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Epistoles-improbables - Blogue-notes de Jean Klépal

gilets jaunes ; mal logement ; immigres ; marseille

Carpe diem

21 Décembre 2018 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Gilets jaunes ; mal logement ; immigrés ; Marseille

Convalescence, période intermédiaire entre maladie et retour à la santé. Voici deux mois et demi que je suis cloué chez moi dans cet intervalle. Journées ponctuées par un rituel intangible : infirmier puis kinésithérapeute, le matin, sieste l’après-midi, des visiteurs çà et là.

Temps de réflexion, temps de l’attente. Temps de préparation et d’acceptation.  Expérience empirique de la progression de l’ultime dont je suis le témoin agi et agissant.

Voici qui ne manque pas d’intérêt, tant que demeure la lucidité et une part d’autonomie.

L’expérientiel diraient les beaux esprits…

 

Pendant ce temps le monde poursuit son  orbe. Nullement à l’écart, comme il se pourrait. Des rumeurs me parviennent.

 

Sans logis et Gilets jaunes au premier plan.

Des proches, concernés, l’un d’entre eux très engagé dans un réseau de soutien, m’informent. Il s’agit principalement de Marseille et de la Vallée de l’Ubaye. Ce qui ressort surtout de leurs témoignages, c’est l’intensité de la parole circulant entre les personnes impliquées. Comme une sorte de découverte de l’Autre, de son existence, de son potentiel, de sa capacité de réflexion, de sa soif de solidarité. Comme une sorte de découverte de l’existence de chacun, autorisé à proposer, à prendre des initiatives.

Je me souviens d‘une époque où un slogan faisait florès au Québec : « Faut s’causer », pouvait-on lire à divers endroits de l’espace public. Il faut cela pour qu’apparaisse le plaisir de se trouver ensemble, et que se découvre la puissance potentielle d’un groupe soudé et déterminé, ainsi que le plaisir d’un être ensemble.

La libre circulation de la parole, l’échange non bridé, comme facteurs premiers d’une prise de conscience d’une réalisation de soi, en forte relation avec autrui. Tout le contraire du Premier de cordée ou de la compétition incessante.

Et puis aussi, l’impression que toute parole venue d‘en haut, comme une révélation, ou l’expression d’une Vérité immanente, est désormais inaudible, rejetée, comptée pour rien. Trop de mensonges accumulés ont déconsidéré le Pouvoir. Pour longtemps, se pourrait-il. Un certain thomisme l’emporte : assez des paroles, il suffit, des faits, des actes ! Voici donc le Pouvoir acculé, embourbé, pris au dépourvu, empêtré dans ses contradictions. Le « en même temps » a fait long feu. La sacro-sainte hiérarchie issue de l’onction d’un diplôme ou d’un statut social, en prend un sérieux coup.

Le vote devient inutile, il est remplacé par la discussion et la recherche d’un consensus bien plus solide que la soumission à une majorité.

Les hiérarques pontifiants apparaissent comme des zombies. A la trappe !

 

A Marseille, usé, déconfit, dépassé, le premier magistrat de la Ville, en est réduit à invoquer l’état de catastrophe naturelle pour masquer son incurie et celle de son équipe face au mal logement et aux drames consécutifs. Lamentable, obscène, parfaitement répugnant.

 

Une embellie serait-elle possible ?, ai-je intitulé mon papier du 15 novembre sur ce blogue.

Peut-être se pourrait-il. Quand, comment ?

Certainement avec beaucoup de difficultés, sans doute des affrontements notables, sachant que la violence la plus extrême vient d’abord des tenants du Pouvoir, qui durcissent de plus en plus leurs moyens de répression (emploi de grenades offensives, mutilantes, véritables engins de guerre), ainsi que leur offensive de décervelage (presse écrite et radio s’en donnent à cœur joie pour désinformer ou masquer la réalité).

Il n’en reste pas moins que, grâce à ces mouvements de colère spontanée et de découverte de types de relations différentes, demain sera probablement un autre jour.

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