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Epistoles-improbables - Blogue-notes de Jean Klépal

grece

Déjà Eschyle, avec les Suppliantes...

13 Septembre 2015 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Grèce, #Immigration, #Accueil des réfugiés

Eschyle (vers 525-456 AC) a probablement composée en 463 AC sa tragédie « Les Suppliantes ».

Cinquante filles de Danaos, roi de Libye, fuient avec leur père pour éviter un mariage forcé avec les fils d’Egyptos. Elles abordent au pays d’Argos, et demandent hospitalité et protection au roi Pelasge, contre les Egyptiens qui les poursuivent.

Après avoir consulté son peuple, le roi Pélasge consent et repousse la demande de restitution présentée violemment par un Héraut égyptien.

L’abus du droit devient injustice et transforme les victimes innocentes en coupables, semble nous dire Eschyle.

Personnages :

- le chœur des Danaïdes

- Démos, leur père

- Pélasge, roi d’Argos

- le Héraut des Egyptiens

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Extraits (traduction Jean Grosjean, Tragiques grecs, bibliothèque de La Pléiade).

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Danaos, notre père et notre conseil

Qui conduit notre exode, a supputé les souffrances

Et choisi celle au moins glorieuses

De follement fuir par les houles marines

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Mes filles, il faut de la prudence ...

Songe à céder : tu es indigente, étrangère, bannie ;

Parler haut convient mal aux faibles

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Vous ne vous êtes pas assises au foyer de ma maison

Or si c’est la ville entière qui est entachée

C’est au peuple entier d’y porter remède,

Et moi je ne puis rien promettre

Avant d’en avoir parlé à tous

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Que la souillure soit à mes ennemis,

Mais je ne puis vous secourir sans préjudice.

Pourtant mépriser vos prières est insensé.

Je suis désemparé, mon cœur s’effraie d’agir

Et de ne pas agir et de saisir un destin

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Il est pour nous d’un grand prix d’avoir rencontré un protecteur si scrupuleux.

Mais faites-moi escorter de gardes et de guides

...

J’ai naturellement l’aspect d’un étranger,

Car l’Inachos et le Nil ne nourrissent pas la même race

Craignons que la confiance n’enfante des alarmes :

On peut tuer un ami faute de le connaître

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Les Argiens décidèrent à l’unanimité

Et mon vieux cœur en fut ragaillardi

...

Persuadée, la nation pélasgique acquiesçait

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Intervient le Héraut des Egyptiens. Il veut prendre possession des Danaïdes

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J’ordonne d’aller à la felouque de retour

Le plus vite possible. Point de flânerie

...

Bientôt vous verrez beaucoup de seigneurs, les fils d’Egyptos.

Soyez tranquilles, vous ne serez plus sans maîtres

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Le roi Pélasge s’oppose au Héraut, qu’il chasse avec détermination. Puis :

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Entrez, avec mes compagnons, dans la ville forte

Que ceint la construction altière des remparts.

Il s’y trouve beaucoup de demeures d’Etat.

On a bâti pour moi-même sans lésiner.

Vous avez là mainte riante maison à partager,

Mais il y a des maisons où demeurer seul

Si c’est votre préférence.

Vous n’avez qu’à choisir l’avantage et l’agrément.

Je suis votre protecteur et tous les citoyens aussi

Car c’est leur décision qui s’exécute.

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C’était il y a environ vingt-cinq siècles, en Grèce.

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L’Histoire progresse à grands pas

14 Juillet 2015 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Blanqui ;, #Grèce, #Démocratie République, #Déséquilibres et société

Extraites de « Blanqui l’enfermé », par Gustave Geoffroy*, p. 209, ces quelques lignes (L’Amourier éditions, réédition 2015 d’un texte paru en 1897, 591 p. – 26 €) :

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Le 22 mars, proclamation aux Clubs démocratiques de Paris.

Il y est dit que la République serait un mensonge si elle ne devait être qu’une substitution de forme. Elle doit être l’émancipation des ouvriers, l’avènement d’un ordre nouveau. La devise : « Liberté, Egalité, Fraternité » ne doit pas être une vaine décoration d’opéra. Il n’y a pas liberté, quand on manque de pain. Il n’y a pas égalité, quand l’opulence fait scandale à côté de la misère. Il n’y a pas fraternité, quand l’ouvrière, avec ses enfants affamés, se traîne aux portes des palais. Du travail et du pain ! L’existence du peuple ne peut rester à la merci des frayeurs et des rancunes du capital. »

C’est, en 1848, le développement, par les faits, des idées de Blanqui en 1834.

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Chômage endémique en France et en Europe, économies dévastées, lois sécuritaires successives, migration périlleuse de populations éprouvées, « jungle » de Calais, centre de tri à Lampedusa, naufrages en Méditerranée, attentats, montée de la xénophobie donc du racisme, non lieux à répétition dans des affaires financières impliquant des dirigeants politiques haut de gamme, un détachement de la police ouvrant le défilé parisien du 14 juillet, humiliation délibérée et asservissement de la Grèce...

Que d’avancées, que de progrès en un peu plus d’un siècle et demi !

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*journaliste, critique d’art, historien et romancier, l’un des fondateurs de
l’Académie Goncourt
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