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Epistoles-improbables - Blogue-notes de Jean Klépal

vieillesse, senescence, ronsard, eternite, jouvence

Vieillir, vieillesse

20 Mars 2019 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Vieillesse, sénescence, Ronsard, éternité, jouvence

Le Capitole est proche de la Roche Tarpéienne.

Processus inéluctable auquel tenter de s‘opposer est aussi grotesque que ridicule. Le recours aux artifices de la chirurgie esthétique ou à la mascarade des prothèses capillaires relève d’une stupide grossièreté, tant vis-à-vis de soi-même que d’autrui.

Entre vieillissement et vieillesse, il y a plus qu’une simple enjambée. Alors que le vieillissement est un devenir comportant sa part d’inquiétude, d’angoisse parfois, la vieillesse est un état dans lequel la personne se trouve installée. Ou bien se laisser aller, c’est-à-dire se laisser dissoudre lentement, ou bien ruser en quasi permanence pour trouver des solutions aux petits riens himalayens faisant obstacle à chaque instant, tels que l’objet se tenant résolument hors de portée, le vêtement dont la manche se défile, l’aspérité du sol se faisant chausse-trape, etc., pour garder l’esprit suffisamment vif et créateur. A ce titre, l’état de vieux se révèle un aiguillon fertile, propice à l’émergence de réponses pratiques aux embûches de la banalité quotidienne.

Si mineurs et dérisoires soient-ils, les défis à soi-même peuvent ressourcer et permette de découvrir du nouveau dont il convient de profiter jusqu’au terme su, mais inattendu.

Tout temps de la vie possède son lot de surprises agissant comme un aiguiseur de cervelle.

 

Vivez si m’en croyez, n’attendez à demain :

Cueillez dès aujourd’huy les roses de la vie. [1]

 

Quel que soit l’âge, aujourd’hui est permanent. Ce présent qui dure et se renouvelle sans cesse, correspond sans doute à la notion d’éternité. A ce titre chacun est moment d’éternité.

La nostalgie ne sert à rien, sinon à nourrir la dépression. Chaque saison porte ses fruits. Le nombre et la variété n’influent que les choix. En tout moment, quelque succulence se présente, à chacun de savoir s’en emparer.

Un sourire, un geste généreux, une attention, la beauté naturelle d’un visage inconnu, l’offrande d’une présence opportune, un éclairage inattendu, une lecture, une rencontre artistique, font que la vie réserve toujours des surprises.

Jouvence des sentiments, jouvence des émotions.

Tandis que s’avance le chemin l’ankylose gagne, cependant la vision et l’acceptation de ce qui arrive grandissent à mesure.

Il n’en demeure pas moins que l’inacceptable de la diablerie politique demeure, marque certaine de la permanence d’une part décisive de jeunesse en soi.

 

[1] Pierre de Ronsard, Sonnet à Hélène

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