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Epistoles-improbables - Blogue-notes de Jean Klépal

A propos...

13 Septembre 2019 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Football, racisme, xénophobie, stades et désordres

Que le football soit un sport très populaire est indéniable.

Que la pratique de ce sport puisse développer le sens de la solidarité au sein d’une équipe, le plaisir du partage d’un objectif commun, l’attention aux contributions individuelles, ainsi que l’intégration dans un groupe, est également indéniable.

Que ce sport suscite un engouement parmi toutes les classes de la société, est tout aussi indiscutable.

Cela étant …

Depuis des lustres, les appétits financiers de plus en plus considérables, les rivalités de carrière, le vedettariat, les entorses à la morale la plus élémentaire dues à la distorsion du statut de divers joueurs, le déni et le mensonge à propos de certains matchs, les enjeux politiques nationaux et internationaux, en pervertissent la pratique.

Les stades sont devenus des terrains d’affrontement entre bandes de supporters rivaux, souvent assoiffés d’en découdre. Ce qu’il y a de plus bas dans la nature humaine, bestialité aveugle, haine de l’autre, xénophobie, est sollicité et dangereusement mobilisé. Nombreuses sont les rencontres où les questions de sécurité publique priment avant tout. Les compétitions internationales font d’abord la une à la rubrique des faits divers. Un « grand » mach est nécessairement accompagné de désordres. C’est dans l’ordre des choses ; donc admis quoique décrié. On déplore le temps d’un battement de paupières, et on passe à un autre sujet. La faculté d’adaptation ne connaît pas de limites.

Le jeu de football proprement dit ne semble pas directement en cause, c’est ce que sa pratique instrumentalisée entraîne d’ignoble et d’intolérable qui suscite le rejet.

Les dirigeants responsables de l’exercice de ce sport devenu spectacle populaire, véritable phénomène social, portent une charge d‘autant plus lourde qu’elle se devrait d’être exemplaire. Outre le public des stades, des milliers de joueurs, dont certains très jeunes, sont concernés par ce prolongement de l’école. Il s’agit notamment de pédagogie et d’éducation sociale, ce qui devrait impliquer réflexion, intransigeance, et circonspection.

Or…

Des décisions d’interruption de matchs en cours, consécutives au jaillissement de chants homophobes dans les tribunes du public ont récemment été prises par des arbitres conséquents.

Le Président de la Fédération Française de Football vient de déclarer à cette occasion : « Je vais être tout à fait clair. Le football reçoit tout le monde, toutes les classes sociales. Je suis totalement contre. Je ne veux pas être pris en otage sur l'homophobie. … Considérer que le football est homophobe, c'est un peu fort de caféC'est une erreur (d'arrêter les matchs pour des chants homophobes). Mais je ferai arrêter un match pour des cris racistes, ou pour des raisons de sécurité.» 

Trop d’intransigeance ne peut qu’entraîner une désaffection progressive à l’égard des rencontres importantes, donc une baisse des ventes de billets et des produits annexes. Il faut savoir raison garder. 

Ce monsieur est certainement un homme fort respectable, pénétré de l’importance de son titre et de sa fonction, soucieux d’équilibre, de rigueur et de pédagogie. Bref, un type « bien ». Il souffre à coup sûr des souillures récentes portées à l’image de quelques dirigeants internationaux suite à de malheureuses compromissions financières que l’on aimerait taire.

De surcroit c’est un fameux expert. Faire la distinction entre chants homophobes et cris racistes sur une échelle d’ignominie relève de l’exploit. C’est peser du lourd avec un trébuchet, et cela n’est pas donné à tout le monde. Chapeau l’artiste !

Où situer le curseur pour décider du tolérable et de l’intolérable ?

Les grand-messes de Nuremberg, la naïveté coupable des négociateurs à Munich, cela ne rappelle rien à personne ?

Le progrès de l’esprit humain est incommensurable.

La vie est belle, demain sera toujours un autre jour.

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F
S’agissant du football je réagis bien volontiers, je suis concerné. Je partage totalement le préambule sur les valeurs de ce sport collectif. Je l’ai vécu tout au long d’un parcours de pratiquant passionné (25 années consécutives de licences : jeunes, adulte, senior, souvent animateur, appelant à l’entrain, capitaine, vice-président d’un club professionnel de ligue 2 …pour animer une ville dormante à l’époque, Beauvais).<br /> J’ai vécu bien des évolutions dans les pratiques de ce sport collectif. Au sein du club de mon village breton, une équipe de copains où, le directeur de mon école publique, le pharmacien, le curé, mon père venaient prendre part active, soutiens, conseillers, tuteurs. Je n’y ai jamais vu de violences, quelque fois des accrochages un peu rudes entre joueurs, des mots déplacés envers l’arbitre de quelques spectateurs venus libérer des paroles retenues par ailleurs. L’enjeu était battre le village d’à côté « parce que nous sommes les plus forts », avant de boire un verre de limonade ensemble après la compétition.<br /> Dans les pratiques lycéennes puis universitaires je n’ai connu que de la saine compétition, il est vrai encadrées par nos professeurs. Fiers par exemple d’avoir en plaine St Denis battu en finale d’académie l’école polytechnique. <br /> A un niveau de compétitions régionales des années 60 - 70 je n’ai que bien rarement vu des excès ni sur le terrain ni autour. Personne n’était rémunéré, le maçon, l’apprenti boulanger ou le jeune ingénieur étaient à égalité, chacun avec ses moyens physiques, ses habiletés, ses envies.<br /> Devenu dirigeant dans les années 80 j’ai commencé à découvrir des évolutions moins enthousiasmantes : la rémunération des joueurs puisque c’était leur métier, déjà inégalitaire à partir d’un noyau de « natifs, formés au club » il apparaissait nécessaire de faire venir en renfort quelques « joueurs cadres ». Ils ne venaient que contre rémunération augmentée. Des écarts de 1 à 3, voir 1 à 5…pour le même travail ne me plaisaient guère.<br /> Puis là où la direction du club associatif était entièrement bénévole et même souvent donatrice, j’ai vu arriver les élus, ceints d’une écharpe aux couleurs du club se placer en tribune bien en vue. Les quelques milliers de spectateurs électeurs devaient remarquer l’intérêt qu’ils partageaient avec eux pour ce sport encore populaire. Des dirigeants ont alors saisi cette présence opportune pour solliciter et obtenir des subventions publiques pour améliorer « le niveau du club de la ville ». Premières dérives par les finances.<br /> Années 90 les premiers mécènes apportent « l’argent qui manque » en échange d’une présence affichée de sponsors, avec l’argent de leur entreprise, apport d’ailleurs partiellement défiscalisé.<br /> Les plus engagés se prennent la présidence du club, c’est pour moi le début, au moins en France, du foot – business. Les salaires s’envolent pour bâtir des équipes potentiellement gagnantes, les joueurs deviennent marchandises à vendre ou à louer. Les jeunes prometteurs sont des objets de convoitises. C’est le grand début de toutes les perversions. Les images télévisées. Les publicités partout autour du stade, sur les écrans, sur les maillots se vendent à prix d’or.<br /> L’avènement de compétitions européennes et internationales favorise l’explosion de foot – fric. Tel club devient une affaire commerciale, il s’achète, il produit des spectacles, attirent de plus en plus de spectateurs, des entrées payantes à prix élevés. Le jeu consiste à plaire, profiter de l’incertitude des succès dans le jeu, le score, le résultat. Le foot a des valeurs : tels des danseurs les joueurs évoluent, entrainant admiration et « ola ». Cependant une incertitude demeure : n’importe qui peut battre n’importe qui. <br /> Mes fils ont pratiqué ce sport, l’un de mes petits - fils passionné, après des études supérieures vient de passer 5 années de sa jeunesse en club professionnel (en National pour les connaisseurs). Difficile quelles que soient les capacités, en raison d’une concurrence effrénée. Ses copains de sport-étude ont 5 ans de pratique de plus que lui, la durée de ses études. La plupart des jeunes joueurs tentent par ce sport de trouver un emploi, ils rêvent de rémunérations mirobolantes.<br /> Les dérives dans les tribunes : un « grand dirigeant d’un grand club du sud de la France » a commencé à pervertir le système en vendant « à conditions avantageuses » des lots de billets à des groupes constitués de fanatiques ». Il leur a procuré, par ce rôle d’intermédiaires marchands, des pouvoirs de mobilisation et d’émergence de forces de pressions.<br /> Puis comme dans beaucoup d’autres manifestations de foules viennent les dérives, des déjantés, des alcoolisés, des anarchiques, des fous sèment la contestation, la haine, la bagarre. Oui c’est l’horreur.<br /> J’en viens au Président de la Fédération nationale, oui c’est un expert du football. Il a créé dans sa ville de 7 000 habitants un club de foot capable d’attirer 18 000 spectateurs, a fait de sa ville un lieu animé, nationalement connu. Il a même été élu maire avec facilité. Je le connais personnellement, nous nous croisons chez notre marchand de journaux sur la côte nord bretonne. Il aurait pu rester un type bien, clairement pour moi ses propos récents sont abjects, erreur fatale. <br /> Je partage en définitive les propos de cet article.
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B
Merci de ce témoignage dont l'authenticité assure la force. Voici, clairemnt présenté et expliqué comment ce jeu sportif populaire est devenu l'emblème de ce qui contribue de manière évidente au côté répugnant de notre époque, le fric roi.