens, laissez place, nette, les isoloirs sont prêts et aseptisés, il y a plus qu'à.<br /> N'ayez crainte l'hégémonie militaire permet toutes les novlangues.<br /> <br /> J'en termine, pour cette fois, par une chanson, pourquoi cette chanson ? Pourquoi pas.<br /> <br /> Tu sais Rose ici c'est l'émerveillement, la belle curiosité, le lien, toujours, mais quelquefois l'on a envie de pleurer, tellement, qu'on rigole. Oui on en rigole, mieux vaut sereinement, à la suite de Démocrite, quoi d'autre ?<br /> <br /> Cordialement<br /> <br /> <br /> Avec une bêche à l'épaule<br /> Avec, à la lèvre, un doux chant<br /> Avec, à la lèvre, un doux chant<br /> Avec, à l'âme, un grand courage<br /> Il s'en allait trimer aux champs<br /> Pauvre Martin, pauvre misère<br /> Creuse la terre, creuse le temps<br /> Pour gagner le pain de sa vie<br /> De l'aurore jusqu'au couchant<br /> De l'aurore jusqu'au couchant<br /> Il s'en allait bêcher la terre<br /> En tous les lieux, par tous les temps<br /> Pauvre Martin, pauvre misère<br /> Creuse la terre, creuse le temps<br /> Sans laisser voir, sur son visage<br /> Ni l'air jaloux ni l'air méchant<br /> Ni l'air jaloux ni l'air méchant<br /> Il retournait le champ des autres<br /> Toujours bêchant, toujours bêchant<br /> Pauvre Martin, pauvre misère<br /> Creuse la terre, creuse le temps<br /> Et quand la mort lui a fait signe<br /> De labourer son dernier champ<br /> De labourer son dernier champ<br /> Il creusa lui-même sa tombe<br /> En faisant vite, en se cachant<br /> Pauvre Martin, pauvre misère<br /> Creuse la terre, creuse le temps<br /> Il creusa lui-même sa tombe<br /> En faisant vite, en se cachant<br /> En faisant vite, en se cachant<br /> Et s'y étendit sans rien dire<br /> Pour ne pas déranger les gens<br /> Pauvre Martin, pauvre misère<br /> Dort sous la terre, dort sous le temps
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J
Merci Arnaud.<br /> J'aime vos commentaires, souvent inattendus, touours affutés, dans le prolongement et l'ouverture...<br /> Vous donnez à voir, à imaginer,à penser, et aussi à picorer dans l'immenisté de ce qui nous précède, et nous fonde. <br /> Vos indignations fleurent bon.<br /> Il me semble que nous nous sommes rencontrés il y a suffisamment longtemps pour apprécier.<br /> Votre fidélité m'encourage.
P
bonjour , je ne partage pas du tout cette vision et appréciation du monde politique , social etc ...d' aujourd'hui mais je souhaite un grand bienvenue à Rose et en espérant un bel avenir qui s' ouvrira à elle .
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A
(ça tourne, acte 2, suite de la suite)<br /> <br /> J'apporte ici quelques précisions.<br /> <br /> Ce que j'aime sur le blogue de Jean, au-delà du fond et de son style épicé de vieille tradition française, c'est le courage, l'amour propre bien placé, l'orgueil déposé. Une sincérité, une véracité, un Homme.<br /> Non pas l'ombre d'une marche forcée.<br /> <br /> Quelques jets :<br /> <br /> Heureux de voir des opinions divergentes, opposées, nuancées. Ne dit-on pas qu'il faut de tout pour faire un monde ? Ne dit-on pas que l'habit ne fait pas le moine ? Désormais quand même, ah bon.<br /> Faire savoir aussi qu'en même temps (sic) de mes pensées, opinions, exprimées ici et ailleurs, j'ai un rapport concret à l'existence heureux. Une chose : est-il possible que, loin des foules, au moment et lieu voulu, là où se lèvent les vagues, la ligne où l'on se lève, il n'y ai jamais de sonneries et autres friandises technologiques ou autres perturbateurs d'existence, merci d'avance. Et puis nous avons déjà les perturbateurs endocriniens, alors un peu de mesure. Non ? Ah bon.<br /> Souvent à la suite de Jean, j'abonde, nous nous croyons humanistes, voilà que nous sommes dépassés, rétrogrades, pour ne pas citer toute la litanie complète des soit disant progressistes, litanie se terminant par les qualificatifs des pages exécrables de l'Histoire européenne. <br /> <br /> Pour finir Rose, ces quelques mots de Léo : « Il n'y en a pas un pour cent et pourtant ils existent ».<br /> <br /> Bonjour aussi à vous :https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_ethnies_du_monde <br /> <br /> PS : On me dit dans l'oreillette, je rigole je n'en ai pas, qu'il y en a qui ont pratiquement disparu, comme ça, par magie et bienveillance, pour leur bien.<br /> <br /> Cordialement.
C
19/07 bienvenue à Rose,mais pas de catastrophisme, nous servirons d'engrais aux roses et la planète tournera toujours et ton arrière petite fillotte sera heureuse de relire ton blogue. Il est vrai que "participation=piège à cons" mais le toréador maqueron à l'instar de certains de ses prédécesseurs à agité la muleta et nous a fait "un contre un" pour contourner la défense, nous mettre tous dans le vent et arriver sur la plus haute marche du pouvoir! Chapeau bas Mister President mais tu ne nous y reprendra plus!!! Je crois que tu le sais.Gave toi bien, grave ton nom dans l'Europe de la finance, car comme les roses tu ne vivra au pouvoir que l'espace d'un mandat!<br /> Pierre.<br /> PS: les enseignants organisent fêtes et kermesses pour financer des projets scolaires, pourquoi les militaires ne feraient pas de même pour financer leurs armes de destruction?
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B
Mon blogue suscite assez fréquemment des réactions. Le s unes sont directement publiées en commentaires, les autres me paviennent par courriel.<br /> Ce matin m'arrive une réflexion consécutive à la remarque de CécilePedro "PS: les enseignants organisent fêtes et kermesses pour financer des projets scolaires, pourquoi les militaires ne feraient pas de même pour financer leurs armes de destruction?"<br /> Son auteur, soucieux d'éviter toute polémique, a préféré le courriel direct. Ce qu'il dit me semle suffisamment intéressant pour que je décide de relayer, sans ajouter le moindre grain de sel.<br /> Voici :<br /> "Simplement pour échanger en espérant ne pas blesser.<br /> Les militaires ce sont les urnes.<br /> À bien savoir, dans les guerres modernes, la chair à canon sur le terrain, le troufion est toujours fils de prolétaire (je sais de quoi je parle, un frère me relate, le Mali, la Centre Afrique cités plus haut par exemple), les autres répercutent les ordres régaliens et dirigent en costume d'apparat politique, ou moins bien, appuient sur les boutons de la guerre propre. Ces tombeaux tombés du ciel, tirés du dernier fauteuil design, pour les droits de l'homme et de la femme. Vous savez actuellement au Soudan par exemple, la France vend des armes à l'Arabie Saoudite (avions, chars, hélicoptères, missiles divers, mines...) mais qui selon la Ministre en charge « armes qui ne tuent pas ». On est rassuré, bonne nuit les adulescents, demain je vais m'acheter la dernière trottinette, ma 3ème en trois ans, elle faît vvee fee avec commande vocale, le top. Je vais pousser le trait, vous ciblez les militaires, peu souvent mais des fois, actuellement, entre certaines lignes d'enseignements et les militaires de base on se demande qui fait le plus de mal.<br /> PS : j'ai le plus grand respect pour le métier d'enseignant, entendons nous bien, moins pour les militaires mais rien n'est tout blanc ou tout noir. Alors voilà le pourquoi de ce texte, à ne pas prendre à la lettre il faudrait discuter et approfondir pour mieux se comprendre. Je suis sûr que nous tomberions d'accord. Et puis vous savez, moi, je ne campe jamais bien longtemps sur les mêmes positions intangibles, je progresse avec l'autre. Bon j'ai quand même une ligne d'intégrité assez forte, je l'avoue.<br /> Cordialement."<br /> <br />
M
Longue vie à Rose, Mathilde, Rémi, à toi aussi cher Jean, et bien sûr Brigitte et Luca et tous ceux qui font ta famille et à laquelle je me sens un peu annexée, de même que ma grande fille. La branche canadienne se réjouit de l'arrivée de notre petite Française dont Jeanne m'avait déjà fait voir la photo dimanche midi au restaurant. Les téléphones nous gardent en contact instantanément. Bises, M.
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