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Epistoles-improbables - Blogue-notes de Jean Klépal

israel ; palestine ; gaza

Quand un Prix Nobel de la Paix prend la parole...

19 Août 2014 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Israël ; Palestine ; Gaza

Il y a peu quelques-uns se sont étonnés du silence des Prix Nobel de la Paix au sujet des événements atroces se déroulant une fois de plus à Gaza. Shimon Peres, Elie Wiesel et Barak Obama étaient notamment attendus, sans trop y croire cependant. Voilà qui arrive opportunément, l’un d’entre eux, Elie Wiesel, grande conscience s’il en est, vient hélas de prendre la parole.

Malgré le prestige international de son auteur, la direction du célèbre quotidien britannique, The Times, a refusé de publier une tribune dans laquelle celui-ci reprend l’allégation controversée jamais démontrée selon laquelle le Hamas se sert des enfants palestiniens comme de boucliers humains. Il est évident que si on prend délibérément pour cible des écoles ou des hôpitaux, les enfants qui s’y trouvent ne sont là qu’intentionnellement et que le crime n’incombe nullement à l’agresseur. Il est évident aussi qu’Israël n’est que dans son bon droit, paré de toutes les vertus, et soucieux du bien de l’humanité, comme il se doit.

Ce texte aussi sournois que violent a été parrainé par « The Values Network », une organisation fondée par le rabbin Shmuley Boteach pour promouvoir les valeurs juives universelles dans les milieux de la culture, des médias et de la politique. Il a été jugé trop à charge par les responsables du Times, ainsi que l’a rapporté le New York Observer.

Voici ce texte effarant publié le 12 août dans The Guardian, quotidien britannique moins regardant (traduction personnelle).

« Il y a plus de trois mille ans, Abraham avait deux enfants. Un fils avait été envoyé au désert où il risquait de mourir. Dieu l’a sauvé avec l’eau d’une source. L’autre fils était attaché, sa gorge livrée au couteau tenu par son propre père. Mais Dieu a arrêté le couteau. Les deux fils - Ismaël et Isaac – se virent assurés de devenir les pères de grandes nations.

Avec ce récit débutent le monothéisme et la civilisation occidentale. Et les pratiques cananéennes du sacrifice d’enfants à Moloch sont à jamais abandonnées par les descendants d’Abraham.

Sans l’être cependant.

Dans ma vie, j’ai vu des enfants juifs jetés dans le feu. Et maintenant, je vois des enfants musulmans utilisés comme des boucliers humains, dans les deux cas, par des adorateurs du culte de la mort qu’on ne peut différencier des adorateurs de Moloch.

Ce dont nous souffrons aujourd’hui, ce n’est pas d’une guerre des Juifs contre les Arabes, ni d’une guerre des Israéliens contre les Palestiniens. Il s’agit plutôt d’une guerre entre ceux qui défendent la vie et ceux qui glorifient la mort. C’est un combat de la civilisation contre la barbarie.

Est-ce que les deux cultures qui nous ont donné les Psaumes de David et les riches bibliothèques de l’Empire Ottoman ne partagent pas l’amour de la vie, de transmettre la sagesse et un avenir à leurs enfants? Et, peut-on discerner cela dans le sombre futur offert par le Hamas aux enfants arabes, d’être des kamikazes ou des boucliers humains pour des roquettes?

Les parents palestiniens veulent un futur prometteur pour leurs enfants, tout comme les parents israéliens. Les uns et les autres devraient se rencontrer dans la paix.

Mais, avant que les mères incapables de trouver le sommeil, à Gaza et à Tel Aviv, puissent trouver le repos, avant que les diplomates puissent sérieusement amorcer la reprise du dialogue… le culte de la mort du Hamas doit être regardé pour ce qu’il est.

J’appelle les Palestiniens à trouver de vrais Musulmans pour les représenter, des Musulmans qui ne mettront jamais délibérément un enfant en danger.

J’appelle le premier Ministre Cameron et les dirigeants du monde à condamner l’utilisation par le Hamas d’enfants comme boucliers humains.

Je demande au peuple britannique de se tenir fermement au côté du peuple d’Israël qui mène un nouveau combat pour sa survie, ainsi qu’à celui du malheureux peuple de Gaza qui rejette la terreur et soutient la paix.

Puissions-nous renvoyer le sacrifice des enfants aux ténèbres de l’histoire, et travailler à un futur meilleur avec ceux qui choisissent la vie, Arabes et Juifs confondus, chacun enfants d’Abraham. »

(Elie Wiesel – Prix Nobel de la Paix)

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Horreur et détresse.

La brutalité israélienne ne fait qu’accroitre la volonté de lutte des palestiniens.

Le processus est sans fin, et le simulacre de soi-disant pourparlers de paix à la mesure des dictats d’Israël ne saurait tromper quiconque. Pensons à ce qu’une Paix imposée aux seules conditions du vainqueur peut entraîner de désastres. L’évocation du Traité de Versailles à l’issue de la première guerre mondiale devrait suffire.

Depuis le début, la violence ne marche pas. Malgré cela Israël continue sans relâche sa politique de conquête et de destruction de tout espoir en Palestine. La poursuite d’une punition collective sans aucune issue possible, totalement inhumaine, est une conduite suicidaire. Sans les États-Unis, Israël ne tiendrait pas longtemps. Israël est peut-être en train de perdre sa cause en menant délibérément une guerre bestiale contre une population assiégée, affamée, considérée comme une sous-humanité.

La question n’est pas d’être pro-Israël ou pro-Palestiniens, c’est celle du droit de tout être humain, quelles que soient ses origines, à vivre dans des conditions acceptables qui est la seule à considérer.

Une protestation internationale est peut-être enfin en train de monter lentement, lentement.

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A propos d'Israël et de la Palestine

1 Août 2014 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Israël ; Palestine ; Gaza

Des échanges avec un correspondant prenant systématiquement le parti d'un État israélien attaqué, et par conséquent amené à se défendre contre le fanatisme aveugle et furieux de ceux qu'il a dépossédé, me poussent à préciser quelques données.

Par son parti pris, ce correspondant justifie à l'évidence les actions militaires en cours. Il les estime toutefois un peu "excessives", ce qui lui permet de se défendre de tout ostracisme.

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Je tenterai de faire remarquer à mon honorable correspondant quelques détails d'importance :

- C’est le gouvernement d’Israël qui s’est emparé de territoires dont il a impitoyablement chassé les occupants. Depuis sa création il fait fi des recommandations de l’ONU, qui vient à nouveau de s’indigner de l’aspect criminel des menées de l'armée israélienne, Tsahal.

- Au fil des années, le gouvernement d’Israël a perpétré massacres et destructions, tous propres à enraciner une haine tenace au cœur des ses victimes.

- Alors que l’État d’Israël existe depuis 1948. Il ne saurait évidemment être question de vouloir le faire disparaître, mais réfréner sa violence agressive et le contraindre à des négociations de paix relève de l'urgence la plus absolue.

- Les « fous de Dieu » prolifèrent de part et d’autre. Le fanatisme religieux n’est pas l’apanage des seuls palestiniens se réclamant du Hamas.

- Les tentatives de trouver un accommodement (Arafat à la fin de sa vie, Mahmoud Abbas depuis) ont toutes fait long feu face à l'intransigeance israélienne.

- La responsabilité et la complicité de l’Occident sont accablantes : les américains continuent de livrer des munitions à Israël, alors qu’Obama a récemment admonesté le gouvernement de cet État, La culpabilité occidentale vis à vis du peuple juif conduit à une très coupable "indulgence" de la part de gouvernants pleutres et cyniques.

- Comment, dans ces conditions, s'insurger à sens unique contre l'aide aux Gazaouis en provenance du monde arabe (auquel, il est vrai, cet abcès de fixation convient plus ou moins pour détourner l'attention de ses populations) ?

- Que peuvent les Gazaouis parqués dans un territoire trop petit, objet d’un implacable blocus, véritable camp de concentration à ciel fermé puisque l’aéroport est détruit depuis des années ? Que peuvent-ils faire d'autre que de combattre avec acharnement ? Que peuvent les Palestiniens en général face à la progression de l'occupation des territoires et l'implantation de colonies nouvelles ? Comment peut-on laisser faire ?

- Ce n’est que la révolte du plus grand nombre d’entre nous, c’est-à-dire le refus de se contenter de discourir ou de justifier ce qui se passe (autrement dit une passivité complice), qui pourra peut-être un jour contraindre les immondes salauds qui tirent les ficelles de part et d’autre à admettre d’autres solutions, notamment celle d’un État bi-national. Une solution politique ne peut pas naître par enchantement. Prétendre qu’il faut continuer de « croire » à l’apparition d’une solution politique est une absurdité totale. L'Immaculée conception n'est qu'un mythe, en politique comme ailleurs.

- Il s’agit de constater combien la brutalité du gouvernement d’Israël est épouvantable, proche tout compte fait de celle qu’exercèrent leurs bourreaux nazis. Impossible de rester impassible devant cette évidence. Revenir sans cesse sur la situation d’assiégé de l’État d’Israël (alors qu’il ne s'est jamais privé d'être conquérant et colonialiste), équivaut à prendre parti en justifiant ce qui se passe par des considérations liées à un rejet systématique de tout ce qui n'est pas juif ou occidental. Ce rejet amène à considérer que les Palestiniens sont coupables d'être nés palestiniens (atroce retournement des choses). Pour nous, le refus de l’état de fait existant et la révolte induite sont essentiels. Personne ne devrait s'accommoder de ce qui dure depuis si longtemps.

- Il ne saurait être question de soutenir les uns plus que les autres, Les victimes innocentes existent de part et d'autre. Elles sont d'abord victimes de la froide et inhumaine détermination de leurs dirigeants. Il convient d’imposer par de puissantes manifestations la fin de cet affrontement sans issue. Affrontement qui nous menace tous.

- Il s'agit de s'opposer résolument à l'aveuglement coupable de nos gouvernants envers un État violant en permanence les règles du droit international.

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