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Epistoles-improbables - Blogue-notes de Jean Klépal

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Petit éloge aimable et primesautier de la lecture

23 Juin 2018 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #livre, lire, lecture, ceorges perros, papiers collés, nicolas de staël

Immense plaisir charnel de la lecture.

Le livre possède une odeur, un poids, un volume, des dimensions, une densité, des couleurs propres. La relation au livre est d’abord physique. Chacun est quasiment à nul autre exactement pareil. On peut le contempler, le palper, le humer, le feuilleter, le prendre, s’y assouvir, et le délaisser, pour le reprendre plus tard. Une relation très personnelle s’élabore, une relation intime.

 

Comme un gros matou assoupi, le livre attend patiemment sur son coin de table ou son rayonnage. Il devine qu’il sera annoté, et possédé à plusieurs reprises. Sage et tranquille il attend son heure et se prête volontiers aux fantaisies de son maître ou de sa maîtresse, dont il sait à merveille entretenir le désir. Le livre est un malin que l’on peut abandonner sans crainte de rancune. Au contraire, à la reprise, il lui arrive souvent de dévoiler des attraits inattendus car inaperçus jusqu’alors.

Le livre est un compagnon de vie. Pas étonnant que sa présence, comme celle de l’Art en général, puisse devenir délicieusement envahissante.

 

À la manière de...

L’ivresse du livre délivre du délire

 

Lire, moyen efficace de s’extraire, de s’abstraire, de trouver refuge.

Il s’agit souvent d’une oxygénation propre à une promenade surprenante. Il y a là une certaine manière de tourisme intelligent, permettant de se dépayser de soi-même.

Quelle étrange occupation ! Quel indispensable moyen de s’auto-édifier !

C’est aussi une manière très aimable de combler les trous de la solitude, qu’évoque si bien Georges Perros dans ses Papiers collés.

Souvent la lecture oblige à se confronter à ce qui échappe. Elle permet donc de se confronter à soi-même.

Les livres balisent un parcours de vie. Voilà pourquoi il est si difficile de s’en défaire.

Essayer de rencontrer l’Autre qui est l’auteur, c’est aller à la rencontre de nos propres limites. Il nous est toujours possible de tricher, de tenter de donner le change. Il nous est par contre impossible d’ignorer le trucage.

La lecture, comme la peinture, la poésie ou la musique, nous propose à coup sûr une image plus vraie que la réalité strictement observable du quotidien. Affaire de mise en perspective.

 

La littérature, comme l’Art en général, offre de superbes occasions de rencontres. Loin des niaiseries mondaines, il s’agit d’un travail à l’os, d’un accès direct, quasi immédiat, à l’essentiel, comme le sont parfois les dessins de Nicolas de Staël.

Se désencombrer, urgence absolue.

 

Outre les habitués, quelques belles rencontres depuis le début de cette année, découvertes ou confirmations :

Georges Perros, écrivain par nécessité, peu soucieux d’être ou non publié de son vivant.

Édouard Louis, vigoureux pamphlétaire bousculant le marigot.

Akira Misubayashi, passionnant japonais francophone.

Jean-Paul Curnier, rigoureusement iconoclaste, observateur roboratif des choses de notre temps.

Marielle Macé, impitoyable détectrice des faux-semblants actuels.

Ilarie Voronca, poète franco-roumain, brillante pépite d’humanité du siècle vingtième.

Et quelques autres (Bruno Latour, Olivier Guez, Régis Debray...)

Le lecteur curieux pourrait grappiller ce blog à leur recherche.

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