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Epistoles-improbables - Blogue-notes de Jean Klépal

Retour du refoulé

19 Mars 2020 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #anxiété, panique, guerre 39-40, Déluge, Éternel retour, phénix, catharsis

Tout à coup un état de malaise profond, des angoisses, une incapacité motrice inusitée ; aucun symptôme précis, seulement un sentiment généralisé de mal-être, isolement, abandon, absence totale de maîtrise accompagnée d’une imprécision de pensée. Quelque chose de l’ordre d’une lassitude fortement teintée de peur panique. Sentiment d’être le jouet de puissances inconnues. Un ensemble de phénomènes inhabituels avec pour seule référence ce que l’on peut ressentir à l’occasion d’une très forte émotion et des dysfonctions cardio-vasculaires engendrées. Décharges émotionnelles, tension en forte hausse, céphalée.

Rien à voir avec la description des signes avant-coureurs d’une contagion. Que se passe-t-il ? S’agirait-il de la fin ? Jamais envisagée comme cela pourtant. Insolite. L’idée même de chercher à comprendre fait totalement défaut.

Cela va durer trente-six, peut-être même quarante-huit heures. Toujours là, mais toujours aussi mal.

Besoin de repos, besoin de parler, besoin d’écoute. Epuisement. Parler, la parole qui apaise peu à peu…

Baisse progressive de la tension, fatigue, esprit vide. Angoisse latente rémanente.

Du temps passif, de la durée.

Et puis, brusquement, inattendue, la catharsis, la compréhension qui éclaire et apaise. La compréhension qui permet de reprendre temporairement la main. Mais oui, c’est évident, c’est bien de cela qu’il s’agit. Une analogie !

 

Depuis des jours et des jours, l’anxiété est déversée à tombereaux ouverts, presse, radio, télévision, déclarations alarmistes, récusations, petites phrases, expertises en toc, chiffrages, projections et sondages hors sol, incohérences, contradictions, absence totale de crédibilité. Bouillon nauséabond, pervers et infectieux. Cerise sur le gâteau, deux déclarations présidentielles successives martiales, anxiogènes et répressives. Un redoutable « Nous sommes en guerre » maintes fois martelé. Un éloge de professionnels hier réduits à quia. Un brusque changement de cap politique en filigrane, - hop, vite, il nous faut changer de monture en pleine débâcle -,  tout en maintenant à terme des dispositions honnies. Le sous-entendu domine, donc l’incompréhension et le malentendu. Les mots dits sont autant destinés à cacher qu’à indiquer.

Les magasins d’alimentation sont pris d’assaut et dévalisés par une barbarie générale révélée, le repli, la fuite égoïste du chacun pour soi. Bouchons routiers provoqués par des départs intempestifs « à la campagne ». Un grotesque laissez-passer est instauré. La population est confinée dans l’urgence.

 

Septembre 1939, juin 1940 et la suite.

La guerre (« Paris sera défendu rue par rue, maison par maison » Paul Reynaud), la distribution de masques à gaz pour chacun, l’exode, le rationnement, les queues pour les approvisionnements élémentaires, l’occupation, Ausweis nécessaires pour franchir la ligne, le couvre-feu, la peur quotidienne, la vie entre parenthèses.

La fin de mon enfance.

 

Elémentaire, mon cher Watson !

Et voici, Monsieur, pourquoi votre fille est muette !

 

Certes les conditions ne sont pas comparables. L’analogie n’en demeure pas moins possible.

La mondialisation et sa prétention à tout régenter revêtent un aspect inattendu.

Mythe du Déluge, mythe de l’Eternel retour. Le Phénix renaîtra-t-il toujours de ses cendres ? Jusqu’où l’humanité est-elle susceptible de se succéder à elle-même ?

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A
Bonjour. Comme toujours ici, du grain à moudre.<br /> <br /> Pendant que l’épidémie de Covid-19 (SarsCov-19) progresse chaque jour en France, le président de la République, Emmanuel Macron, s’est exprimé, lundi 16 mars à 20 heures, dans une allocution télévisée. Sans esprit de polémique, juste pour échanger, voilà ce qui m'a le plus interrogé dans cette allocution : « Beaucoup de certitudes, de convictions seront balayées, seront remises en cause. (...) Ne nous laissons pas impressionner, agissons avec force, mais retenons cela, le jour d’après, quand nous aurons gagné, ce ne sera pas un retour aux jours d’avant. (...) Et je saurai avec vous en tirer toutes les conséquences, toutes les conséquences. »<br /> <br /> Il y a aussi, bien sûr : « Nous sommes en guerre » qui amorce chaque partie du discours, dans un verbe, que de nombreux éditorialistes ont qualifié instantanément, de gaullien (chef de guerre, chef de la patrie, chef de famille).<br /> <br /> Nous sommes le 20 mars 2020 à l'écriture de ce commentaire, un article du magazine Marianne attire mon attention, en voici le lien internet : <br /> <br /> https://www.marianne.net/societe/c-est-confirme-la-loi-urgence-coronavirus-va-revenir-sur-les-droits-aux-conges-les-35-heures?utm_term=Autofeed&utm_medium=Social&utm_source=Twitter#Echobox=1584711081<br /> <br /> Cet "état d'urgence sanitaire" est compréhensible pour l'après crise, pour la relance du pays. Je ne suis pas contre. En même temps m'essayant modestement à la prospective sur l'évolution de nos sociétés, me vient à l'esprit :<br /> <br /> L'après ? C'est peut-être 1984 de Orwell ?<br /> <br /> Tout est là, un pouvoir néolibéral autoritaire amenant le transhumanisme, une technologie efficiente de surveillance et de contrôle (logiciel deep learning, intelligence artificielle, robotique, neurosciences...). Les exemples de la Chine, qui a une avance considérable sur le reste des pays dans ces domaines, d'où une guerre économique, énergétique et géostratégique au plus intense entre les acteurs de la multipolarité mondiale (Chine, USA, Europe, Russie, Angleterre, Israël...), nous le montre.<br /> <br /> Un exemple en Israël du service (sic) de la technologie dans la crise sanitaire :<br /> Journal Le Monde du 17 mars 2020 : « Coronavirus : Israël approuve des méthodes de surveillance électronique de masse. » Voici le lien internet :<br /> <br /> https://www.lemonde.fr/international/article/2020/03/17/israel-approuve-des-methodes-de-surveillance-electronique-de-masse-contre-le-coronavirus_6033390_3210.html<br /> <br /> Vous me direz que je ne suis pas le premier à utiliser cet argument depuis Georges Orwell, certes. Mais pour qui s’aventure plus en avant dans le transhumanisme, les courants libertariens, est pris entre positivité et négativité, ratio bénéfice/risque, vous me direz ainsi va la vie et notre existence.<br /> <br /> PS : j’utilise des gros mots (néolibéralisme, transhumanisme, libertarien) qui comportent de fortes nuances. Selon les personnes, au-delà de l’étymologie, ces termes prennent des sens divers. Je converse assez souvent avec un scientifique chercheur en neurobiologie se définissant comme libertarien. Pour lui par exemple, le système économique et social français est socialiste quand j’y vois un néolibéralisme sous la coupe de l’Union européenne entre autre. La vérité ( ?) se trouve certainement entre les deux.<br /> <br /> Pendant ce temps les banques centrales mondiales (F.E.D, B.C.E…) font tourner les planches à billets, emploient le quantitative easing de façon débridée, mettent en place des taux négatifs…<br /> <br /> L’Argent qu’est-ce devenu ?<br /> <br /> Vive le vent<br /> Vive le vent <br /> Tralalalala<br /> <br /> <br /> <br /> Aie confiance.
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C
Sinistre réminiscence inconsciente de couvre feu de vécu dans les années 1943/1944. <br /> Nouvelle expérience à vivre . Ca manquait à mon CV. Pour l'avenir de l'humanité ?, de vaillants explorateurs veulent coloniser une planète voisine et y semer les mêmes tares humaines . Alors carpe diem et après moi le déluge.
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