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Epistoles-improbables - Blogue-notes de Jean Klépal

Heureuse initiative

16 Décembre 2019 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Maison des Artistes, Arts visuels, André Malraux, Ministère de la Culture, Art Contemporain (AC), Art conceptuel, Installations,

La Maison des Artistes exerce un rôle d‘aide sociale, de conseil, d'information, et d'assistance auprès des artistes, ainsi qu’une veille auprès des pouvoirs publics. Elle n’a pas toujours bonne presse parmi ceux qu’elle souhaite regrouper, souvent peu au courant de ses activités, parfois méfiants au nom de vieilles histoires difficiles à identifier, comme de on-dit variés.

Son Conseil d’Administration a changé en fin d‘année dernière, son Président actuel a pour ambition d’insuffler une vigueur renouvelée à l’institution. En février dernier, avec l’accord de son équipe, il a adressé une lettre ouverte au Président de la République, au Premier Ministre et à son Ministre de la Culture, ainsi qu’aux principaux élus de la Nation.

Cette lettre est intitulée « Arts Visuels / Stop au dirigisme institutionnel ». Une citation d’André Malraux l’introduit : « L’Etat n’est pas fait pour diriger la création, mais pour la servir»

Le développement expose clairement un état des lieux complètement bouleversés de l’après Malraux :

« Au fil du temps, le Ministère de la Culture et de la Communication s’est coupé intentionnellement de la base des artistes-auteurs (entendons par là artistes créateurs indépendants) par les orientations d’une politique culturelle préférant concentrer délibérément son attention sur quelques segments restreints du prisme de la création. » Il s’agit évidemment de la pédale forte enfoncée depuis des décennies au bénéfice de la promotion insensée de l’Art prétendument Contemporain, AC pour les initiés, au détriment de tout autre mode d’expression.

« … rejetés ou méprisé par une majorité d’émissaires institutionnels pétris de certitudes, les artistes-auteurs revendiquent une équité de choix (de la part des diverses commissions existantes)» poursuit-il.

A cette lettre est jointe une note synthétique exposant griefs majeurs et propositions de mesures concrètes propres à pallier les actuelles dérives sectaires et discriminatoires, si dommageables à l’art et aux artistes.

Répondant à une question suite à cette heureuse initiative, le Président de la Maison des Artistes, vient de m’écrire :

« Une petite quarantaine de réponses, dont seize demandant un rendez-vous. Ces rendez-vous se sont échelonnés de juillet à septembre.

Les élus ne connaissaient pas du tout le sujet, comme ils nous l’ont avoué, et étaient complètement estomaqués par ce que nous racontions.

Franck Riester (Ministre de la Culture et ci-devant concessionnaire Peugeot) a nommé dans la foulée un (…) ancien directeur de Beaubourg et de la BNF, que nous avons rencontré (…), et chargé de tracer la route d’une juste rémunération des artistes-auteurs. A suivre. »

Inutile, bien entendu, de se faire des illusions, les habitudes et les certitudes sont ancrées, le mal subi par l’art en train de se faire est considérable, le désarroi est profond, les repères ont volé en éclat, la marchandisation dévastatrice est  devenue l’alpha et l’oméga d’une armée de Trissotins asservis à une poignée de monstres de la finance aussi prétentieux qu’ignares.

Il n’en reste pas moins que voir des artistes et certains de leurs représentants se saisir du scandale que représente la mise à mort systématique de toute création hors des sentiers de la mode officielle labélisée de l’art conceptuel et des installations, fréquemment du n’importe quoi, a de quoi réjouir.

Malgré les efforts déployés par les nuisibles institutionnels, l’électroencéphalogramme plat n’est pas encore généralisé.

Une fois écartées les têtes de gondole laurées par un Pouvoir inculte et méprisant, ouvrons grands les yeux, efforçons nous de pratiquer les lieux alternatifs, les galeries indépendantes, de visiter les ateliers lorsqu’ils s’ouvrent au public, de saisir toutes les occasions possibles d’entrer en relation avec des artistes, peintres, photographes, sculpteurs…, là où ils se trouvent.

Gardons-nous des temples officiels propres à la bigoterie stérilisante, ainsi qu’au naufrage culturel et social.

Chacun ne peut qu’y gagner, la rencontre fertilise.

Le croisement de paroles et de regards différents est bien plus porteur que la soumission au consensus mercantile de la reproduction quasi industrielle du même, ad nauseam.

Surtout persister à donner de la voix.

 

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