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Epistoles-improbables - Blogue-notes de Jean Klépal

A plein poumons

14 Août 2020 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #E. Hemingway, B. Vian, J. Prévert, Campagne Pastré Marseille

 

Un demi-siècle les sépare, et pourtant elles sont amies.

L’une a cinquante-sept ans depuis six mois, l’autre sept ans depuis deux mois.

Je connais l’une depuis des années. Elle est peu à peu devenue précieuse partenaire, personne de confiance absolue, très efficace référence. Son intransigeance la garde de toute compromission.

L’autre est mon arrière-petite-fille, touchante révélation d’un lumineux prolongement joyeux, à laquelle il m’est doux de passer un témoin.

Il arrive parfois que des rencontres électives s’établissent hors de toute raison. Une sorte d’aimantation subite s’exerce entre deux personnes. Et jaillit alors une relation très singulière, invraisemblable, presque de l’ordre du conte ou de la fiction romanesque.

L’éclat du Vieil homme et la mer, joyau littéraire ciselé par Ernest Hemingway, resplendit tout à coup.

Il faut beaucoup de fraîcheur, beaucoup d’émotion et de disponibilité, beaucoup de respect aussi, pour que l’adulte considère l’enfant comme un partenaire à part entière.

La planète est attaquée de toutes parts, l’atmosphère sert de dépotoir aux vomissures industrielles, le système monde se dégrade de jour en jour, des Messieurs qu’on nomme grands (B Vian), morts vivants partout aux manettes, rivalisent dans le mensonge permanent, espérant assurer et prolonger leurs criminelles pantalonnades, déroutés des penseurs labellisés pure laine cherchent à tâtons de ténébreuses issues de secours.

Une femme et une enfant les narguent.

Une femme et une enfant les ignorent.

Une femme et une enfant les surpassent.

II suffit de sourire, de faire confiance, il suffit d’accepter le temps d’un bien-être, de le trinquer avec plaisir.

Foin des différences, de la distance, il suffit d’écouter un désir de partage. Il suffit d’être fidèle à ses émois, pour qu’une déchirure d’entre les nuages, une ouverture sauvage, laisse percer la sensibilité d’un bleu lumineux.

Confiance et simplicité sont seulement nécessaires.

C’est clair, joyeux et sérieux comme un poème de Jacques Prévert.

C’est clair, joyeux et sérieux comme la vie à son meilleur.

L’une vient d’inviter l’autre à partager une journée. A partager la joie d‘être ensemble.

Elles sont allées au bout de la Terre, à la Campagne Pastré, rire et visiter les chevaux, marcher et gambader, respirer à plein poumons l’air des collines et des calanques voisines.

Elles sont allées au bout de la Terre, là où la vie demeure.

Elles sont allées au bout de la Terre, humer de l’humain.

Vite, vite, cela demeure possible.

Cela dépend (encore) en (grande) partie  de nous.

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M
Je suis ravi de cette lecture. Merci!
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S
Pas besoin d'être grand clerc pour savoir de qui tu parles et être enchanté (mais pas étonné) que le courant passe et que la magie fonctionne… J'embrasse tout ce beau monde dont la boussole indique le cap le plus essentiel, droit sur la joie de vivre.
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K
C’est beau comme du Klepal ! Tendresse . K
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M
Voilà !!! Tout est là....... La vraie vie.....
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