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Epistoles-improbables - Blogue-notes de Jean Klépal

Lueur à Saint-Rémy de Provence

14 Février 2021 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #St-Rémy de Provence, Van Gogh, Prassinos, Gérard Depralon,

 

Saint-Rémy de Provence : capitale des Alpilles, environ 10 000 habitants, lieu de villégiature apprécié, fréquenté depuis longtemps par de nombreux artistes. On se souvient du séjour qu’y effectua Vincent Van Gogh dans une maison de santé, et de l’existence de la Fondation-Donation Mario Prassinos, peintre, chantre des collines avoisinantes. (Le lieu est hélas aujourd’hui fermé par manque de soutien institutionnel. En quel cul de basse-fosse les Peintures du supplice et les Collines données à l’Etat sont-elles entreposées ?)

2021, en cette période de peur, de mépris et de régression, la Municipalité lance un bien singulier projet. Il s’agit d’inscrire la nature comme source d’inspiration artistique et d’animation culturelle de la Commune, pour l’année en cours et les suivantes. L’arbre dans la ville en est le thème initial, devraient venir ensuite La roche, escalader les massifs, puis L’agriculture, travailler la terre (saisons 2 et 3, périodes de deux ans).

« Cette action conjuguée des services culturels (musée des Alpilles – bibliothèque Joseph-Roumanille et service de l’action culturelle (devrait) permettre aux habitants, et aux visiteurs, de se questionner sur leur appropriation de l’espace public, la place de la nature en ville » lit-on dans la Présentation générale du Projet édité par la Mairie.

Cette initiative tient aux considérations suivantes :

« La nécessité d’abattre plusieurs platanes sur la commune de Saint-Rémy-de- Provence, à cause du développement du chancre coloré, a été vécue par certains comme un vrai traumatisme. Cet événement a mis en exergue l’attachement profond des habitants pour les arbres et le rôle qu’ils jouent dans le cadre de vie saint-rémois.

Ce ressenti avait déjà laissé des traces dans la mémoire collective et dans les archives de la commune. En effet, l’abattage des ormeaux du tour de ville à la fin du XIXe siècle et début du XXe siècle et notamment le gros ormeau, « exécuté » en 1928, avait marqué les esprits.

La Saison 1 a pour objectif d’accompagner tout un chacun dans ce bouleversement en proposant des actions artistiques autour du rôle de l’arbre dans la ville. » (Présentation générale du Projet)

Plusieurs artistes ont été sélectionnés pour mener à bien cette belle aventure.

Gérard Depralon (dessinateur)  Anne Cortey (auteure),  Agnès Régolo et la Compagnie théâtrale qu’elle dirige, Thomas Bohl (photographe), Jean Faggianelli (auteur). Il leur est demandé de concourir à « développer un dialogue, des interrogations et une discussion sur la place de l’arbre dans le milieu urbain. »

Les élèves du primaire, les collégiens et les lycéens sont associés à la réalisation d’une œuvre collective, en liaison avec le Musée.

Il y a une exemplarité dans cette décision si peu conforme à la soumission ambiante. Bien sûr une hirondelle ne fait pas le printemps, ni une lueur un foyer ardent. Il n’en demeure pas moins qu’en ce temps de contrainte, de contrôle et de répression, oser publier le souci de l’environnement, celui d’une relation personne-nature lucide et apaisée, oser monter une opération mobilisant des énergies positives, s’apparente à une bienfaisante témérité offensive dédaigneuse des menaces que des pisse-menus entretiennent pour mener à bien leur entreprise de soumission planétaire. Culture, foisonnement artistique, contre démocrature !                                                                                                      

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