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Epistoles-improbables - Blogue-notes de Jean Klépal

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L’élection le 25 mai 2014 d’une Assemblée européenne n’est rien d’autre qu’une pantalonnade

4 Avril 2014 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Europe ; Commission ; BCE ; Bruxelles ; Scrutin ; Démocratie ; Parlement ; Victor HUgo ; La Boëtie ; H-D Thoreau ; Abstention ; Boycott

La doxa veut que le processus électoral soit une des marques de l’existence d’une « démocratie ». Que cette affirmation soit en grande partie fondée n’est pas une raison pour se laisser leurrer par une apparence. Que ce processus soit mis en place ne suffit pas à garantir la qualité de l’exercice. Les scores mirifiques obtenus à chaque scrutin organisé dans les pays totalitaires suffisent à démontrer cette évidence.

Se conformer sans réticence à un simulacre consistant à glisser un bulletin dans l’urne à intervalles réguliers est hautement insatisfaisant. Chacun en convient aisément, sans pour autant en tirer toutes les conséquences ; rompre avec un rituel ne va pas de soi.

On peut à l’évidence se bercer de l’illusion d’une pseudo alternance ayant valeur de sanction. Le gouvernement dit de gauche actuellement en place illustre combien naïve est cette position. (Les élections municipales qui viennent de se dérouler témoignent d’une prise de conscience dont il fait les frais, hautement justifiés.)

On peut aussi se rassurer en constatant qu’à l’échelle de la Nation des correctifs peuvent finir par s’imposer, suite à des manifestations collectives de désaccords. Ce réformisme très vite récupéré fait toujours long feu.

De municipales en européennes, les scrutins se suivent mais ne se ressemblent pas.

Le 25 mai 2014 nous serons appelés à voter pour élire des députés au parlement européen.

Belle occasion de s’interroger sur le fond.

Qu’en est-il de ce Parlement ? Quels sont ses pouvoirs ? Que représente-t-il ?

Sans prérogative ni pouvoir réel d’inflexion de quelque décision que ce soit, ce « parlement » a toutes les apparences d’un objet factice mis en vitrine pour attirer le chaland.

Toute initiative lui est déniée. Alors que la Banque Centrale Européenne échappe à tout contrôle et que la priorité est donnée aux banquiers et aux financiers, il est totalement sous la dépendance de la Commission européenne, organe situé hors du champ démocratique, dont l’omnipotent président agit sans avoir de comptes à rendre.

Déjà en janvier 1957, Pierre Mendès-France s’opposait au traité de Rome porteur selon lui d’une abdication de la démocratie par le biais d’une « délégation (de) pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle, au nom de la technique, exercera en réalité la puissance politique. »

Le « parlement » ne peut pas modifier les traités qui font des instances européennes un outil au service exclusif d’un libre-échange mondialisé reléguant les exigences sociales en un inatteignable arrière-plan. Il ne peut pas davantage s’opposer à la mise en place de normes tous azimuts, destructrices des singularités de chaque état membre. Simple chambre d’enregistrement, il est bien difficile de trouver une quelconque justification à son existence dans son fonctionnement actuel.

Il apparaît comme un objet politique non identifiable, simple miroir aux alouettes.

Avec la Commission composée d’une oligarchie non élue, l’Union Européenne fonctionne de manière totalement anti-démocratique, puisqu’elle décide sans avoir de comptes à rendre aux populations qu’elle régit, ce qui légalise un pouvoir de plus en plus illégitime car négligeant toute expression citoyenne. Un gouvernement supranational composé d’experts nommés tient évidemment à distance tout contrôle populaire. Les traités actuellement en vigueur ont été adoptés vaille que vaille à l’aide de subterfuges, malgré l’opposition initiale des Français et des Néerlandais. Le rejet du traité constitutionnel européen par le referendum du 29 mai 2005 a tout simplement été bafoué avec l’adoption du traité de Lisbonne.

Lorsqu’elles sont inconvenantes, les opinions exprimées par les populations sont purement et simplement ignorées ou battues en brèche par des artifices juridiques.

« L’Europe est une machine à réformer la France malgré elle » (Denis Kessler, ex vice-président du Medef in La Tribune, 4.12.2000)

Devrions-nous continuer à nous laisser manipuler sans réagir ?

S’indigner haut et fort de cet état de fait ne suffit évidemment pas.

La fatalité n’existe que si nous lui en laissons le loisir. Il s’agit alors de résignation, c'est-à-dire d’acceptation de la servitude volontaire si vigoureusement dénoncée par La Boëtie, il n’y a jamais que quatre siècles et demi…Il y a un peu plus de cent cinquante ans, Henry David Thoreau publiait son essai sur la désobéissance civile.

A chaque période cruciale, nous traversons l’une d’entre elles, ces deux écrits fondamentaux brillent de leur actualité. Ils nous crient qu’il n’est d’autre sauvegarde que la radicalité de Victor Hugo sur son rocher de Guernesey.

Quoi faire ? Eh bien, simplement dire NON à la farce électorale, NON au fonctionnement de cette Europe là. Ne nous laissons surtout pas abuser par d’éventuels aménagements à la marge, tout juste bons à perpétuer ce qui existe.

Le boycott d’élections simple prétexte à une acceptation passive de la tutelle de la Commission sur les gouvernements européens, s’impose comme un geste fort de refus, comme un geste de résistance civique.

Se prêter à ce simulacre électoral équivaudrait à cautionner un système dont les méfaits sont patents.

Dire NON au système en place n’est en aucun cas dire non à l’Europe, c’est se saisir d’une occasion d’en hâter la nécessaire refondation. C’est lancer un signal fort pour tenter de donner à l’Europe une vigueur qu’elle n’a jamais eue. C’est lancer un appel à un sursaut démocratique. C’est contribuer aux prémices d’un Oui futur.

Des comités départementaux de résistance républicaine à l’Union européenne (CDR-RUE) – cf. www.cnr.rue.fr – se mettent progressivement en place. Ils réunissent quelques groupuscules, mais aussi des individualités révoltées par les dérives d’un système à délégitimer sans appel. S’informer de l’existence et des points de vue de ces comités présente un réel intérêt. Même si quelques divergences quant à leurs formulations peuvent se faire jour, c’est la convergence sur un objectif commun qui importe dans un premier temps.

Nos ancêtres ont commencé par prendre la Bastille. Ils savaient ce dont ils voulaient se débarrasser. Certes, il fallut un siècle pour que s’établisse la République, mais elle advint.

Aux pires moments de l’occupation nazie, nos aînés du Conseil National de la Résistance surent outrepasser leurs divergences idéologiques pour jeter ensemble les bases d’un avenir meilleur.

« Dans le cadre d’élections réellement démocratiques, l’abstention est toujours une erreur, puisqu’elle laisse le champ politique où s’organisent les enjeux de pouvoir aux mains de ceux qui ont gagné le combat électoral. En revanche, dans le cadre d’élections non démocratiques, comme les élections européennes, la règle s’inverse. Y participer revient à cautionner l’abandon de tout enjeu et de tout combat politique. Les boycotter revient à délégitimer une institution illégitime, et par conséquent à lui enlever de la force. Les classes dominantes et dirigeantes ont les mains libres précisément parce que les institutions supranationales de l’UE ont remplacé les souverainetés nationales. C’est pour cela que l’enjeu principal des élections européennes sera l’abstention. Les classes dominantes auront les yeux rivés sur cet indicateur, car celui du résultat des listes est secondaire. En participant à cette mascarade électorale, toutes auront légitimé le système de Bruxelles. Les seuls citoyens à avoir clairement délégitimé l’UE seront ceux qui s’abstiendront. Si le vote aux élections européennes n’a jamais réussi à obtenir le moindre résultat politique, une abstention de 70% en France serait un coup de tonnerre politique ôtant toute crédibilité à l’Union européenne. » (extrait du site cnr.rue.fr)

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