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Epistoles-improbables - Blogue-notes de Jean Klépal

Vox clamavit in deserto

8 Décembre 2021 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Ph. Poutoux ; J-L Mélenchon;; Byzance ; mmour ; Le Pen ; Pcécresse

 

Si un énorme fracas se produit au désert et qu’il n’est personne pour l’entendre, le fracas n’existe pas.

De même pour ce qu’il est convenu d’appeler la gauche. Ignorons l’abus de langage globalisant pour ne considérer que la consternante érosion, l’émiettement mortifère, d’une constellation de chapelles désarticulées, antagonistes, vouées à l’extinction au bénéfice de forces réactionnaires, dramatiquement autoritaires et réductrices de libertés.

Il n’existe actuellement à gauche que deux voix authentiques.

L’une, celle de Philippe Poutoux, cherche à profiter des élections présidentielles pour faire retentir l’expression d’un bon sens difficilement contestable, témoignant sans détour de faits et de données réels, faisant un étendard de sa singularité. Sa marginalité induit un quasi désintérêt chez les adeptes de la coutume électorale, qui le tiennent pour quantité négligeable. Ridiculisé, méprisé, ignoré, il poursuit intelligemment sa route avec un réel panache. Il n’a aucune chance, il s’en moque. Il n’est pas là pour ça. Imperturbable et malicieux, il lance ses éclats de balise, parce qu’il le faut. Sa conviction est impressionnante.

L’autre voix, celle de Jean-Luc Mélenchon, est celle d’un opiniâtre qui donne à penser. Brillant orateur, souvent pertinent, il aborde de front des questions qu’il sait nommer. Il dissèque, argumente et propose. Il porte l’estoc au défaut de la cuirasse. Cependant, il ne parvient pas à convaincre. Le personnage très souvent maladroit, impulsif et sûr de lui, volontiers sectaire,  agit au détriment de la personne, qu’il décrédibilise. Il ne parvient pas à lever un climat de suspicion à son égard. Il parle donc essentiellement dans un désert où il s’épuise.

En périphérie, des silhouettes niaiseuses gonflées à l’ego, sortes de présentoirs publicitaires en quête de notoriété, font le jeu de la droite dure par leur incapacité à fonder une cause partagée. Le PS en premier lieu, les Verts également, ont abrité les meilleurs élevages pour ces nuisibles mannequins à placardiser d’urgence.

Tandis que la maison brûle, les chicaneries sont d’une coupable indécence.

A Byzance, en 1453, quand les barbares étaient aux portes, les religieux discutaient du sexe des anges.

Il existe me dit-on, et j’en conviens, de nombreux foyers de contestation sur l’ensemble du territoire. Ne nous abusons pas toutefois. Cela bien évidemment ne saurait suffire face à l’horreur que représente la montée en puissance de l’extrême droite. Quand retentiront enfin des clameurs propres à juguler les propos infâmes de ce nauséabond bourbier ? Quand et comment les esprits égarés réaliseront ils que seules des nuances séparent Zemmour, Le Pen et Pécresse, que les fondamentaux sont pour eux les mêmes ? Quand finiront-ils par admettre que l’équipe actuellement au pouvoir vit sur le mensonge, la confusion et l’entretien de la peur, tout en assurant la marche vers une société totalitaire par ordonnances, prolongement systématique de l'état d’urgence et Ministre de l’Intérieur interposés ?

Un minimum de lucidité, un soupçon de mémoire, devraient suffire pour clairement établir que la voie d’un fascisme à peine repeint à neuf est désormais largement ouverte. Choix entre droite extrême et extrême droite.

L’heure est extrêmement grave, nous ne pouvons plus nous payer de mots ou de faux-semblants. Le dérisoire d’une élection présidentielle recèle bien des pièges dont le scrutin n’est pas l’un des moindres.

 

Byzance

Byzance

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D
Bien, bien, je partage mais. pas sûr que le problème soit les politiques, même s'ils ne sont pas innocents, mais ceux qui les agissent. Un peuple ponctuellement révolté mais aussi manipulé, désorienté, fracturé par des déceptions historiques comme la chute de l'idéal communiste et la trahison encore récente de la social-démocratie ("Mon ennemi, c'est la finance") et une presse instruments politiques des puissants. Et derrière tout cela quelques milliardaires qui agissent la presse, les politiques, une bonne partie de la classe moyenne à son service et bien sûr payent bien peu d'impôts au détriment de la santé, de l'éducation, de la justice ... faisant croire que plus ils seront riches plus tout ira mieux. Le fonctionnement du système est évident, doit on attendre une grave crise ou une guerre pour espérer que cela change temporairement un peu comme cela a été le cas avec Roosvelt ou le programme de la résistance ?
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R
Cher Jean<br /> J'agrée en général ton analyse.<br /> J'avais aux dernières présidentielles, devinant d'avance le résultat, voter Le tendre et sincère Poutoux, ... aux deux tours!<br /> Cette fois même si avec d'autres, j'aurai donné mon vote à Sandrine Rousseau, même si j'appelle à une primaire, et même si le personnage public ne m'enthousiasme guère, ( je ne parle pas de la personne que j'estime et ne connais pas ), je voterai certainement Mélenchon.<br /> Pas pour lui , mais pour le programme réfléchi et pertinent qu'il propose avec ses camarades et ses ralliements.<br /> L'idée du parlement populaire me plait. , m^ême si bien sur il sera défaillant, balbutiant, maladroit, ....<br /> Je veux croire en une dernière chance avant le pire qui est possible.Et je sais que quelque soi le résultat, il n'y aura pas de paix. Mais si pouvait subsister le rêve et l'amitié, .... juste un peu de fraternité, sans pass obligatoire ....<br /> L.
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B
Merci de ce message qui témoigne d'un lien résistant à l'érosion du temps.<br /> Je ne suis pas persuadé que voter alors qu'on sait que rien de positif n'en sortira présente quelque intérêt. Cela ne contribue-t-il pas plutôt à perpétuer bien involontairement un jeu de dupes ?<br /> Question largement ouverte.