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Epistoles-improbables - Blogue-notes de Jean Klépal

Farce tragique

10 Janvier 2021 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Elections et tirage au sort

C’est à Washington, au Capitole, que le naufrage tragique des États-Unis se consomme sous nos yeux.

Point de mire de l’Occident, modèle fascinant, préfiguration constante du devenir des sociétés dites avancées, la nation référence offre l’image d’un désastre fondamental après s’être offerte à une succession de malandrins nuisibles à l’humanité. De Nixon à Trump, en passant notamment, par Reagan et Bush Jr… (Par un certain mimétisme, nous avons réussi à introniser Chirac, Sarkozy, Hollande ou Macron. Puissance et richesse du vote prétendu démocratique !)

Nous assistons à l’aboutissement d’un effrayant processus de déclin fondé sur le total mépris des valeurs essentielles propres au respect de la vie sous toutes ses formes, comme à celui de la planète elle-même. Emportés dans une spirale mortifère où les résultantes de forces antagonistes accélèrent les réactions, nous vivons probablement les derniers instants d’une ère.

Un fou délirant, mégalomane accompli, réincarnation paroxystique d’Idi Amin Dada ou de Bokassa, parvenu à la tête d’un Etat superpuissant, vient d’illustrer en peu d’années la décrépitude non seulement de la Nation qu’il voulait rétablir dans sa suprématie absolue, mais aussi du  reste du monde.

Nous avons là le résultat d’un lent et irrémédiable glissement vers le totalitarisme et l’abandon définitif des valeurs de l’humanisme. Cela à partir de concessions et de compromis apparemment anodins portant sur l’essentiel. Chaque coup de canif porté au respect de la vie et du vivant porte en soi une imparable nécrose. A chaque fois que nous admettons ou passons sous silence une déviance, un écart aux valeurs essentielles, nous nous faisons complices de l’affirmation progressive d’un système destiné à nous broyer. C’est comme cela que les idées du Front National sont parvenues à se banaliser et à gangrener les esprits. Grâce à Chirac (les « odeurs ») et Sarkozy (Ministère de l’identité nationale), Macron (atteintes aux droits fondamentaux, libertés, travail), Le Pen est devenue superflue, au mieux, totalement envisageable, au pire.

L’intransigeance la plus sourcilleuse est désormais requise. Laisser dire, laisser faire, admettre au nom d’une certaine pluralité, ne sont plus possibles.

Les dérives et les accommodements de la social-démocratie depuis Guy Mollet, et peut-être même Léon Blum, nous ont conduits là où nous sommes.

Croire aux vertus d’un système prétendument démocratique par lequel les statuts privilégiés se transmettent quasi automatiquement de génération en génération grâce au vote majoritaire totalement encadré par des astuces de découpages ou de représentation à échelons multiples, relève d’une inconcevable naïveté.  

L’enchaînement depuis 1789 est toujours identique. Apparence de changement, reprise en main par les mêmes ou leurs strictement semblables autrement vêtus, alternance pseudo démocratique propre à donner le change pour qu’en fin de compte les choses demeurent en l’état.

Socialistes, centristes, droites dures ou extrêmes, le personnel est interchangeable. En matière d’exercice du Pouvoir, les fesses se mettent toujours à la forme du fauteuil. Le Président quel qu’il soit travaille sous les dorures et les lambris de l’Ancien Régime, auquel d’ailleurs nous revenons à pas de géant.

Il ne s’agit en aucun cas de Révolution à faire, l’Histoire nous a appris l’illusion à laquelle elles répondent. Révolution, contre-révolution, retour au point de départ, parfois en amont… Il s’agit de rupture fondamentale, s’il est encore temps.

Parmi ces ruptures mettons en question le leurre des élections majoritaires et interrogeons-nous de toute urgence sur les conditions de la pratique du tirage au sort des responsables politiques, soumis à une véritable obligation de comptes à rendre,  à une révocation possible, à l’interdiction de s’installer pour faire carrière au mépris de leurs mandants. Il y a là un passionnant chantier à ouvrir. Des documents existent, une recherche s’impose.

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A
Bonjour Jean.

Je ne suis pas assez sérieux pour participer au nécessaire de la politique. Ma réflexion actuellement, à la suite de St-Exupéry -entre autres- est, pour quel Homme? Les actions avec les paroles -dans l'à peu près d'une probité qui nous grandit, nous humanise, peut-être?- Je ne suis qu'un païen, un chasseur cueilleur -en esprit- conciliant -ce qui est normal pour un minoritaire-, un Homo Neanderthalensis peut-être? Je tiens ma rigueur de l'Atlantique, des éléments en général. Quel est le langage de "la Nature"? Pour moi les mathématiques -les connaissances en astrophysique en témoignent même si elles apparaissent à la limite du "raisonnable"-. Bien sûr l'interaction est la musique, la poésie, la peinture ect ect, la dimension de "création" de l'Homme. L'action encore, à l'appui des mots, du langage pour la présence, l'existence.

Toujours à la suite, je dis que l'important est de prendre «en main, au plus près » son existence,
«être là», «être le là», à même. En astrophysique, le grand défi est une théorie unificatrice de l'infiniment grand -régit en gros dans nos connaissances actuelles, par les théories de Eisntein- et l'infiniment petit avec toutes ces théories -en particulier de la physique quantique-. Les deux sont à ce jour sans pont. Qu'en est-il du système politique, social, sociétal, du vivre ensemble? Il semble que la problématique soit de même ordre.

Le courant actuel, me semble-t-il? Les technologies règleront tous les problèmes (sanitaires, climatiques, de pénurie d'eau, de gouvernance ect ect). Nous domptons la Nature, nous, bientôt Homo Deus. Le choix majoritaire de ceux qui imposent «l'ordre des choses sur la planète» est le socle d'avenir. Il est bien beau de «déléguer» tout cela et de sans laver les mains par confort matériel et manque de courage. Une chose que j'ai appris de la vie : le sur-confort rend lâche, peureux.

Après avoir vider Dieu du ciel -pour ma part je suis agnostique-, après avoir par humanisme, universalisme détruit les cultures, les peuples sur la planète pour un Mac Do en commun, voilà que certains veulent l'immortalité. Pour quel Homme, Jean? un Homme immortel sans contact, sous scaphandre, en symbiose avec des intelligences artificielles?

P.S : Jean,, je me permet ce texte sachant que vous avez l'habitude que je commente un peu à «côté», juste pour agrémenter et que ce texte est un parti pris que je peux évidemment nuancer sincèrement.

Fraternité Jean.
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M
Je défendais la nécessité de créer une Constituante avec débats comme ce qui s'est fait avec les Gilets Jaunes. Etienne Chouard a défendu l'idée du tirage au sort en 2005 dans un certain contexte. Il en est revenu.
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M
Mes commentaires ne sont jamais validés. Pourquoi ?
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B
Et pourtant ça marche.
Etienne Chouard est un personnage intéressant, il faudrait savoir à qui tient sa variation de point de vue. Le tirage au sort est affaire délicate, à regarder de près. L'idée est séduisante et riche, elle implique de profonds bouleversements dans les mentalités et les comportements. Il s'agirait d'une vraie rupture, rêvons un peu. Le vote majoritaire tel que nous le connaissons est l'occasion de telles duperies (découpages des secteurs, règles de décompte, procédures intermédiaires) que s'en tenir à distance est bien le moins.
L
Merci Jean
d'accord avec toi en général sur le fond critique, mais qui ne le serait pas, honnêtement?, sauf en ce qui concerne "la révocation" à la fin de ton article. je suis contre. Je pense qu'elle est un concept impraticable à l'échelle d'un pays peuplé (en nombre) comme le notre et qu'il ouvre la porte à toutes sortes de populismes, pas tous fondamentalement bienveillants. de plus elle nous ramènerait à ces gouvernements instables de la 3eme république, on a déjà essayé cela dans l'histoire.
Je ne la penserais pas utile donc d'autant plus si était étudiée en profondeur la possibilité, d'une "véritable obligation à rendre des comptes".
Mais celle ci présentée non pas comme une menace, ce que je ressens dans ta formulation et même si je la comprends, ( ne dit on pas chat échaudé craint l'eau froide ...), mais simplement donc sans le soubassement de l'inquiétude, comme garde fou démocratique. car ce qu'il faut "coerciser", cadrer,controler c'est l'état, pas le peuple. Le peuple lui tient toujours ses promesses, celui de faire bouillir la marmite.Mais Si l'on veut restaurer de la confiance dans les modes de gouvernances, ne doit on pas commencer par travailler sur nous mêmes et faire aussi cet effort en amont pour poser de nouvelles bases?
Et celui qui serait désigné ainsi devrait conduire son mandat jusqu'au bout, tenu par ce contrat de confiance collective et les garde fous démocratiques.
Je ne vois pas bien sinon, la France étant peuplée de 67 millions de président de la république, ..., comment on pourrait légitimement, légalement, et réellement, gouverner ce pays dans le cadre des tensions mondiales des hyperpuissances, pour satisfaire au moins le plus grand nombre. ( et dans ce nombre lesquels? ... encore un vaste chantier ..)
L.R.
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B
La proposition de tirage au sort en lieu et place du vote majoritaire suscite réflexions et remarques. C'est bon. Il s'agit avant tout d'un axe de recherche à rapidement explorer. D'abord la volonté, les principes directeurs, en,suite les nombreuses mises au point indispensables.
Merci de cette contribution.