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Epistoles-improbables - Blogue-notes de Jean Klépal

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A petits pas...

4 Juillet 2019 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #arêt sur images, boapartisme, gilets jaunes, grand débat, affaire Benalla, années 30 Allemagne, Italie,

L’horreur arrive toujours à petits pas, écrit Daniel Schneidermann dans sa chronique d’Arrêt sur image du 4 juillet 2019.

C’est bien à bas bruit que depuis le début du quinquennat s’intensifie en France le déclin des libertés fondamentales, solidement ancré dans les institutions européennes par des traités et des pratiques tenant soigneusement à l’écart la souveraineté populaire des ressortissants des Etats membres (ignorance de votes référendaires, décisions prises hors de tout débat parlementaire).

Dès son installation à l’Elysée, le nouveau Président de la République s’est employé à mettre en place un système autoritaire bonapartiste mettant en coupe réglée les libertés publiques et les pratiques pseudo-démocratiques :

- mise au pas brutale du Chef d’Etat-Major des armées,

- recours aux ordonnances,

- passages en force grâce à une majorité inexpérimentée aux ordres,

- ralliement massif organisé de personnels politiques en provenance d’une soi-disant gauche hypocrite prête à toute « collaboration » pour assurer des survies individuelles,

- soumission volontaire d’institutions gardiennes des équilibres entre les pouvoirs (magistrature, Conseil d’Etat), essentiellement en raison de convergences idéologiques nourrissant l’entre soi.

 

Survint l’automne dernier la crise des gilets jaunes. Totalement inattendue et incompréhensible pour un pouvoir pris de court, tellement aux abois qu’il ne fut jamais question d’entamer un quelconque débat, mis à part le succédané destiné à contourner l’obstacle : trois mois pour débattre de sujets imposés, avec l’annonce préalable que rien d’important ne pourra changer ! Manœuvre qui évidemment a fait long feu et a permis de vouloir imposer une vérité d’Etat (loi sur les « fake news ») en visant à l’extinction des réseaux parallèles d’information, la presse étant en majeure partie muselée par le pouvoir financier auquel elle s’est vendue

Cette fronde des gilets jaunes a entrainé un ensemble d’actions d’intimidation tant policières que judiciaires,  dénoncées par plusieurs institutions internationales :

- multiples condamnations à des peines de prison ferme,

- usage de moyens quasi militaires entrainant de nombreuses mutilations,

- atteintes à la liberté d’informer par des journalistes indépendants, convocations et gardes à vue,

- tentative d’étouffement d’une affaire – Benalla – touchant de près la Présidence,

- maltraitance de lycéens à Mantes-la-Jolie,

- gazage à bout portant de manifestants pour la sauvegarde du climat,

Etc.

Le tout accompagné de dénis officiels, d’occultation des outrances policières par un refus systématique de les considérer, et la répétition comme un mantra de la lutte défensive d’un  progressisme novateur contre une barbarie inacceptable dont sont taxés les opposants de tous poils

Tout cela alors qu’à l’évidence violence et barbarie appartiennent en propre au pouvoir de la Finance, au service de laquelle se situe le gouvernement.

Violence de ceux qui décident de maintenir vaille que vaille leurs privilèges, voire de les augmenter, au détriment de ceux sur lesquels ils ont pratiquement tous pouvoirs par la voie de l’emploi et du chômage.

Violence de ceux qui décident de gouverner sans admettre quelque opposition quo ce soit, sans davantage admettre la nécessaire confrontation de points de vue différents, ni le moindre débat de fond.

Oui, l’horreur arrive toujours à petits pas.

Oui, l’étrangeté tient au refus de voir et d’admettre les évidences.

Il en fut ainsi au début des années 30 en Allemagne et en Italie. On connait la suite. Elle est trop horrible pour que l’on puisse accepter quelque analogie que ce soit.

La mémoire défaille dans l’Europe entière.

La peste est à la porte, elle se pourléche goulument.

Refuser l’analogie, refuser de réfléchir aux mesures à prendre, aux comportements à adopter de toute urgence, c’est tendre le coup au bourreau.

Le temps n’est plus à l’angélisme, nous sommes face à des monstres.

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