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Epistoles-improbables - Blogue-notes de Jean Klépal

renaissance; dogmatisme ; elections; diderot; copernic; galilee; montaigne; tina; bertrand russell

Du scepticisme

27 Novembre 2021 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Renaissance; Dogmatisme ; Elections; Diderot; Copernic; Galilée; Montaigne; TINA; Bertrand Russell

 

Quelques siècles avant l’ère chrétienne la philosophie grecque connut une école sceptique Il en demeure assez peu de témoignage, suffisamment toutefois pour que l’on sache que l’opposition au dogmatisme constituait l’un de ses principaux fondements.

Après la chape de plomb imposée au Moyen-âge par l’empire du religieux et de ses vérités révélées, il fallut les bouleversements de la Renaissance pour que réapparaissent les notions de doute et de relatif. L’imprimerie venait d’être inventée (modestes débuts de la diffusion du savoir, dont la laïcisation n’aura lieu qu’au 18e avec la Grande Encyclopédie de Diderot et d‘Alembert) ; Copernic, confirmé au siècle suivant par Galilée, bousculait la conception de l’Univers dont la Terre n’était plus le centre (la fable de la Genèse se mit à légèrement vaciller) ; la découverte du nouveau monde ouvrait des perspectives inouïes (notion d’indéfini à appréhender, approche de mœurs différentes) ; Ambroise Paré commençait à percer les mystères de l’anatomie (donc du mystère de la vie) ; le dogme catholique était fortement mis à mal par les protestants (guerres de religion et massacres induits).

Les analogies possibles avec la fin du 20e et le début du 21e siècle mériteraient un approfondissement (conquête spatiale ; manipulations génétiques ; emprise totale de l’informatique ; mondialisation financière ; nationalismes,  racismes et violences…). Le 20e siècle a consacré le dogmatisme politique avec le communisme stalinien, le fascisme et le nazisme hitlérien. Seul subsiste aujourd’hui sans concurrence le capitalisme triomphant auquel nous sommes livrés, pieds et poings liés.

Une figure  dont l‘importance ira croissante au fil du temps émerge à la Renaissance : Michel de Montaigne, bien évidemment. Il nous enseignera à jamais combien il est inutile de chercher de grandes explications pseudo savantes à des questions hors de portée de l’esprit humain, le mystère divin par exemple, combien il convient plutôt d‘admettre l’inconnaissance et notre finitude. La recherche par soi-même, la compréhension de soi, valent beaucoup mieux que les vaines tentatives d’affabulations dogmatiques, valables seulement pour les benêts prompts à la soumission, ou bien les adeptes de l’imposition d’un pouvoir autoritaire à leur convenance, destructeur de la personne.

Ceux-ci trouveront leur égérie dans la seconde moitié du 20e siècle avec la très attachante Madame Thatcher et son fameux There is no alternative.

Montaigne influencera Descartes dans son éloge du doute systématique, ainsi que Pascal et sa réflexion sur la singularité d’une justice qu’une rivière borne, vérité au-deçà des Pyrénées, erreur au-delà. Voltaire n’a eu de cesse d’appeler à écraser l’infâme  représenté par un pouvoir clérical obtus. Au détour des années 50 du siècle vingtième, le philosophe britannique Bertrand Russell s’inscrira dans la lignée: Ne rien admettre sans preuve et suspendre son jugement tant que la preuve fait défaut. (Rappelons-nous combien il attachera de prix à la recherche des preuves des crimes de guerre américains au Viêt-Nam, avec la création du tribunal populaire international portant son nom.)

Coule l’eau sous les ponts, tandis que rien de fondamental ne change, hormis les apparences et les circonstances. Avec le faramineux développement des modes de communication et des systèmes d’information, la réserve du scepticisme, c’est à dire la pratique du doute permanent s’impose comme nécessité première pour qui résiste à l’enrôlement de l’uniformité. 

Depuis les origines, il s’agit de se mesurer aux mêmes jocrisses proclamant que les choses sont ainsi par ce qu’elles sont ainsi. Autrement dit, l’être s’affirme dans son existant, et nous n’y pouvons rie :. Toutes choses égales par ailleurs, tout se vaut. La nécessité d’un personnage providentiel réel ou factice s’impose d’évidence.

Les sachants au pouvoir veulent nous faire croire que l’exercice de la démocratie tient entre autres à la tenue d’élections (aucune interrogation sur les procédures), que les candidats élus sont représentatifs et légitimes, par ce qu’élus (aucune interrogation sur leurs devoirs vis-à-vis de leurs mandants).

La lutte contre le dogmatisme ne saurait avoir de cesse. L’entretien de l‘ignorance constitue un solide fonds de commerce :

- Propagande et publicité (célébrations cérémonielles, allocutions et déclarations officielles, réceptions et visites) ;

- sondages (invention d’une opinion publique) ;

- statistiques tous azimuts (le Covid au quotidien) ;

- arguments d’autorité (références à un Conseil supérieur de santé ; excommunication des non vaccinés, ces pelés, ces galeux) ;

- pétitions de principes (les masques sont inutiles, gestes défense) ;

- expertises bidon (certification des pesticides pour l’agriculture abaissement des seuils de nocivité) ;

- preuves fabriquées (Colin Powell et ses fioles de poison à l’ONU, validation hâtive des vaccins anti-Covid), etc.

Plus rien n’est crédible à moins d’examen détaillé. Choisir de faire le niaiseux soumis dépendant, dispensé de tout effort de réflexion, ou bien s’efforcer de demeurer roseau pensant, doué de raison, susceptible de courbatures méningées.

- La politique est le moyen pour des hommes sans principes de diriger des hommes sans mémoire.

- Dans la vie, il existe deux types de voleurs :

Le voleur ordinaire, c’est celui qui vous vole votre argent, votre portefeuille, votre vélo, votre parapluie, etc...

Le voleur politique, c’est celui qui vous vole votre avenir, vos rêves, votre savoir, votre salaire, votre éducation, votre santé, votre force, votre sourire, etc...

La grande différence entre ces deux types de voleurs, c'est que le voleur ordinaire vous choisit pour vous voler votre bien, tandis que le voleur politique, c’est vous qui le choisissez pour qu’il vous vole. (Citations apocryphes abusivement attribuées à Voltaire) 

La foire électorale présidentielle se met en place et les bateleurs rôdent leur parade foraine pour aguicher le public Les costumes sont élimés les couleurs fanées, les maquillages défraichis, qu’importe, le public aime les hochets. Ils lui permettent de vivre par procuration et de repousser sans cesse les échéances (soigneusement dissimuler la poussière sous le tapis, rôle majeur des élections programmées).

 

 

P.S. Mon excellent ami Alain Sagault vient de publier « L’Adhésion, notre solution finale » sur son Globe de l’homme moyen. L’escapade vaut la peine, dirait à peu près le Guide Bonchemin.

 

 

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