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Epistoles-improbables - Blogue-notes de Jean Klépal

post democratie ; referendum ;

A propos du Brexit

28 Juin 2016 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Post démocratie ; Referendum ;, #Notre Dame des Landes ; El Khomri ;, #La Boétie

Ce qui se passe actuellement au Royaume Désuni et ce qui se joue avec la Communauté européenne offre l’occasion de réfléchir à ce temps de post démocratie dans lequel nous sommes plongés depuis au moins deux décennies.

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Le pouvoir est de plus en plus contesté au corps électoral par de puissants moyens financiers régissant de fait, hors de tout mandat électoral, le monde politique actuellement aux manettes. Les dirigeants politiques sont soit dépassés, soit complices parfaitement soumis, aux ordres. Toute crédibilité perdue, ils continuent à prétendre, ils donnent des coups de menton, ou bien ajustent leurs effets de manchette, seuls les aveugles, les sots ou les personnes de mauvaise foi peuvent encore s’y laisser prendre.

Nous sommes spectateurs d’un théâtre d’ombres animé par des morts vivants.

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La soi-disant démocratie n’est plus qu’un leurre. Le vote n’est plus désormais qu’un couvercle propre à étouffer les aspirations des citoyens, à entretenir leur léthargie. L’arbitraire et la violence du rapport de forces le plus brutal règnent en maîtres.

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Des exemples ?

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Présent immédiat :

- Quelques jours après le vote en Grande-Bretagne, des manœuvres dilatoires se dessinent chez les partisans de la sécession pour tenter de repousser les conséquences logiques du résultat du scrutin et tenter de trouver des accommodements. Bien évidemment la presse s’engouffre dans la brèche, le nez à la vitre. Elle entretient la confusion, elle possède un réel talent pour cela.

- Une consultation bancale sur le nouvel aéroport de Notre-Dame-des-Landes (question posée sans assise documentaire solide ; zone de consultation trop limitée) fait l’objet de fortes contestations dès qu’annoncée. Le oui l’emporte. La fracture entre partisans et adversaires s’accentue. Les tensions n’augurent rien de bon. Le gouvernement réaffirme sa volonté de respecter un résultat qui va dans son sens, tandis qu’existent des exemples du contraire dans un passé récent (ci-après).

- La Loi Travail, dite El Khomri, connaît une opposition résolue largement partagée, occasionne de nombreuses manifestations depuis plusieurs mois, le gouvernement refuse d’entendre quoi que ce soit, il persiste dans sa volonté de l’imposer telle quelle contre vents et marées. Il est le premier à employer la violence pour y parvenir (49/3 ; déchaînements policiers délibérés ; tentative de suppression du droit de manifester), mais en rejette la responsabilité sur ceux qui la subissent et tentent de réagir.

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Passé récent :

- 2005, le Traité Constitutionnel Européen est rejeté par referendum. Qu’importe, le peuple a mal voté, le Parlement réparera cela deux années plus tard. L’Irlande avait déjà connu semblable aventure peu de temps auparavant à propos de l’acceptation du traité de Lisbonne.

Quand les citoyens répondent mal à l’attente, une solution émerge rapidement pour tout faire entrer dans le droit chemin.

- 2015, les Grecs refusent par referendum les mesures que leur impose l’Europe. La pression est telle que leur gouvernement ne tardera pas à se coucher. L’un des membres du Conseil Européen ira jusqu’à déclarer qu’un vote ne peut en aucun cas s’opposer à l’ordre établi...

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Alors, les élections, le vote, l’investiture de Balkany pour les prochaines législatives ?

Foutaises. Foutaises absolues. Nous n’en sommes plus là. Nous ne devrions plus en être à accepter d’entretenir un système aussi pervers, aussi maléfique.

L’enthousiasme n’est pas mort. L’utopie, c’est-à-dire le fait de penser au possible souhaitable qui ne s’est pas encore réalisé, demeure indispensable à la Vie.

« Nuit debout » et d’autres mouvements voisins sont là pour nous rappeler que la Servitude volontaire n’est pas fatalement inscrite dans nos gènes.

Après tout La Boétie n’a écrit son célèbre Discours que vers 1546-48. C’est donc tout récent. Il est grand temps de le lire ou de le relire...

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