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Epistoles-improbables - Blogue-notes de Jean Klépal

Pot Pourri

13 Janvier 2020 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Jules César, Napoléon Bonaparte, Badinguet,, Margaret Tatcher, Alfred Jarry, Eugène Ionesco, Pierre Dac

Tentative théâtrale ; Pochade tragi-comique malléable

 

Silhouettes

 

Achtung Verboten, préfet

Angeline Deguerlasse, sinistre des Armées

Burin, artiste de cour, gilet rayé prolifique

Cristobal Lacastagne, pyromane de l’Intérieur, porte-coton

Edgar Duport, fondé de pouvoir, premier sinistre

Fifrelin, maître de la pompe à phynances

Magnus, robot inoxydable

Madame Magnus, son épouse à tout faire

Motus, porte-parole, manieur d’orgue de barbarie

Sapiens, conseiller spécial de Magnus

 

Ombres : Jules César, Napoléon Bonaparte, Badinguet, Marguerite Karcher

Gardes du corps : policiers et céhèresses

Le chœur : gilets jaunes, éclopés, manifestants

Souffleurs : Alfred Jarry, Eugène Ionesco, Pierre Dac

 

Au lecteur d’attribuer les répliques au personnage de son choix, ce qui confère un caractère interactif à cette tentative théâtrale inédite.

Au lecteur, de même, d’attribuer des caractéristiques (âge, sexe, apparence physique) à chacun des personnages.

Au lecteur, encore, de prolonger à sa guise.

 

(La scène est plongée dans le noir. Des bruits sourds lointains, quelques éclairs. Tout à coup une forte détonation, lumière, des fumigènes envahissent l’espace. Il faut que ce soit vraiment suffocant. Des ouvreuses distribuent des masques, au public de décider de rester ou pas.)

 

(Le chœur entonne Le chant des esclaves de Nabucco au moment même où Magnus entre en scène. Celui-ci feint l’indifférence. Le chant terminé, le chœur se retire.)

 

- Décidemment, tout est pourri dans le royaume de Danemark ! De l’ordre, de l’ordre, des réformes, des mises au pas, voilà ce qu’il leur faut ! Je vais leur en foutre plein les badigoinces, bordel de merdre !

Duport, Lacastagne, à ma botte, sacré nom de Dieu !

- (ensemble - ils arrivent l’échine courbée jusqu’à terre) Tout de suite Maître !

- Vous êtes des chiens, des porcs, des bâtards, vous ne maîtrisez rien ! Je vais vous faire flageller par Achtung Verboten.

- Allons, mon Magnus chéri ne te mets pas dans cet état, ça n’en vaut pas la peine, tu le sais, tu es unique.

- Certes, certes, mais alors que faire ? Comme disait Lénine.

- Laissez pisser le mérinos, comme disait votre prédécesseur, Louis XIV.

- Il est minuit chrétiens… (La pendule sonne onze coups, puis un douzième, après-coup)

- Je puis vous dire que si l’on n’a rien à dire, il va sans dire que le dire en public c’est déjà beaucoup dire.

- C’est juste, mas nous ne jouons pas dans le même camp.

- Cornegidouille, palsambleu, vous me gonflez sérieusement.

 

- Bonjour, c’est pour les compteurs Linky, des compteurs à points qui ne tombent pas toujours à point !

- Dégage minable, va plutôt assister au rut des éléphants, à Baga, avec le Comité des anciens.

- La dette, la dette, nous n’avons plus les moyens d’endormir suffisamment les pauvres et d’apaiser à peine les riches.

- C’est flou, on n’y comprend rien. Là où ya du flou ya des loups.

- Manu, ta réforme elle est foutue

Et si ça continue,

Tu pourras t’la mettre au…

(Bis)

- A la trappe ! A la trappe, tout de suite ! Mettez-les à la trappe !

Ce sont des minables, des gagne-petit, des profiteurs sans talent, des bouches inutiles, des assistés, des derniers de cordée. De l’air ! De l’air !

(Bruits d‘os brisés par des matraques, cris, jurons divers, plaintes, silence, rancunes)

 

- Ô dette, ô désespoir, phynance ennemie !

- Justement, c’est fait pour ça. La roue tourne et revient à sa place. Si tu te déplaces, on te remplace. Ah, Ah !

- Merdre, j’ai perdu tous mes aliments de langage.

- Tiens, attrape, c’est un sandwich ciré pour manger sous une pluie de grenades.

- Parfait, grenade dîne, un sirop pour les enfants.

- Et les compteurs Linky ?

- Il faut les repeindre, je n’aime pas le jaune.

- Alors mon minet, et la Planète ?

- Elle n’a jamais été aussi belle qu’à l’heure où fleurissent les lacrymos et blanchit le bitume.

(La pendule explose et laisse échapper un vol de colombe)

 

- Là-bas tous ces braillards…

- Un passant tabassé à mort, un manifestant tiré à bout portant, ils finiront bien par comprendre les vertus de la démocratie.

- Que faisaient-ils là ? Ils n’ont fait que provoquer leur destin.

- Motus, dis-nous comment donner au mensonge un air de vérité.

- Fastoche, il suffit de parler de démocratie.

- La démocratie est une fable propre à endormir les enfants, quel que soit leur âge. Ils rêveront d’élections, ce qui les gardera des mictions nocturnes.

- Merveilleux, nous abordons au pays des merveilles.

- Fouette cocher, gondolier, charmant gondolier chante-nous ta barcarolle.

- C’est pour toi, mon minet, écoute attentivement.

- La démocratie ? Comment s’en débarrasser ?

 

- Linky, demandez votre Linky, qui n’a pas son Linky ?

 

- Des émeutiers s’annoncent, ils veulent entrer…

- Dispersez-les sans ménagement !

Nous les recevrons dans trois semaines, dites-leur que toutes les mesures sont abrogées dès maintenant, reportées à plus tard, comme il convient. Nous les recevrons pour discuter des modalités déjà  arrêtées.

Rien ne presse, le pays peut attendre le retour de la canicule comme celui des hirondelles.

- Il n’y a plus d’hirondelles, les pesticides les ont tuées.

- A merveille ! Nous nous prolongeons. Vive la fin du monde, les plus égaux des égaux vont enfin pouvoir trinquer !

- Quel panache !

 

- (Tous)

Dinero y tiempo para gastar lo !

Monney is beautiful !

Eradiquons l’humain, ce gêneur nuisible !

Des robots, il nous faut des robots, la nature est en trop !

Vive les ordonnances !

Vive Manu !

 

- Quelle belle sauterie à venir ! Viens mon minet, prend ta lyre…

 

(Pétards, cotillons, feux de Bengale – La scène est peu à peu envahie de bouchons de champagne - Noir - Rideau définitif)

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A
Excellentissime Jean.<br /> <br /> Sans pouvoir atteindre votre original, voilà aussi une petite scène, simplement pour partager.<br /> <br /> <br /> * Sur une proposition de maître Jean Klépal.<br /> <br /> Pot pourri (autre).<br /> <br /> Tentative théâtrale ; Pochade tragi-comique malléable<br /> <br /> <br /> <br /> * * *<br /> <br /> <br /> (Dans le salon sablier où le même se déverse d'un extrême à l'autre extrême, qui est le même, où attendent les mêmes, qui pour aller d'un bout à l'autre du sablier, sortent du sablier.)<br /> <br /> (Magnus tourne régulièrement le salon.)<br /> <br /> (Frifelin sur capitalisation ajoute régulièrement quelques grains de sable au sablier.)<br /> <br /> (Au milieu du sablier on entend le peuple qui regarde passer.)<br /> <br /> (Edgar Duport fait les poches aux gens du milieu pour ajouter des grains.)<br /> <br /> (Angeline Deguerlasse, bienveillante, supervise le tour de passe-passe.)<br /> <br /> (Des personnages à découvrir.)<br /> <br /> (C'est l'universalité pleine de croissance.)<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> - Ô vent Libanais je te chéris aux paillasses pouilleuses japonaises.<br /> <br /> - La malle, pas la malle ? Allez, un petit indice de cèdre?<br /> <br /> - Ô que j'aime boire dans la faïence de sèvres. Où sont mes golden ? Mes parachutes ?<br /> <br /> Debout, assis, couché.<br /> <br /> - Nous rendons l'antenne dans cette position. Que j'aime les sévices publics.<br /> <br /> - Madame, que j'aime vos antennes.<br /> <br /> - Monsieur vous me dressez.<br /> <br /> - Madame notre somme est à l'égal du monde.<br /> <br /> <br /> (Sapiens et Motus entrent dans le sablier.)<br /> <br /> <br /> - Sir. Le chant populacier n'est qu'un chant d'orfraie. Nous avions employé une purée de pois lexicale fort trop complexe et léchée. Désormais tout est entendu, petit peuple lui, un peu mieux comprendre, gentil, gentil, n'est-ce pas M. Atchtung Verboten ?<br /> <br /> - Camp. Moi, camp.<br /> <br /> - Cristobal de Lacastagne, un nonosse.<br /> <br /> - Entendu. Pour moi puis-je un p'tit verre de vodka et une galoche, c'est à cause du gaz.<br /> <br /> - Faîtes bombance. Pour la galoche, demandez à Motus et Magnus, nos spécialistes pour nettoyer la langue en profondeur. Ils peuvent même en faire une sublimation. Ce sont nos remarquables alchimistes.<br /> <br /> - C'est français cette éducation ?<br /> <br /> - Formation nationale française M., dès la petite enfance par la sélection élocution nationale. Nous avons tout un catalogue de spécialistes, de techniciens, de commerciaux, de designers, en tous genres. Même la nuit il fait jour.<br /> <br /> (Burin, ayant vite passé sa période jaune.)<br /> <br /> - Impressionnant d'impressionnisme.<br /> <br /> - Ta gueule Burin. Maintenant il y a spectacle.<br /> <br /> <br /> (Pétards, cotillons, feux de Bengale – Noir – Rideau.)
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B
Superbe écho, l'interactif à son mieux ! Merci.