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Epistoles-improbables - Blogue-notes de Jean Klépal

climat, atmosphere, anthropocene, pollution chimique, resistance, stephane hessel

Quand elles auront cinquante ans…

30 Octobre 2019 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Climat, atmosphère, anthropocène, pollution chimique, résistance, Stéphane Hessel

 

 

Trois enfants éclairent mon âge. Alma, mon ultime petite-fille, 10 ans, Mila, ma première arrière-petite-fille, 6 ans, et Rose, ma seconde arrière-petite-fille, trois mois.

Nous venons de faire connaissance, Rose et moi. Trois petites journées passées en compagnie de ses parents. Journées brèves, mais si intenses. Etrange beauté du mystère d’un petit être inachevé, propulsé au monde auquel il s’adapte de manière stupéfiante. Bien sûr, la vigilance et la disponibilité de son entourage, mais néanmoins… Merveilleux étonnement source de bonheur et d’inquiétude.

Au train où vont les choses, que sera devenu le monde, que seront les conditions de la perpétuation de la vie animale et végétale, lorsque ces enfants auront cinquante ans, si jamais elles y parviennent ?

 

Divers types de réponses à cette question se présentent.

 

Parmi les plus fréquentes, celle des autruches niaiseuses : Bah, il en a toujours été ainsi, on s’est toujours préoccupé de l’avenir et les choses ont toujours fini par s’arranger.

Magnifique marque d’irresponsabilité, d’aveuglement, de déni, d’idiotie. Oui, il y a eu au cours des millénaires des catastrophes, des extinctions d’espèces, de profonds bouleversements, mais jamais les conditions nécessaires au maintien de la vie telle que nous la connaissons n’ont été n’ont été mises en péril. Certes, elles ont évolué, voire changé entrainant des mutations, guère plus. Des espèces animales et végétales ont disparu, les conditions nécessaires à la vie sont demeurées.

Pour la première fois, l’Homme dans son aveuglement destructeur, fruit de la prétention de ses croyances ethnocentriques, s’en est pris à l’équilibre de la planète. Ila voulu devenir « maître et possesseur de la nature », qu’il est parvenu à dénaturer, et qui regimbe de plus en plus fortement. Le caillou, lui, s’en fout complètement. Il n’a pas besoin de l’espèce humaine pour continuer son aventure cosmique.

Il est hélas fort probable que le seuil de non-retour soit franchi depuis lurette.

 

Autre type de réponse : Oui, c’est vrai, la question se pose, mais l’humain possède une très grande capacité d’adaptation.

Variante atténuée du premier type, à caractère angélique. Il s’agit d’un certain laisser aller teinté de prophétisme mystico-salvateur. Les horreurs dont l’Histoire est persillée et le fait que l’espèce a survécu ville que vaille justifient ce refus abandonnique de toute réflexion. Là aussi, le confort de la niaiserie n’est pas loin. Jouissons du présent, il sera toujours temps de se fatiguer à réfléchir, laissons cela à d‘autres !

 

Et puis encore : Oui, c’est vrai, mais on n’y peut plus rien. Il est sans doute trop tard.

On courbe l’échine et on se soumet. Vaincu on laisse tomber. Alors, autant se flinguer tout de suite. Qu’attendez-vous ? Oh, non, c‘est excessif ! Eh, bien, jouissez mollement sous les entraves mais sachez que d’autres vous interpelleront bientôt !

 

Autrement : Oui, c’est sans doute très vrai, que faire ?

Tant que la vie est encore là, la défendre est un enjeu primordial. L’espoir est mince, sinon nul, ce n’est pas une raison pour admettre de crever sans se battre.

Dernier exemple de turpitude en date : le Maire breton de Langouët avait pris un arrêté contre l’épandage des produits phytosanitaires près des habitations. Celui-ci vient  d’être annulé par décision de justice.

Qui parle d’or et ne fait rien pour dépoussiérer et mettre à jour lois et règlementations, qui ne fait rien pour empêcher les pratiques industrielles, agricoles, minières, etc., contraires à toute tentative de sauvegarde du climat et des condition atmosphériques, sinon les beaux parleurs en quête de suffrages et de soutien des bailleurs de fonds, notamment le Premier d’entre eux ? 

Quoi faire ? Surtout n’admettre aucun compromis. Refuser, s’opposer, exiger des comptes rendus, soutenir les actions en faveur du maintien de la vie, dénoncer le double langage mensonger des tenants du Pouvoir, discours lénitifs d’un côté, actes en parfaite contradiction. Etre radical, intransigeant, aux aguets. Ne pas se laisser abuser par les aspirants au Pouvoir, forts de pseudo succès électoraux en peau de lapin.

Fatiguant, éreintant ? Certes, mais unique condition pour rester debout. La moindre défaillance serait fatale. Si je n’ai plus depuis longtemps la faculté de participer physiquement à des actions, demeurent au moins la parole et l’écrit. Nous savons tous d’expérience que ce n’est pas rien. 

N’oublions pas l’Indignation de Stéphane Hessel. Entretenons-là, diffusons-là, amplifions-là, pour Alma, Mila, et Rose, et pour la multitude d’enfants qui nous succèdent, de la venue au monde desquels nous sommes tous responsables. Léguons-leur au moins la volonté de combattre. Cette volonté que leurs aînés adolescents manifestent désormais un peu partout en revendiquant liberté, amélioration économique, et défense de l’environnement. Volonté qui commence à embarrasser les plus rassis des morts vivants encore au pouvoir.

 

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