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Epistoles-improbables - Blogue-notes de Jean Klépal

Cohérence

11 Décembre 2019 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Simone de Beauvoir, Les Bouches Inutiles, Barèmes Sécurité Sociale, réfomes

 

En octobre 1945, Simone de Beauvoir a créé son unique pièce de théâtre, Les bouches inutiles, deux actes et huit tableaux, au « Théâtre des Carrefours » (Bouffes du Nord), dans une mise en scène de Michel Vitold.

 

Il arrivait au Moyen Âge qu'une ville assiégée et menacée par la famine chassât hors de ses murs les vieillards, les infirmes, les enfants, et les femmes : bouches inutiles dont il convenait de se débarrasser pour continuer à tenir. L’assiégeant leur refusait évidemment passage, et ils mouraient à l’extérieur des remparts.

Espérant trouver le salut dans ce sacrifice, c'est à cette mesure extrême que se sont résignés les édiles d’une cité flamande, insurgée pour défendre contre son ancien duc les libertés qu'elle vient de conquérir. Il apparait bientôt aux protagonistes de la pièce que la place est en train de perdre tout ce pourquoi elle combattait.

La discrimination tyrannique exercée à l'égard des faibles justifie les oppressions de toutes natures. Si l'on commence à traiter certaines personnes comme des objets jetables, c'est l’humain tout entier qui paraît dénué de quelque valeur que ce soit. Il devient alors rapidement un excédent insupportable, inutile.

La pièce souligne que dès lors que seule commande la force bestiale de l’autorité, justice, liberté et solidarité étant niées, la finalité poursuivie risque d’être totalement perdue, car très rapidement dénaturée au profit du totalitarisme  

Autrement dit, la fin ne saurait en aucun cas justifier les moyens.

C’était en 1945, au sortir d’une guerre atroce, qui vit l’extermination industrielle et systématique des coupables d’être mal nés puisque juifs, d’être déviants sexuels, malades mentaux, opposants politiques, résistants de toutes natures, ou simples suspects.

 

Novembre 2019, 74 ans plus tard…

 

Je viens d’apprendre par les auxiliaires médicaux qui prennent quotidiennement soin de mon auguste personne, qu’à partir du 1er janvier 2020 les prestations relatives aux personnes âgées de 90 ans et plus leur seront rémunérées à un tarif minoré.

A eux donc de décider de la nature et de la qualité des soins dispensés.  Libre à eux de choisir entre rentabilité immédiate, respect du patient et perte de revenus. Voire accepter ou refuser certaines catégories de patients au prétexte qu’ils sont devenus « hors d’âge ». La déchetterie pour tous à partir de 90 ans, voilà une mesure triomphalement démocratique, égalitaire et  fraternelle !

La cohérence avec la préparation de retraites amoindries pour les générations à venir est flagrante. « Simplification » et « clarification » vont de pair, quoi qu’en puissent prétendre les esprits mal intentionnés, opposés par principe aux nécessaires « réformes » commandées par la dette, la mondialisation et le CAC 40.

Une fulgurante clarté d’esprit caractérise nos dirigeants. Chapeau !

Cette clarté est proprement sidérante.

Personne ne peut plus désormais affirmer que ces messieurs-dames se cachent. Ils opèrent au grand jour. Et ce n’est pas d’hier.

 

Est-il vraiment abusif de parler de libéral-nazisme ?

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A
Bonjour Jean.<br /> <br /> Ma réponse est tardive. Mais pour répondre à votre question, « Est-il vraiment abusif de parler de libéral-nazisme? », j'ai voulu l'avis de la ministre des Solidarités et de la Santé (sic), Mme Agnès Buzyn. En écrivant cet intitulé ministériel, il y a comme un engourdissement, passons.<br /> <br /> Sa réponse vient de me parvenir ce 15 décembre 2019 par l'intermédiaire d'un agent du spectacle, BFMTV, pour ceux et celles qui ont choisi les charentaises, la voici :<br /> <br /> "Je souhaite réenchanter l'hôpital." <br /> <br /> Que c'est beau un peu de poésie dans le monde disruptif de notre adulescent de président (désolé je ne mets plus de majuscule à ce stade).<br /> <br /> Effectivement, dans ce monde du progressisme, parti de l'ordre, des apparences, du fric d'abord et du spectacle, la valeur première est la bienveillance en poésie. Je tais ici la répression violente des mouvements sociaux et des citoyens, car pour une majorité, toujours les mêmes, en charentaise, « ils le valent bien, ils le méritent bien. »<br /> Nous sommes ici d'accord que violence il y a dans tous les camps. Je me permets le terme choquant de camp, dans une république une et indivisible, à la suite du préfet de police de Paris, Didier Lallement, qui utilisa ce terme pour répondre à une femme gilet jaune, en date du 19 novembre 2019 : « Nous ne sommes pas dans le même camp, madame. »<br /> <br /> Nous le savons bien, maintenant l'Education Nationale, nos universités, nos forges à élite ont bien fait le travail, une armée de techniciens, de communicants, de designers, d'éditorialistes du néolibéralisme vont dresser ceux qui sont en retard, les insignifiants à leur nouveau système sociétal poétique et disruptif. Tous ces gens qui ne servent à rien dans un tel système vont être matés. Matés mais en poésie, en toute bienveillance.<br /> <br /> Nous y sommes : « La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force. »<br /> <br /> Bonnes fêtes et bonnes capitalisations en plan épargne retraite pour ceux qui le pourront.
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B
Aimable survol réenchanteur de la scène et des protagonistes.<br /> Merci Arnaud, toujours aussi en forme et à propos.