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Epistoles-improbables - Blogue-notes de Jean Klépal

information, esprit critique, soumission, nrf, nd des landes, sncf, contrainte

Éloge de l’enfumage permanent

28 Avril 2018 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Information, esprit critique, soumission, NRF, ND des Landes, SNCF, contrainte

 

La cinquantaine bien portée, soucieuse  de son élégance, visage empreint de sérieux, illuminé d’un fréquent sourire, chaleureuse et douée d’humour, c’est une femme déterminée, puissamment attachée à des principes fondamentaux, et cependant étrangère à tout sectarisme. Nous échangeons souvent sur des sujets d’importance, sa clairvoyance, son bon sens et sa générosité ne manquent jamais de me frapper.

Toutefois...

- M. Macron, tout de même, il fait ce qu’il peut. Il pense au bien de la France, il et le premier à vouloir vraiment changer les choses... vient-elle de me déclarer tout de go.

D’où vient cette affirmation ? Mon saisissement est réel, persuadé de l’inanité d’une réponse immédiate, soucieux de me garder de toute polémique, je botte en touche en lui suggérant d’en parler tranquillement, à un autre moment. Ce papier devrait m’y préparer.

 

Que lui dire, que dire à ceux qui partagent son sentiment, comment s’y prendre ?

Questions difficiles, peut-être même quasi insolubles, tant la raison est démunie face aux pseudo évidences suscitées par les apparences et le discours officiel ambiant assis sur une affectivité diffuse. Il y a toujours un moment où les preuves cèdent le pas aux affects. C’est le fameux : Oui..., mais... Dans ce cas, le mais marque ce moment ou la force des évidences devient insupportable car génératrice d’angoisse. La crainte est maitresse de la soumission.

 

Le Pouvoir sait cela, il en use habilement.

 

Voilà sans doute ce qui permet son aplomb à notre actuel Président, notre plus jeune chef de l’État depuis Napoléon, si propret et si bien comme il faut, qu’on pourrait lui donner le Bon-Dieu sans confession.

Lisons attentivement ce qu’il déclare à la vénérable Nouvelle Revue Française (NRF), dans son numéro daté mai 2018 :

«Je ne suis que l’émanation du goût du peuple français pour le romanesque (...) Les Français aiment qu’il y ait une histoire. J’en suis la preuve vivante ! »

Peut-on faire plus cynique, plus méprisant ? Les Français aiment Harlequin et la littérature de gares, je suis leur héros favori, je leur sers les belles histoires qu’ils attendent, celles de la réussite d’un Prince charmant !

Autrement dit, Bonne nuit les petits, je suis le marchand de sable, qui aime tant faire ami-ami avec le gros Nounours de la Maison Blanche.

 

Face à cela, quelques données en vrac à tenter de faire prendre en compte par mon interlocutrice et quelques autres :

Dès son arrivée au pouvoir suprême, il décide de gouverner par ordonnances afin de se libérer du poids des contraintes parlementaires. Il fait ainsi adopter tambour battant des dispositions mettant à mal le droit du travail tel qu’il existait jusqu’à présent. Si le faire évoluer pouvait apparaitre nécessaire, précariser les travailleurs est une autre affaire.

Les mesures financières et fiscales récemment adoptées tendent à favoriser les plus gros possédants au détriment des classes moyennes et des retraités.

Désormais, les principales mesures de l’état d’urgence sont pérennisées par leur inscription dans le droit coutumier.

Il parle çà et là d’écologie et de climat, sans pour autant prendre de décisions importantes.

Face aux contestataires, il organise une apparence de dialogue alors qu’il ne saurait être question d’admettre la moindre remise en question de décisions estimées inamendables et irrévocables. La gestion du dossier Notre-Dame-des-Landes, la réforme de la SNCF, et la situation des Universités offrent des preuves flagrantes d’un redoutable aveuglement autoritariste.

L’idée du collectif est insupportable, il répond par l’imposition de procédures individuelles.

La politique développée à l’égard des réfugiés et des immigrés en général est une des plus répressives qui soient. Seule la coercition est envisagée. L’assistance à personne en danger est assimilée à un délit.

Politique de contraintes et déploiement policier sont devenus les deux mamelles d’un régime de moins en moins démocratique.

La vente d’armements à des pétromonarchies qui les utilisent contre leurs peuples ou leurs voisins immédiats est encouragée et développée.

 

Aucune de ces données n’est cachée. Toutes sont aisément accessibles. Les répéter ne sert sans doute pas à grand-chose. Comment faire en sorte que curiosité, désir de savoir et esprit critique soient à nouveau sollicités ?

Il dépend sans doute de chacun d’entre nous de faire un pas vers son voisin, de tenter d’établir un dialogue et d’essayer de comprendre à quoi tient le refus des évidences. Patience et longueur de temps... Certes, mais le temps nous est de plus en plus compté.

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