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Epistoles-improbables - Blogue-notes de Jean Klépal

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Léo Ferré, une jouvence

12 Juin 2016 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Léo Ferré

Léo Ferré, une jouvence

 

 

A la mi-octobre de l’an dernier, je fus invité par quelques drôles à prononcer le discours inaugural de la Fête du Livre de Forcalquier. Cette éphémère distinction me valut d’être à nouveau convié par les mêmes à lire courant mai des textes de Léo Ferré, manière de participer à la célébration du centenaire de sa naissance.

L’occasion me fut ainsi offerte de pratiquer avec quelque assiduité l’énorme masse de textes écrits par le vieux lion.[1] Plus de quatre cents chansons, des écrit autobiographiques, des lettres, des préfaces et introductions, des textes inédits, des projets et ébauches... Des bouquets étincelants. Une fraîcheur bienfaisante. Une justesse quasi permanente.

Alors qu’il a largement enchanté ma jeunesse, j’avais conservé de lui l’image d’une star vieillissante, dont la sincérité pouvait prêter à caution. La scène et ses enflures, son air de vieux loubard opulent, la mégalomanie de certains de ses ultimes défis, m’avaient peu à peu tenu à distance.

 

En fait tout cela n’était qu’apparences, une lecture ponctuée de découvertes m’a révélé un tout autre aspect de la personne, au-delà du personnage publique. Un individu profondément sensible, bourré de tendresse. Il n’est d’ailleurs que de regarder attentivement sa photo.

Amour des mots, amour gourmet du langage, la poésie offerte à tous, gambadant en liberté. Un talent tellement fou qu’il étourdit de ses évidences.

Et puis aussi, l’authenticité, la constance de la révolte, de l’insoumission, du refus absolu de tout compromis.

Parfois cinglantes, non destinées à une large diffusion, les lettres témoignent de manière ahurissante d’une remarquable intransigeance. Sa dénonciation des minables d’autant plus méprisables qu’ils sont glorieux, d’autant plus forte et convaincante que la lecture la confronte à d’émouvants témoignages d’amitié et de reconnaissance.

A la ville, comme à la scène... A vif !

Il est impossible de le lire tranquillement. Le lire conduit évidemment à moduler, mais aussi, souvent, à hausser le ton, ses mélodies sonnent parfois dans les lointains.

Surpris, j’ai vu apparaitre en filigrane le cri d’Artaud. L’un n’est pas l’autre, les différences sont patentes, et pourtant...

Lire Ferré pour abreuver nos forces.

Lire Ferré pour mieux l’entendre.

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[1] Cf. Léo Ferré – Les chants de la fureur – Gallimard/La mémoire de la mer, 2014, 1622 p., 34 €

 

 

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