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Epistoles-improbables - Blogue-notes de Jean Klépal

lectures publiques et salons litteraires

Clignotants de l’automne

2 Octobre 2014 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Commentaires sur l'art ;, #lectures publiques et salons littéraires

Jargon masturbatoire de certaines proses pseudo philosophiques sur l’art, signées d’enseignants fumeux ayant le culot de s’intituler philosophes, par abus de langage. Propos consternants de bouffons totalitaires liés à la spéculation effrénée régnant sur le marché de l’art, souvent relayés avec délectation par des conservateurs de musée ou des commissaires d’expositions plus soucieux de la hauteur de leur piédestal personnel et portatif que de l’accompagnement intelligent de visiteurs désorientés.

A coup de pétitions de principe et de propositions tautologiques, des propos prétentieux et abscons réinventent sans cesse l’eau chaude déversée par Marcel Duchamp dans son urino-fontaine il y a plus d’un siècle. Coup de tonnerre spectaculaire à l’époque, décérébrés les épigones poussifs d’aujourd’hui l’ont transformé en misérable pet de lapin.

Ces textes ignorent que l’eau duchampienne est refroidie depuis longtemps, parfois évaporée.

Tandis que la planète se réchauffe la pensée se congèle à vitesse vertigineuse.

A quoi et à qui ces balivernes pseudo-philosophiques sont-elles destinées ? Il est clair qu’elles ne peuvent ni faciliter l’accès à l’art, ni donner envie de le fréquenter. Ce ne sont que des gargarismes auto-jubilatoires pour intellectuels rancis gardiennant jalousement leur territoire en évacuant toute approche sensible.

Modernes Trissotin précieux ridicules, les cuistres persistent à se déclarer références nécessaires. Ils tiennent à distance le vulgaire effronté, qu’ils dissuadent. Comme tout argot professionnel leur sabir cultive l’entre soi, .

Lorsque le besoin d’expliciter, c’est-à-dire d’ajouter du commentaire justificativo explicatif, l’emporte, il y a lieu de prendre garde : l’œuvre doit vraisemblablement manifester quelque faiblesse. Le mastic des concepts sortis en vrac comme des lapins d’un chapeau ne suffit jamais à combler les fissures.

Attention, terrain miné.

Méfions-nous des placards nous révélant avec suavité ce que nous devons voir pour comprendre les intentions de l’artiste. Même si tout n’est pas à mettre dans le même panier, la plupart des « installations » ainsi que les « performances » raffolent de ces logorrhées valant prothèses. L’édifice ne tient que par la cale que constitue le discours, enlevez la cale et tout bascule. Qu’est-ce qu’une œuvre qui ne tient pas par elle-même ?

Idem lorsqu’un écrivain intervient pour dévoiler le sens de sa production et proclamer avec suffisance ce qui en sous-main nourrit et tend son travail, son respect des mots, la qualité de son labeur, sa souffrance et son engagement civico-politico-philosophique, etc. Ces gens-là hantent les festivals, salons et autres rencontres littéraires. Ils clignotent à très basse intensité.

Là aussi la circonspection demeure la règle : il n’est pas rare que l’achat du livre s’avère décevant.

La plupart des produits actuels labellisés « littéraires » comportent trop de pages, trop de lignes par page, trop de mots par ligne, trop de lettres par mot. Que valent ces « rentrées littéraires » évaluées au nombre de titres nouveaux jetés en pâture sur le marché, sachant que la plupart d’entre eux sont destinés au pilon à courte échéance ? A quoi les éditeurs jouent-ils ?

Faire l’intéressant se révèle parfois de première importance. Je pense en particulier à ces lectures de textes par des comédiens, voire des auteurs prenant la pose, plus soucieux de cachetonner que de préparer réellement leur prestation et de choisir avec exigence ce qu’ils proposent à un public désirant. Celui-ci cède hélas trop souvent à l’attractivité d’un nom ou d’une signature, strict équivalents d’un godemiché commercial vu à la télé.

Peut-on pour autant faire grief au public de manifester le touchant besoin qu’il ressent de découvertes et d’échanges originaux ? D’autant plus qu’existent ça et là des réussites indiscutables, longues en mémoire.

A partir de ces constats des initiatives de qualité risquent de s’éroder, lentement mais sûrement. Se montrer intransigeant s’impose comme un devoir d’hygiène publique.

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