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Epistoles-improbables - Blogue-notes de Jean Klépal

peinture

Turner à Aix-en-Provence

22 Juin 2016 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Turner, #Peinture, #Cézanne, #Monet, #Dürer, #Impressionnisme, #Réalisme, #Titien, #Aquarelle, #Paysages

L’exposition, claire, mesurée, aimablement cadencée, se tient jusqu’au 18 septembre à l’hôtel de Caumont, superbement rénové. Le jardin possède un charme certain. Quelque chose à l’atmosphère so british. Y boire un verre après la visite prolonge le bien être.

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Dans les premières salles, une vue de Bonneville, en Savoie, avec le Mont Blanc (1803), surprend par la façon dont le traitement des plages de lumières colorées structure, sculpte même, le paysage. La lumière décline les différents espaces et en révèle les détails. A 28 ans, Turner est un maître de la couleur et de ses vibrations. Il fait de la peinture de paysage un recueil d’impressions et non une simple description académique. Il amorce une révolution ultérieure. Quelques amateurs avertis l’ont déjà remarqué.

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A quelques cimaises de là, Le Déluge (1805) avec son ciel d’orage et sa grande vague annonce les sfumati à venir. A l’évidence, Titien n’a pas laissé indifférent notre homme.

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Cherchant rapidement à traduire les tons de la nature, il s’écarte de la tradition et prépare ses toiles avec des apprêts clairs, voire blanc cassé. Le Matin glacial (1813) nous offre une vision saisissante d’un hiver particulièrement rude. Le jaune blême du soleil très bas sur l’horizon dans une trouée de haie fera plus tard l’admiration de Claude Monet (Impression soleil levant, Cathédrales de Rouen, Nymphéas...)

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Vers 1815-1820 des études d’oiseaux s’inscrivent, me semble-t-il, dans le lointain sillage d'aquarelles analogues de Dürer. Surprenant.

Une aquarelle et gouache de 1820 environ, vue panoramique de Richmond Hill (Londres), me fait penser au Goya première période.

A partir des années 1825-1830, vient ensuite une profusion d’aquarelles de plus en plus délicates, puissantes, sobres et dépouillées. Ciel au soleil couchant, Ciel et mer, Clair de lune bleu sur sables jaunes, des vues de Marseille et de la Haute-Provence que ne renieraient pas les Fauves... Une saisissante série de vues de Gênes - Lumière jaune sur Gênes, vue de l’ouest -, la côte Ligure, le littoral anglais à Margate (1845-1850), un régal absolu.

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Cézanne, les cubistes aussi parfois, se profilent dans certaines œuvres. Les germes sont là.

Turner, hors du temps, hors des traditions, s’inscrit à l’évidence dans l’histoire de la peinture dont il procède et dans celle qu’il prépare à son insu. Unique, il est à peine datable. Il bouscule et il ouvre en se permettant l’inconcevable jusqu'à lui, dont il fait une évidence.

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Cerise sur le gâteau, cadeau inattendu, une jeune italienne la trentaine au maximum, souriante, gracieuse et volubile, me prend à partie pour me faire partager son enthousiasme devant les vues de Gênes.

Elle en vient, elle est de là, c’est son pays, la beauté de la Méditerranée, les couleurs, les lieux qu’elle discerne !

Elle explose de joie.

C’est magnifique. Je suis profondément ému.

Mais oui, bellissima, l’Art c’est ça. C’est ça avant tout !

Vive la vie !

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Enfin disponible en librairie, un livre attendu

26 Octobre 2013 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Art contemporain, #Peinture, #Serge Plagnol

Avec un retard de près de deux mois sur la date annoncée (aimable mystère de la diffusion), mes Secrets d'alcôve (Jean Klépal à propos de Serge Plagnol, Area - Descartes & Cie, éd., 144 p., 20 € - Sodis distributeur) sont enfin disponibles dans le réseau des libraires, me dit-on.

Ce livre abondamment illustré de travaux de Serge Plagnol * aborde non seulement le parcours actuel d'un artiste qui mérite une sérieuse attention, mais aussi la place et le rôle que l'art, et plus précisément la peinture, peuvent exercer au quotidien pour chacun. (Avec l'âge l'art et la vie ne font plus qu'un, remarquait Georges Braque)

Fréquenter l'art, acquérir ou non des œuvres, les accueillir chez soi, leurs résonances, vivre en leur compagnie, vie publique et vie privée des œuvres, le contact avec des artistes et le bonheur des visites d'atelier, le rapport au passé face aux évolutions du présent...

* Quelques œuvres de Serge Plagnol sont visibles dans le cadre de l'exposition ChiFra, qui se tient avenue des Champs Elysées, à l'occasion de la Fiac.

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